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Banlieues, un défi pour la non-violence (1)

4042007

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Driss Mahdi est un ami avec qui je partage une démarche, une manière de voir et des idées concernant la philosophie de la non-violence. Nous essayons, malgré les difficultés, de mettre en exercice cette philosophie et de lui donner un sens pratique et un cadre de vie, pour qu’elle soit connue et pourquoi pas, partagée par un grand maximum. Dans son article qui est fort intéressant, il montre bel et bien que ce cadre existe, il s’agit entre autres de le « Mosquée », le seul problème, c’est que cette structure est à l’heure actuelle prise en otage par d’autres courants qui l’asservissent à leurs idéologies et à leurs intérêts. Comment faire donc, pour que la structure de la mosquée joue son plein rôle dans la diffusion des valeurs de la non-violence ? Telle est la question. Driss apporte des éléments de réponses, en sa qualité d’étudiant chercheur au Département de philosophie de l’Université Paris VIII ; avec un mémoire de DEA sur la philosophie de la non-violence, mais aussi de part son engagement pratique pour promouvoir ces valeurs. Bonne lecture : 

Oser prêcher la non-violence dans les mosquées
par Driss Mahdi 
 

 

1- Relation entre mosquée, assemblée du vendredi, violence et non-violence :  L’assemblée du vendredi, dans sa version originelle, n’est pas une simple réunion de prière mais une société qui travaille à élaborer et à semer les graines de la non-violence dans la vie des citoyens. Cette assemblée est un congrès éducatif et politique, hebdomadaire, qui s’intéresse aux problèmes des gens de la cité de toutes religions et pas seulement musulmans. Dans ce sens, le congrès du vendredi est laïc plus qu’islamique, sa force vient de la voix des hommes dans leurs différences, et il est une réelle lutte permanente contre toute sorte d’oppression et d’oppresseur. Si cette assemblée hebdomadaire retrouvait la voie laïque de sa version originelle, alors il serait probablement possible d’amener la paix dans les banlieues parisiennes. Les villes, où la violence et la contre violence s’amplifient de plus en plus en ce moment, deviendraient des centres d’éducation à la non-violence, des centres de fraternité et d’égalité. 

L’assemblée du vendredi n’est pas un prêche au nom d’une religion, ni une conférence sur la pensée et le dogme musulmans, ni un jour spirituel pour quitter l’ici-bas pour aller dans l’au-delà auquel croit tout musulman, le paradis que promettent les imams ou l’enfer contre lequel ils nous mettent en garde. L’assemblée du vendredi est un congrès politique, éducatif, c’est-à-dire un bienfait non-violent, efficace, qui permet à la cité de lutter hebdomadairement contre les injustices. Toute personne, de tout âge, tout sexe, toute nationalité, toute religion, est vivement invitée à y assister, tant le fondement de l’assemblée du vendredi est d’établir une relation vraie avec autrui, même si c’est un ennemi. 

Les concepts « Vendredi », « Mosquée » et « Université », dans la langue arabe et dans le Coran, viennent directement du verbe « rassembler » ; ils signifient « se rassembler avec autrui », fût-il un ennemi. Là, tout est basé sur la parole des gens, dans un dialogue social et politique constructif. C’est donc une force de régulation non-violente aux moments des conflits, dans un rassemblement où assistent chaque enfant, chaque adolescent et adolescente, chaque jeune, chaque homme et femme, chaque vieux et vieille, sans séparation ni procuration. 

Malheureusement, ce rassemblement chez les musulmans de France est trop souvent devenu une simple réunion vidée de sens, copie conforme des rassemblements qui ont lieu dans le monde arabe et musulman. Les imams impriment simplement leurs prêches depuis Internet, sur des sites d’imams d’Arabie Saoudite et du reste du monde arabe. Les dictionnaires ont peut-être gagné le concept « prêche du vendredi », mais en réalité, dans chaque ville, les musulmans et leurs voisins non musulmans perdent là une formidable occasion de réflexion et d’action non-violente contre les injustices. 

La fusée de l’assemblée du vendredi n’a donc pas réussi son décollage, le paradis n’est pas venu aux banlieues, du coup, la jeunesse française musulmane – comme tous ses frères musulmans du monde arabe et du reste du monde -, continue à espérer le paradis par le biais de la violence, attirée par des prêches similaires à des trous noirs, influencée par des imams non élus qui parlent au nom de Dieu et de ses prophètes. 

2- Où est le cadre de la mosquée ? Qui a volé l’assemblée du vendredi ? 

De mon point de vue, la peste de la violence et de la contre violence s’amplifie de plus en plus à cause du manque d’éducation à l’action non-violente dans les établissements scolaires français, et particulièrement dans ceux des banlieues. Comme ce manque est également manifeste dans les lieux de culte musulman, la violence de la jeunesse française musulmane dans les banlieues a une courbe malheureusement croissante. 

Je soulève un autre problème majeur : les mosquées, lieux ouverts de l’éducation à la non-violence, vivent souvent sous l’emprise d’un groupe d’associations non élues démocratiquement, sans remise en question ni renouvellement régulier des responsables. Ces lieux sont assimilés à une source de revenus, de prestige, de reconnaissance. J’ai assisté à des situations extrêmes où le responsable de la mosquée, censée être ouverte en permanence à toute la cité, interdisait aux hommes et les femmes d’entrer hors des minutes de prières. Et pire que cela, j’ai assisté à des moments où le responsable n’admettait les femmes que pour le prêche du vendredi et interdisait strictement l’accès aux non musulmans ! Je suis témoin que ce comportement quotidien se répète dans la plupart des mosquées. 

C’est à cause de ce genre de gérant de mosquée que les Français musulmans et non musulmans ont perdu d’une part le cadre de la mosquée laïque pour l’éducation permanente à la non-violence, au respect, et d’autre part l’assemblée du vendredi pour la critique et la lutte non-violente politique, sociale, économique et environnementale contre les oppressions. Signalons que ces personnes qui dirigent les mosquées sont généralement des ouvriers immigrés de la première génération arrivée en France, actuellement à l’âge de la retraite, très souvent analphabètes et très loin de comprendre le mouvement de l’histoire et la réalité de la France ; pire que cela, ils vivent avec des corps en France mais avec des têtes forgées par une culture orientale qui remonte dans le meilleur des cas au dixième siècle, et ils sont souvent utilisés pour renseigner leur pays d’origine ou même leur pays d’accueil ! Il s’ensuit, qu’avec les facteurs sociaux et économiques défavorables aux banlieues, de jeunes musulmans participent à des violences. Je ne dis pas que ces associations appellent à la violence, mais je dis qu’elles n’appellent pas à la non-violence car tout simplement elles ne la connaissent pas. 

 

(A suivre : Mosquées, expériences non-violentes)







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