Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (7)

17 10 2008

Par Mohamed LOUIZI

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8- Enseignements prophétiques ou récits talmudiques ?

En réponse à ces questions, des historiens mettent l’accent sur un élément important qui souligne le rapport suspect qu’entretenait assidûment Abou Hourayra avec un rabbin talmudiste, nommé Kaâb Al Ahbar.(1)

Celui-ci s’affichait publiquement comme converti à l’islam, depuis le mandat de Omar, mais qui ne l’était peut-être que pour s’infiltrer au sein de la communauté médinoise pour des raisons purement stratégiques(2). Une manœuvre singulière à ne pas mettre, peut-être, sur le compte d’une quelconque théorie du complot juif millénaire, opposant « musulmans » et « juifs », mais qui s’éclaire à la lumière des éléments politiques et des données militaires sur toute cette période de l’histoire, qui fut profondément marquée par des conflits opposant la communauté médinoise naissante et des tribus israélites voisines.

Kaâb Al Ahbar était un talmudiste érudit(3), originaire du Yémen tout comme Abou Hourayra(4). Après sa conversion apparente à l’islam, il se consacra à la diffusion de son savoir israélite dans les mosquées, en profitant des turbulences et du vide engendrés suite à l’assassinat de Omar Ibn Al Khattab(5).

D’ailleurs, Kaâb faisait parti –  à en croire les travaux historiques de Ibn Isshac, de At-Tabari et de Ibn Al Atir – d’une organisation criminelle secrète et pluriconfessionnelle, qui chargea le Persan mazdéen Abou Lou’alouah, vivant à Médine en captivité, d’assassiner Omar le calife(6).

A mon sens, ce crime avait quatre grands objectifs :

Premièrement, se venger de la défaite historique des Persans face à l’armée de Omar dans la guerre de Al Qadissiyah(7) en l’an 15 de l’hégire.

Deuxièmement, permettre aux Israélites de redorer un blason souillé par les défaites de leurs quatre tribus : Banou Qaynouqaâ, Banou Nadîr, Banou Koryazah et Khaybar dans les conflits qui les ont opposés aux Médinois du vivant du prophète(8).

Troisièmement, préparer le terrain pour que les Omeyyades s’emparent à nouveau des pouvoirs et des privilèges qu’ils avaient perdus au moment de la prise de la Mecque par le prophète Mohammed.

Et quatrièmement, mettre ainsi un terme à l’évolution de la construction sociale que le prophète avait entamée en faisant disparaître les diverses formes de ségrégation, d’injustice, d’esclavage, de tribalisme, sources de guerres et de chaos structurel. Ces maux sociétaux resurgiront quelques temps après la mort du prophète, pour s’accentuer davantage pendant le mandat du troisième calife Ottmane Ibn Affane(9), et avant de s’enraciner définitivement avec l’instauration violente de la dynastie omeyyade.

Politiquement, cela signifia le démantèlement inattendu de toute l’organisation mise en place par le prophète et relativement bien pérennisée par les deux premiers califes qui lui succédèrent. En effet, la concertation dans la gestion politique et sociale de Médine céda aussitôt la place, elle aussi, à un régime oligarchique, essentiellement basé sur un esprit tribal et clanique.

Symboliquement, cela signifia le retour triomphal et en force des valeurs antéislamiques ancestrales et le vieillissement prématuré des valeurs islamiques prônées et encore récemment instituées par le prophète. L’assassinat d’Omar le calife représentait, de ce point de vue, une victoire plus que symbolique et aussi une façon de faire d’une pierre quatre coups !

Mais comment être sûr de l’implication directe de Kaâb Al Ahbar dans ce crime politique ?

Les historiens Ibn Isshac et At-Tabari rapportent un fait accablant qui confirme l’implication évidente de Kaâb, en le considérant comme l’un des principaux instigateurs de l’élimination physique de Omar(10).

En effet, un jour Kaâb vint rendre visite à Omar pour lui annoncer son entrée en martyre sous trois jours ou sous trois nuits !… Omar très surpris de cette annonce suspecte, demanda alors à Kaâb des détails supplémentaires et Kaâb de lui répondre : « J’ai lu cela dans le texte de la Torah [Pentateuque] ! ». « Ah bon ! Trouvez-vous vraiment le nom de Omar dans la Torah ? » répliqua le calife. « Sûrement pas, mais j’y trouve votre descriptif ! » dit Kaâb(11).

Le lendemain, Kaâb revint annoncer à Omar qu’il ne lui restait plus que deux jours. Et le surlendemain, il revint une nouvelle fois pour lui annoncer l’approche du jour « J » ! Or c’est exactement ce qu’il advint, puisqu’à l’aube de la journée suivante à la mosquée, Omar fut poignardé mortellement six fois par le Persan Abou Lou’alouah et qu’il succomba ainsi de ses blessures !

L’historien Ibn Saad rajoute qu’à ce moment douloureux Kaâb revint dire à Omar que ses prévisions s’étaient réalisées(12) ! On peut tout de même se demander légitimement s’il s’agissait bien de prévisions nourries par des prophéties du Pentateuque ou au contraire d’un plan d’action criminelle très bien mené.         

Kaâb dont les mains portaient encore les traces de sang du calife, se vit aussitôt octroyer le statut de maître spirituel et de savant érudit de l’islam. Ces disciples se multiplièrent et parmi lesquels et pas des moindres, on retrouva « notre » fameux Abou Hourayra qui servit de canal de transmission au savoir talmudique israélite, légèrement transformé dans la forme pour finir en imposture du savoir prophétique.

Hélas, ce stratagème a prospéré depuis ce temps et jusqu’à nos jours. Car nombreux sont encore ceux qui n’arrivent toujours pas à admettre que Abou Hourayra n’était pas un lauréat de l’école prophétique mais un brillantissime disciple du temple talmudique. Et pourtant Abou Hourayra ne cachait pas pour autant ses sources d’information et ses relations dans une grande intimité avec Kaâb Al Ahbar !    

Dans le Mowataa de Malik Ibn Anas, les Sounanes de Annassaiî, le Mousnade de Ahmed Ibn Hanbal et les Sounanes de Ad-Darimiy, Abou Hourayra confirmait ses relations avec Kaâb et racontait même qu’il était parti en voyage et à sa recherche jusqu’en Syrie pour s’enrichir de son savoir du Pentateuque et de ses connaissances talmudiques(13). Car juste après l’assassinat de Omar, Kaâb quitta Médine et s’installa à Damas en Syrie pour y devenir, « totalement par hasard » nous dit-on, le conseiller politique de Mouawiyah qui y préparait, dès lors, les prises des pouvoirs par les Omeyyades et l’avènement de leur empire.(14) 

Abou Hourayra et Kaâb se sont vus pendant un certain temps pour opérer visiblement une étude comparative entre les Hadiths de Abou Hourayra et le contenu de la Torah(15) et non pas le Coran !

Kaâb authentifia et valida ainsi ses contes et ses inventions de toutes pièces puis l’appuya en témoignant publiquement que ses Hadiths ne contredisaient pas le texte de la Torah et que Abou Hourayra était donc l’une des rares personnes (arabes) qui connaissaient la Torah pourtant écrite en hébreu et par cœur(16)!

Une autre question se pose cependant : pourquoi Abou Hourayra était-il parti jusqu’en Syrie à la recherche de ce rabbin converti ou quel savoir supplémentaire cherchait-il au juste s’il possédait vraiment tout l’héritage de la prophétie de Mohammad ?

Pourquoi était-il allé chercher des additifs chez Kaâb sachant que celui-ci, même en supposant que sa conversion fût sincère, ne rencontra jamais le prophète de son vivant et qu’il n’était donc pas en mesure de témoigner de quoi que ce soit ?

Est-ce que l’authenticité des Hadiths de Abou Hourayra devait être évaluée par rapport à son degré d’harmonie avec l’esprit du Coran ou par rapport à sa concordance avec la Torah ?

Est-il vrai que Abou Hourayra connaissait la Torah pourtant écrite en hébreu, lui qui ne savait même pas lire une ligne du Coran, écrit en arabe, dans sa langue maternelle ?

A qui faut-il encore rappeler que Abou Hourayra était analphabète et qu’il ne faisait même pas partie des gens qui connaissaient le Coran par cœur  ?! 

Comment explique-t-on, justement, le fait que Abou Hourayra ne connaissait pas le Coran par cœur mais qu’il connaissait prétendument la Torah ?

Comment se fait-il que Abou Hourayra prétendait mémoriser les paroles du prophète par cœur mais qu’en même temps il ne mémorisait pas le Coran ?

Le Coran ne méritait-il pas d’être mémorisé au même titre que les Hadiths ?

Sinon, en quoi la connaissance par cœur de la Torah pouvait-elle représenter un nouvel intérêt dans l’authentification et la transmission d’un quelconque savoir prophétique ?

Par ailleurs, le fait de valoriser Abou Hourayra de cette façon, ne faisait-il pas partie de la stratégie intelligemment menée par Kaâb ?

Une stratégie inaugurée par sa conversion apparente qui lui permit de gagner davantage la confiance et le pouvoir d’agir à sa guise et de diffuser en toute sécurité et impunité des concepts plutôt proches des croyances juives que des idées contenues à un état embryonnaire dans le Coran, par une simple attribution de complaisance au prophète. Une telle aventure ne pouvait pas être menée à terme sans l’élimination physique de Omar qui, de ce point de vue, représentait un obstacle physique réel face aux projets de Kaâb puisque Omar s’opposait farouchement à la diffusion des Hadiths de Abou Hourayra. Ledit Abou Hourayra que Kaâb – nous l’avons déjà vu plus haut – considérait comme un canal fiable et pouvant assurer pareille pénétration théologique !  

Comment se fait-il que Kaâb ait autant valorisé quelqu’un que Omar avait soupçonné et même frappé et qualifié de mythomane ?

Doit-on prendre en compte les avertissements de Omar à l’encontre de Abou Hourayra ou bien les éloges obséquieux que lui faisait Kaâb ?

Les Hadiths de Abou Hourayra reflètent-ils réellement les sagesses prophétiques ou bien les enseignements talmudiques qui étaient les plus opportuns pour Kaâb ?…  

(A suivre …)

Notes :

1- Mahmoud Abou Rayyah, op.cit., p.97-112 

Ad-Dahbi, op.cit., Internet

Moustapha Bouhandi, op.cit., p.62-79

Abd Al Jawad Yassine, op.cit., p.265-267        

2- Mahmoud Abou Rayyah, op.cit., p.101

Mahmoud Abou Rayyah, Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, p.125

3- Ibid., p.98

4- Ibid., p.101

5- Ibid., p.99

6- Mahmoud Abou Rayyah, Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, p.125-128

7- Guerre opposant l’armée de Omar, 30.000 soldats, commandée par Saâd Ibn Abi Wakkas, et l’armée persane, 120.000 soldats, dirigée par Roustom en l’an 15 de l’hégire – 636 de l’ère chrétienne. Guerre qui s’est achevée par la victoire de l’armée de Omar, en signant ainsi la fin de la dynastie sassanide et le début de l’invasion islamique.  

8- Pour plus de détails sur ces quatre conflits, lire :

Tariq Ramadan, op.cit., p.164-167, 196-200, 218-222, 245-247

9- Sept choses ont été reprochées à Ottmane et qui ont alimenté le soulèvement populaire contre son pouvoir de troisième calife :

Premièrement, donner le un cinquième du butin de la terre africaine conquise à un        membre de sa tribu d’origine Marwan Ibn Al Hakam, sachant que le butin devait être     distribué sur les nécessiteux, les orphelins… comme le veut la tradition.

Deuxièmement, être propriétaire de sept grandes maisons au moment où des Médinois peine à en posséder une.     

Troisièmement, adopter la connivence et la préférence tribale et familiale quant à la      désignation des gouverneurs ; la majorité des gouverneurs était des Omeyyades.

Quatrièmement, refuser de fouetter Al Walid Ibn Okbah, son gouverneur à Al Kouffa en Irak, après avoir conduit la prière en état d’ivresse ! Sachant qu’il fouettait d’autres personnes ordinaires pour des raisons semblables ! (80 coups de fouet nous disent les sources théologiques)

Cinquièmement, marginaliser les compagnons et ne pas procéder à des concertations systématiques quant à la gestion de Médine et des terres conquises !

Sixièmement, ne pas assurer une distribution juste des richesses ! 

Septièmement, être le premier calife à user de la violence physique pour maltraiter et faire   taire l’opposition ! On raconte que Ottmane avait fouetté Ammar Ibn Yassir, parce que ce dernier lui avait porté une lettre de l’opposition contestant ses politiques injustes» pour plus de détails, lire :

Ibn Katibah, Al Imamah wa As-Siyassah, p.32 (en arabe) 

At-Tabari, Tarikh At-Tabari, Vol.6 (en arabe) 

Mohamed Hassanine Haykal, Ottmane Ibn Affane, An-Nahdah Al Misriyah, Le Caire, 1968     (en arabe)

Taha Hussein, Al Fitnah Al Kobra, Dâr Al Adab, Beyrouth, 1967 (en arabe)

Adonis, At-Tabit wa Al-Moutahawil, Vol.1,  Dâr As-Saqi, Beyrouth, 2006, p.223-225,    366 

10- Mahmoud Abou Rayyah, Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, p.125-128

11- Ibid., p.125-128

12- Ibid., p.125-128

13- Moustapha Bouhandi, op.cit., p.62-79

14- Abd Al Jawad Yassine, op.cit., p.266

Mahmoud Abou Rayyah, Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, p.121

15- Moustapha Bouhandi, op.cit., p.62-79

16- Mahmoud Abou Rayyah, Abou Hourayra cheikh Al Madirah, p.100 


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6 réponses à “Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (7)”

  1. 21 10 2008
    habib (16:46:58) :

    Il est clair à la vue de ces arguments que abou houraira n’était pas un homme de confiance quant à la transmission des hadiths. Je trouve que certains de ces hadiths sont en contradictions même avec l’esprit du Coran qui opte plutôt pour un système « démocratique » que celui des hadiths de abou houraira qui privilègiait la dictature des omeyyades. Quand à othmanne je n’étais pas au courant qu’il pratiquait de telles discriminations durant son califat.

  2. 21 10 2008
    mlouizi (17:31:53) :

    Salam Habib,

    Vous avez tout à fait raison lorsque vous dites : « Je trouve que certains de ces hadiths sont en contradiction même avec l’esprit du Coran qui opte plutôt pour un système “démocratique” que celui des hadiths de abou houraira qui privilègiait la dictature des omeyyades ».

    Dans le prochain chapitre intitulé « Abou Hourayra, chantre au service des omeyyades », il est question justement d’analyser les rapports politiques qu’entretenait Abou Hourayra avec le pouvoir de Damas et surtout son attitude à mettre des textes inventés sur mesure au service du palais sultanèsque.

    A suivre très prochainement.

    Fraternellement, Mohamed

  3. 21 10 2008
    habib (18:14:03) :

    Enfin j’attendais ce chapitre avec impatiente j’espère qu’il apportera un peu plus d’éclaircissement sur cette période. Il y a en effet un certain nombre de hadith provenant de Abou Houraira qui tendent à ne pas se rebeller contre le pouvoir en place quand bien même ce pouvoir ne serait pas équitable contrairement à ce qu’avait dit Abou Bakr lors de son élection au poste de calife. Je pense que c’est une manœuvre pour avilir les citoyens et les empêcher d’avoir l’esprit critique.

  4. 1 04 2009
    madani (16:19:26) :

    je repond aux deux anes chittes qui contredise ABOU HOURAIRA ,ils ont les doutes sur les hadiths de ABOU HOURAIRA qui etait un sahabi ,et ils ont pas les doutes sur un menteur un kafer et un mounafek comme khoumaini le leche botte de la france .Khoumaini est de la dessendance de abou lou’alouah le perse el madjoussi na3alahoum ALLAH illa yaoum dine les iraniens (perse el madjousse ) ils sont des anti arabes et anti masulmans parsqu’ils sont des arrieres arrieres arriers petits fils de abdelah ben saba el yahoudi .VOUS AVEZ LA PREUVE DEVANT VOUS L’IRAQUE

  5. 18 12 2010
    sarah (11:15:20) :

    L imam khoumeini est un homme que dieu a choisi pour lancer une des plus belle revolution de l islam s appuyant sur le fait que le plus vertueux des hommes et le plus savant est plus digne d etre le dirigeant d une communaute musulmane . Pour certain musulman un dirigeant doit etre pieux vertueux et savant ; je trouve que cela est plutot sage surtout dans le contexte actuelle ou des regimes qui se disent musulmans sont diriger par des rois ou des presidents corrompus et attachés a la fortune de ce monde et manipulés par des lobbys financier qui sont en total contradiction avec notre saint coran.
    saddam hussein n etait pas chiit et a l epoque de son regne il y regnait un silence de mort!!
    D origine je suis de tradition sunnite mais le discours sage des chiits m a interpelés et j ai fait abstraction de toute polemique et je me rend compt qu il emane de leur discours de leur atitude et meme de leur visage une grande lumiere qui ne pourrait etre attribuer que par dieu. Leur resistance en irak au liban en palestine et meme dans leur pays font d eux de grands hommes .
    Je suis de tradition sunnite ce qui ne veut rien dire mais les chiit sont les seul gens qui m apporte le seul espoir dans le context politique internationnal.
    Ce matin je me suis reveillée pour faire ma priere et je veus dire a madani que tu m a blesse par tes propos
    Car je suis arabe et me sent musulmane et j aime ce dieu unique qui
    est allah et j aime tout nos prophetes et le livre saint
    Je te laisse la responsabilite de tes propos mais sache que langue est une arme et que sur le net si tu blesses des gens tu n auras plus l oportunite de revenir sur des propos si tu te trompe et de te faire pardonner.
    qu allah le tres misericordieux le tout misericordieux te pardonnes le jugement que tu a eu sur les gens que tu insultes car comme le dit le coran le jugement revient a allah de droit.

  6. 19 12 2010
    mlouizi (08:20:18) :

    Chère Sarah,

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre témoignage au sujet des chiites. Je respecte tout à fait votre choix. J’espère aussi que celui-ci vous apporte la paix.

    Cependant, et sans vouloir lancer un débat sur le bien fondé de vos propos concernant le couple sunnite/chiite, je souhaite dire simplement que, au delà des discours des uns et des autres, les ressemblances entre les deux sont loin d’être négligeables. Je me pose d’ailleurs la question à savoir qu’entre un islam sunnite « politique » et un islam chiite « politique », les différences sont-elles de nature ou simplement de degré ? Je crains que celles-ci ne soient que de degré ! (j’insiste sur le caractère « politique » des deux doctrines car leur naissance commune était une naissance d’abord et fondamentalement politique, il y a 14 siècles)

    Je crois aussi qu’il faut relativiser les choses, le sunnisme et le chiisme sont loin d’être des doctrines homogènes. A l’intérieur de chaque tendance, il y a bien de différentes sensibilités qui vont du « plus ouvert » au « plus fermé », du « très réformateur » à « l’ultra-conservateur », de « celui qui aspire à l’unité » à « celui qui se croit la Vérité en personne » !

    Autre chose, les discours dominants chez les sunnites, comme chez les chiites, sont loin d’être représentatifs de ce qu’est vraiment les deux doctrines et de ce qu’est vraiment la réalité.

    Enfin, et au-delà de tout ceci, être chiite ou sunnite ou je ne sais quoi d’autres, n’est pas le plus important. Le plus important à mes yeux, « fatiguées », c’est d’être soit-même dans la dignité, le respect de la diversité et la sincérité dans sa quête silencieuse vers une paix perpétuelle.

    Fraternellement, Mohamed

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