Mediapart 2012

28012012

Les fragilités de notre démocratie

http://www.dailymotion.com/videoxo3b29

La République hors la loi ?

http://www.dailymotion.com/videoxo3d1n

Routes de compagne

http://www.dailymotion.com/videoxo3e6l

François BAYROU,  face à la rédaction de Mediapart

http://www.dailymotion.com/videoxo3it9

 




Dégage !

17042011

Par Mohamed LOUIZI

 

 

« Ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige« 

 Albert Camus -- L’homme révolté

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La révolte des peuples du Maghreb et du Mashreq est un tournant de l’Histoire contemporaine. Rien ne serait plus comme avant dans cette région. Les générations futures se souviendront de ces instants extraordinaires témoignant aujourd’hui, et sans l’ombre d’un doute, du début d’un épanouissement collectif tant attendu, et d’une maturité assumée de toute une génération, que l’on a voulu d’ailleurs, présenter comme étant jeune, insouciante et ignare. Et qui, par de simples moyens d’information et de communication, a montré à la face du monde entier sa force d’esprit ainsi que la noblesse de ses revendications légitimes. 

Il y a quelques mois seulement, personne, pas même les grands observateurs et analystes politiques ou bien les puissantes agences de renseignements, n’était en mesure de prédire, avec ou sans précision, de pareilles situations tendues avec une telle détermination et une telle exigence de libertés. Cependant, tous les ingrédients, en faveur de ce genre de soulèvements populaires, étaient hélas déjà réunis, et en abondance !

En bref, la pauvreté, voire l’appauvrissement de la quasi majorité de la population, orchestré par des régimes ultra-corrompus, n’a cessé de prendre des dimensions insupportables … L’enrichissement avide d’une petite oligarchie, n’a cessé, lui aussi, de progresser suivant une allure exponentielle, avec la bénédiction de ces mêmes régimes …

Les libertés fondamentales se sont vues limitées et malmenées depuis bien des décennies, et le 11 septembre n’a fait qu’accentuer ces atteintes au nom de je ne sais quelle lutte contre le terrorisme … Les  lois imposant « l’Etat d’urgence », au lieu qu’elles ne soient que de rares exceptions, sérieusement justifiées et limitées dans le temps et dans l’espace, sont devenues la marque de fabrique caractérisant un quotidien asphyxié dans de nombreux pays de ces régions …

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Bonne année 2011 !

2012011

J’ai reçu d’une amie ce message de paix que j’aime autant partagé avec vous, chers(-es) amis(-es), à l’aube de ce nouvel an 2011/1432.

Benoît BILLOT, moine bénédictin, engagé dans le DIM « Dialogue interreligieux monastique » parle ainsi de son parcours :

« Pour décrire symboliquement mes rapports avec les autres religions, j’aime utiliser une métaphore jardinière. J’ai été élevé dans le jardin catholique, j’ai toujours admiré et aimé ceux qui y travaillaient, qui y faisaient pousser de belles fleurs, de savoureux légumes et des arbres superbes. (Mais) je n’ai pu m’empêcher de passer la tête au-dessus des murs de mon enclos. J’ai alors observé avec surprise le jardin des autres traditions spirituelles.

J’ai contemplé avec étonnement les plantes qu’ils faisaient pousser, qui n’étaient pas tout à fait les mêmes que chez moi. J’ai découvert les techniques qu’ils employaient : elles n’étaient pas tout à fait les miennes non plus. J’ai surtout admiré leur travail, leur ténacité et leur savoir-faire. Je leur ai fait des demandes, et ils n’ont pas hésité à me donner des plants qui m’étaient inconnus. Lorsqu’en retour, ils me demandaient des plants de mon jardin, j’étais tout heureux de les leur donner ainsi que les techniques qu’ils ne connaissaient pas.

Grâce à la rencontre de ces bons ouvriers, je vois bien qu’un changement planétaire est en route. Etant croyant, je rends grâce à Dieu, qui n’est pas la propriété exclusive de mon verger, de mon potager, de mes bassins et de ma roseraie, mais qui fait briller le soleil et tomber la pluie généreusement sur tous ».

Bonne année 2011/1432 à tous les jardiniers de l’humanité !




« Bêtes » … soumission !

23092010

 

Par Mohamed LOUIZI

 

 » … J’ai vu le bébé boire le lait de l’esclavage au sein de sa mère, et les enfants apprendre la soumission avec leur alphabet … »

GIBRAN KHALIL GIBRAN

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L’une des définitions connues du mot « islam » est « soumission ». En 1993, alors âgé de 15 ans, je participais à des cercles d’instruction religieuse, au sein d’un mouvement islamique marocain, lorsque mon éducateur m’a apprit que le mot « islam » venait du verbe arabe « aslama » « اسلم« , qui veut dire, entre autres, « se soumettre ».

En voulant appuyait sa définition par un exemple concret, il disait que lorsque l’arabe bédouin d’antan, en parlant de sa « bête », disait  « أسلمت الدابة » -- aslamati ad-dabah -- cela voulait dire que sa bête se soumet à ses ordres sans hésitation, la tête basse. D’où, le mot « islam » voudrait dire, à en croire les références respectables de mon éducateur, « la soumission totale, absolue, complète et sans hésitation à l’ordre de Dieu » !

Soit … Mais il se trouve aussi qu’on nous apprenait, en même temps, que cette soumission est loin d’être limitée à Dieu. Ses ramifications sont pour le moins très  nombreuses, à tel point qu’il deviendrait tout à fait légitime de se demander ce qui reste réellement de la dignité de … « la bête » ?   

En effet, cette soumission doit être observée, quasiment au même degré, à l’ordre du prophète. Puis, et par extension, il faut témoigner de la même attitude vis-à-vis de ses compagnons, de sa famille, de ses rapporteurs, de ses exégètes, de ses successeurs, des successeurs de ses successeurs, de son calife, sa majesté le  roi, de l’entourage de sa majesté, du cheikh appuyant les décisions de sa majesté, du harem de sa majesté, de l’instituteur dans l’école de sa majesté, de l’imam dans la mosquée de sa majesté, du juge dans le tribunal de sa majesté, du policier dans le commissariat de sa majesté, du percepteur des impôts et taxes du peuple soumis pour le compte de sa majesté … Sans parler d’autres variantes de la soumission que l’on doit témoigner à l’égard des parents, des grands-parents, des personnes âgées … et j’en passe !

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A la différence de « la bête » qui a le bonheur -- il faut le reconnaître -- de n’avoir qu’une seule autorité : Son bouvier, le « musulman conventionnel », quant à lui, doit passer ses heures en état de soumis parmi les soumis, la tête basse et la bouche cousue, à s’asservir  encore et toujours, au nom de Dieu, et simultanément à toutes ces autorités rassemblées … au risque du châtiment et de la réprobation !

Cet été, quelque part au Maroc, je suis allé accomplir la prière du vendredi à la mosquée du village. L’imam se dressa au-dessus de sa tribune à trois marches. Le silence régna d’un coup annonçant le début d’un discours portant sur le thème des bienfaits de l’obéissance et de la soumission. Après une longue introduction -- dont la formulation même n’est, en vérité, que la soumission « linguistique » de l’imam à  une certaine rhétorique formulée par les ancêtres -- celui-ci  rappela à l’assemblée des fidèles, et pour la énième fois sans nul doute, le sens du mot « islam » tout en sollicitant le fameux exemple de « la bête » qui se soumettait à son maître, l’arabe bédouin d’antan, sans hésitation et la tête basse ! Les mêmes mots, les mêmes définitions, le même exemple … à croire que pour approcher le sens du mot « islam », il faut nécessairement évoquer une facette du comportement animal !

Les gens, en majorité de pauvres agriculteurs usés, qui écoutaient son discours, savaient au fond d’eux mêmes -- puisqu’ils sont au quotidien au contact des animaux -- que « la bête », malgré quelques apparences peu drôles, sait revendiquer son droit à manger à sa faim, à boire et à s’accoupler, lorsque eux-mêmes sont incapables de contester leurs conditions de vie misérables. Bien au contraire, ils sont appelés, par l’imam lui-même, d’accepter cet état de fait, tel un destin, et à se soumettre au souverain même lorsque ses politiques s’égarent de l’esprit de la justice sociale et économique. Car, selon un « hadith« , celui qui se soumet à l’ordre de sa majesté, se soumet en vérité à l’ordre du prophète, et celui qui se soumet au prophète, se soumet par extrapolation à l’ordre de Dieu. En shuntant le prophète, cela reviendrait à dire que se soumettre au souverain -- l’ombre de Dieu sur la terre ! -- c’est être bon « musulman » aux yeux de Dieu.  Ces pauvres gens invoquent le Seigneur pour qu’Il protège le souverain, « le berger » comme il est désigné dans un autre « hadith« , et pour lui accorder … longue et heureuse vie … Amen!       

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La nuit tomba. En contemplant le ciel dégagé, j’ai murmuré d’une manière peu conforme : Dieu a-t-il vraiment besoin de « bêtes » soumises pour se sentir … Dieu ? Pourquoi a-t-il créé l’Homme, doué de facultés intellectuelles incroyables, de capacités créatrices extraordinaires, si c’était pour lui imposer, en fin de compte, un seul choix … ou bien l’Enfer ? Pourquoi l’a-t-il créé, si c’était simplement pour rendre sa vie épouvantable par ce nombre astronomique -- à en croire les recueils des hadiths et de la jurisprudence dite islamique -- d’obligations, de contraintes, d’interdits et de limites sans limites ? Comment est-ce logique de vanter la liberté, chère au Coran, et de témoigner en même temps, d’une « servitude volontaire », telles des « bêtes » décérébrées  à l’égard de toutes ces autorités mondaines ?

Soudain, le braiment de l’âne de notre voisin a coupé le fil de mes réflexions « impies », aux yeux de certains pieux. Je me suis dis, au moins lui, même attaché au moyen d’une corde solide, sait exprimer ses sentiments et ose revendiquer, à haute voix, ses droits et ses désirs … Et tant pis, après tout, si sa voix est jugée horrible par le Coran lui même !

Septembre 2010




Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux (IV)

19092010

 

Par : Mohamed Raouf RAHMANIA

TROISIEME PARTIE & CONCLUSION

 

Le devenir de l’islam de France : entre revendications et banalisation

 

A/ Une perception de l’islam en mouvement 

            L’histoire de la laïcité en France a été traversée par des moments de conflits et d’apaisement. La situation de l’islam n’échappe pas à cette tendance. Cette turbulence provient en outre de la mobilisation de la laïcité qui oscille entre tolérance et dialogue face aux particularismes pour les un et leurs refus au nom de l’unité de la nation pour les autres[1] . Cela explique en grande partie l’ambiguïté des pouvoirs publics dans le traitement de l’islam. Pour comprendre en quelque sorte ce nœud gordien, il est intéressant d’élargir notre échelle chronologique. On peut observer selon l’analyse de Raphael Liogier qu’il existe en France plusieurs catégories de perceptions selon les époques. L’islam a avant tout été lors de la phase coloniale la religion de l’indigène et de ce fait, perçue comme culture inferieure puisque ces peuples ont été soumis. En outre, le traitement d’exception semblait s’imposer dans ces nouveaux territoires aussi bien que la loi de séparation de 1905 ne s’y était pas appliquée. La prise en compte de la situation de l’islam en tant que majorité religieuse et culturelle ne doit pas nous faire oublier que la citoyenneté française « avait été refusée à nombre de maghrébin musulmans sous le prétexte que leur religion n’était pas compatible »[2]. Ce sentiment d’incompatibilité n’a eu de cesse de traverser les époques et continue encore à plomber l’intégration effective de ces populations malgré une citoyenneté acquise.  La décolonisation suivie par l’arrivée massive de travailleurs immigrés musulmans n’a pas changé la donne pour autant : « l’islam est traité non comme un problème de politique intérieur, mais comme un élément de la politique étrangère »[3]. Il revient en fait aux pays d’origine d’organiser l’islam en France par l’envoi d’imams et la location de salle de prières à travers des associations ethniques[4]. La sédentarisation de ses populations dans les banlieues sera vite « assimilée à une dangereuse marge source de délinquance »[5] et confère à l’islam une énième particularité celle d’une religion de seconde zone qu’il faut contenir. Ce qu’il importe de souligner, c’est la dynamique actuelle qui place l’islam dans deux sphères antagonistes. Deux faits peuvent être isolés pour caractériser cette hypothèse selon laquelle il y aurait « une gestion du fait islamique à géométrie variable »[6]. Au niveau international, l’islam de France et ses acteurs ont pu être mobilisé de façon active dans la libération en 2004 des otages français en Irak. Bien plus, c’est au nom d’Allah que la délégation du CFCM a imploré les ravisseurs. Même si la demande d’aide lancée par le gouvernement se voulait tout azimut, il ne demeure pas moins que celle apportée par les musulmans de France fut inédite et trop peu évaluée. Elle marque en outre la reconnaissance de la République en-vers la communauté musulmane, en tant que ressource diplomatique, pour se protéger des méandres obscurantistes dont elle craint les attaques. Cette mobilisation montre également qu’au nom de la citoyenneté française, différents acteurs peuvent être présents pour défendre les intérêts de la nation. Que ce soit au nom d’Allah et nom de la laïcité importe dès lors très peu pourvu que la vie des otages soit sauve. Au niveau national, la gestion est tout autre et donne le sentiment que les relations entre la République et l’islam se situent à un tournant majeur. L’institutionnalisation de l’islam à travers des organes équivoques aux autres cultes reste un chantier balbutiant et n’a pas encore reçu la légitimité de la communauté[7]. En outre, il est étrange de constater que l’Etat se reconnait certes incompétent en matière religieuse et de facto, devrait laisser toute la liberté aux cultes pour s’organiser et définir le dogme,  mais on observe des « attitudes teintées de paternalisme »[8]. Cet interventionnisme est une constante historique. Il place les pouvoirs publics comme les pourfendeurs de la « mauvaise religion » et les promoteurs de la « bonne religion»[9]. A cet égard, selon R.Liogier, l’islam est en passe de sortir de la première catégorie pour s’installer dans la seconde mais reste cependant « une religion potentiellement dangereuse pour laquelle une autorité unique reconnue est un encadrement rassurant »[10].

Entre rejet et banalisation, une mosaïque d’idées novatrices pénètre le débat au nom du multiculturalisme. Bien que différents textes de lois aient pour ambition de limiter la visibilité des signes religieux, une tendance à la réconciliation, certes de faible ampleur, se fait jour et rejailli au travers des commissions parlementaires.

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Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux (III)

27082010

Par : Mohamed Raouf RAHMANIA

Deuxième partie 

A la rencontre du discours musulman

La présence de l’islam dans une histoire et un contexte séculier est une rencontre dont les modalités sont en cours d’élaboration. Si « la France vit à travers l’islam la crise de son identité »[1] , d’où le sentiment de rejet sinon d’islamophobie, on peut avancer l’idée selon laquelle l’islam vit à travers la laïcité l’occasion de réformer sa pensée religieuse. Grande est la tentation consistant à remonter l’histoire pour « montrer qu’il y a une ancienne tradition de la présence musulmane et de contacts avec l’islam » mais cela « ne changerait guère la perception actuelle du problème »[2]. Plus encore, plutôt que de dire l’islam affirme ceci ou pense cela[3] nous avons préféré rendre compte de la diversité de la pensée musulmane qui s’élabore parfois dans le silence. En effet, la religion est loin d’être un concept uniforme mais bien le produit de ce que les hommes en font. Les ouvrages que nous avons sélectionnés dans notre recherche, sans prétendre être représentatif de l’ensemble des courants de pensée, ont ceci de particulier : aucun des auteurs ne prend le risque de se mettre hors jeu en étant contre la laïcité. Cela semble contraster avec la guerre des deux France où le positionnement de l’Eglise catholique était pour le moins très virulent. Même après le vote de la loi sur les signes ou les tenues religieux à l’école, nous n’avons pas assisté à un repli communautaire[4]. Bien au contraire, le respect de la loi fut le mot d’ordre des différentes organisations du culte musulman tout en affirmant la volonté d’entrer dans le débat afin de rechercher un équilibre entre la foi et la vie en société.

A/ Un islam, des « islams » ?

Les regards parfois inquiets de la doxa semblent percevoir l’islam comme un bloc monolithique s’étant juré de ne jamais se configurer en plusieurs courants de pensée. Or, et même si le terme « islamisme » est de plus en plus usité pour désigner à la fois le fondamentalisme et parfois le terrorisme, le terme « islam » se révèle être trop abstrait ce qui justifie l’ajout de qualificatifs tels que « islam modéré » ou « islam militant » afin de mieux le cerner. Les trois penseurs que nous avons choisis sont caractéristiques de cette distinction. En effet, il est vrai que Ghaleb Bencheikh, Tariq Ramadan et Tariq Oubrou sont tous les trois des musulmans, « des penseurs modernes au sens où ils lisent le message de l’islam à la lumière du contexte européen »[5], toutefois la dimension qu’ils octroient à leur religion est loin d’être univoque. En effet, comme nous allons le voir, la mobilisation de leur ressource religieuse est dans certains cas antagoniste. Au demeurant, ces différentes postures ont pour point de départ une résistance consistant « à refuser le statut accordé à l’islam dans les discours et les politiques des dominants »[6]. Pour Jocelyne Cesari, sociologue des religions, cette résistance passe par une abondante littérature apologétique sur l’islam et cherche à démontrer que cette religion n’est en rien opposé à la démocratie ni à l’émancipation de la femme.

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Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux (II)

19072010

Par : Mohamed Raouf RAHMANIA

Première Partie 

L’islam dans le contexte Français

 A/ Quand les sondages contredisent l’opinion

La voix du musulman lambda, en tant qu’énonciateur de ses desideratas, devient de plus en plus recherchée. Il est question de l’inviter sur les plateaux de télévision, de lui donner la parole librement, d’effectuer différentes enquêtes et autres reportages chocs. Nous sommes ici à la limite du divertissement tant la nature de certains débats parait surréaliste. Cependant, la voix de cette masse silencieuse n’a pas pour principe de s’exprimer à la moindre « affaire » pour donner son avis afin de rassurer la République sur ses intentions (nous dit-on cachées). Alors que l’islam connaît une période de méfiance, à certains égards, légitime au vu du contexte international tendu,  nous observons que de vieux fantasmes pénètrent le débat. Le musulman, dans sa version essentialisée, serait, au niveau de ses pensées comme dans sa pratique quotidienne, cet « étranger »[1] que nous côtoyons pourtant tous les jours dans cet espace commun mais qui demeure extérieur à notre culture. Cette posture parfois hostile se nourrit bien sur des clichés médiatiques et aime se retrouver dans certains topos. Même le débat savant ne résiste pas à la tentation et glisse vers la négation sinon la mise en doute de tout apport positif de l’islam à l’humanité.[2]

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« Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux » (I)

13072010

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Par : Mohamed Raouf RAHMANIA

INTRODUCTION

Le 15 mars 2004, après un florilège de débats de toutes sortes, une commission propulsée par Jacques Chirac et dirigée par Bernard Stasi,  une loi majeure venait d’être votée. Il s’agissait de statuer sur le port des signes religieux au sein de l école. L’ensemble des communautés religieuses étaient donc concernées. Cependant, les tensions dont s’abreuvaient quotidiennement les medias autour du voile à l’école ont très vite persuadé la communauté de l’islam d’un traitement de faveur, autrement dit, d’une loi d’exception. Pour les défenseurs de cette loi, il s’agissait de rétablir une stricte séparation du public et du privé en restaurant le primat du premier par rapport au second.

Aujourd’hui, les débats autour de l’islam pullulent, on y retrouve des questions lancinantes posées à des spécialistes (nous dit-on) : l’islam est-il compatible avec la République ? Ou sous une forme plus téméraire : qu’allons nous faire de ces musulmans ? Ce débat semble ouvert et les événements relevant souvent du fait divers viennent lui donner des dimensions exagérées. En effet, « un film, une pilule, un livre, quelques foulards deviennent un événement médiatique qui met en jeu une conception de la laïcité »[1]. Ce que chacun s’accordera à annoncer, c’est que la présence des musulmans est questionnante voire problématique pour la France mais aussi pour les musulmans eux-mêmes.  En effet, des années durant, cette communauté vivait dans une non-visibilité motivée par le mythe du retour au pays d’origine. Sa seule participation à la vie sociale se résumait, et le terme ne se veut pas réducteur, en une main d’œuvre vitale. Autrement dit, les musulmans n’avaient presque aucune revendication sinon que de pouvoir travailler et bientôt, regagner leur terre et leur famille restée « là-bas ». Cette première vague d’immigrés va tout compte fait se sédentariser en s’établissant en France de manière définitive. Leur premier acte d’installation sera le regroupement familial des années 70, le second, qui a commence dans les années 80 avec la marche des « beurs » et se poursuit encore actuellement, passera par une visibilité assumée délaissant ainsi la vieille image du travailleur immigré que l’on ne voyait que sur les chantiers…jamais dans l’organisation de la Cité. Ainsi les enfants et les petits enfants « héritiers de l’immigration », comme le souligne le sociologue Ahmed Boubekeur[2], entendent acquérir des droits que leurs parents n’ont pas jugés utile de réclamer. Ce combat est toujours actuel. Peut-on dès lors penser que le réinvestissement religieux en est qu’une de ses manifestations ?

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« Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux »

2072010

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Chers amis (-es),

Après une longue absence pour des raisons professionnelles, je reviens aujourd’hui pour vous informer de la publication imminente d’un  mémoire intitulé « Les rapports entre islam et laïcité : de la réalité aux enjeux » préparé par mon cher ami « Mohamed Raouf RAHMANIA » que je félicite d’avance pour la pertinence de son propos et que je remercie chaleureusement de m’avoir autorisé sa publication sur mon blog.

Je vous laisse désormais découvrir le plan de cette recherche et vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la publication de sa première partie.

Après la publication intégrale de ce mémoire, je publierai(s) « enfin » mon article intitulé « Peut-on calculer la surface du carré … « musulman » ? » .

Bonne lecture et bonnes vacances !

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Introduction

Première partie : L’islam dans le contexte français

A/ Quand les sondages contredisent les préjugés

B/ Du foulard à la burqa

- Du droit à la différence…

- …au droit à l’indifférence

C/ L’islam ré-enchanteur ou mouvement global de contre-sécularisation ?

Deuxième partie : A la rencontre du discours musulmans

A / Un islam, des islams ?

B/ Ghaleb Bencheikh

- La figure du musulman libéral

- Moderniser l’islam à partir de sa base humaniste

C/ Tariq Ramadan

- La figure du musulman engagé

- La conscience islamique, nouveau socle de la citoyenneté

- Une conception « intégraliste » comme base réflexive

D/ Tareq Oubrou

- La figure du jurisconsulte

- Une « sharia des minorité » pour réconcilier les musulmans avec leur territoire

Troisième partie : Le devenir de l’islam de France : entre revendications et banalisation

A/ Une perception de l’islam en mouvement

B/ Les propositions des commissions : une parole à moitié audible ?

C/ Un nouveau pacte laïque ou la prise en compte de l’évolution de la société

Conclusion

Bibliographie




Le philosophe marocain Mohamed Abed al-Jabri n’est plus

3052010

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L’éminent philosophe  marocain Mohamed Abed Al-Jabri est décédé aujourd’hui le 3  mai 2010  à Casablanca à l’âge de 75 ans.  Le défunt est universellement reconnu comme l’un des plus grands philosophes et spécialistes contemporains de la pensée arabo-musulmane.

Il avait  débuté sa carrière académique à partir de 1967 en tant que professeur de philosophie à  l’Université de Rabat où il enseigna l’épistémologie et la philosophie. Son doctorat sur Ibn  Khaldoun publiée en 1971 (La pensée de Ibn Khaldoun : la assabiya etl’État :les grandes lignes d’une théorie Khaldounienne de l’histoire musulmane) lui a inspiré la nécessité de procéder à une refondation de la pensée arabe, classique et moderne. Très tôt  il a entamé un  vaste programme d’étude critique du patrimoine culturel arabe en publiant en 1980 (Nous et le patrimoine ) et de la pensée  arabe en publiant en  1984 un  énorme ouvrage en quatre volumes : « critiquede la pensée arabe ».  Depuis, feu Al Jabri avait publié une vingtaine  d’ ouvrages touchant différents  domaines y compris des œuvres littéraires.

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