Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (8)

24 10 2008

Par Mohamed LOUIZI

josusoleil.bmp

8- Enseignements prophétiques ou récits talmudiques ? (Suite)

[…] On s’aperçoit très vite, en effet, de l’influence, directe ou indirecte, de Kaâb sur Abou Hourayra à la lecture de nombreux Hadiths présumés « authentiques », signés par ce dernier. Ces Hadiths, en vulgarisant les croyances talmudiques, témoignent de l’ampleur de la pénétration ancestrale de nombreux concepts et traditions israélites jusque dans l’inconscience collective de ladite communauté musulmane, qui reste majoritairement animée par la culture religieuse, celle-ci continuant de se diffuser en grande partie à travers ces mêmes Hadiths.

Les exemples de cette pénétration sont nombreux. Même les religieux officiels, ou reconnus comme tels, reconnaissent l’existence de cette influence nuisible mais sans en faire grand cas. Car ces mêmes religieux ne vont pas au-delà de ce constat et n’épurent pas textuellement leurs propres livres des résidus de cette influence(1). Charge donc au lecteur néophyte ou confirmé de faire ce travail critique, au risque de provoquer la colère de ces mêmes religieux ; surtout lorsque l’on pointe du doigt un personnage, hautement sacralisé, tel que Abou Hourayra !

Pour ne citer qu’un simple exemple parmi tant d’autres, Abou Hourayra rapporta un Hadith dans les présumées « authenticités » de Al Boukhari et de Mouslim, dans lequel il affirma que le prophète Mohammed avait raconté un jour l’histoire d’un prophète israélite nommé Josué, fils de Noun. Ce dernier, étant parti en guerre, avait ordonné au Soleil, par la grâce de Dieu, de s’arrêter pendant un moment en lui permettant ainsi d’achever son Jihad contre les ennemis de Dieu à la lumière du jour ; et Dieu, toujours selon Abou Hourayra, arrêta effectivement la course du Soleil pendant presque une journée(2)!

Comment cela est-il possible ?

Le prophète pouvait-il, dogmatiquement parlant, confirmer un tel phénomène aussi extraordinaire, sachant que lui-même lisait dans le Coran et transmettait donc aux gens que : « …Il [Dieu] astreint le Soleil et la Lune à poursuivre leurs courses, l’un et l’autre, jusqu’au terme fixé… »(3), « C’est lui qui a créé la nuit et le jour, le Soleil et la Lune, chacun voguant dans une orbite bien déterminée »(4), « Et le Soleil qui ne saurait rejoindre la Lune ni la nuit qui ne saurait devancer le jour, chaque astre devant voguer sur l’orbite qui lui est assignée ! »(5)… ?

Le prophète pouvait-il transmettre quelques idées contredisant la révélation de ce qu’il recevait ?

Pouvait-il raconter aux gens des histoires permettant la compréhension de leur religion mais qui ne figuraient pas dans le Coran ? Car ni cette histoire ni même le nom de Josué n’y sont cités !

Est-il possible qu’il apprenne à sa communauté que le Soleil pouvait par simple ordre ou invocation (sincère !) cesser de poursuivre son mouvement, au risque de mettre en péril tout l’ordre universel ?

Si c’était effectivement possible, alors pourquoi le prophète ne l’a-t-il jamais fait à l’instar de Josué ? Etant entendu que le prophète s’est retrouvé plusieurs fois, lui aussi, dans de telles situations de guerres tout à fait semblables ?

En effet, Médine avait subit des souffrances suite au siège mené par une large coalition tribale à son encontre pendant environ 25 jours durant l’an 5 de l’hégire – 627 de l’ère chrétienne(6). Le jour même de la levée du siège, le prophète demanda aux Médinois de se rendre immédiatement à Banû Qurayza – une forteresse juive – qui avait visiblement trahi ses conventions de paix signées avec le prophète, en participant avec les coalisés. C’était le début de l’après-midi lorsque le prophète s’adressa ainsi à ses compagnons : « Qu’aucun d’entre vous n’accomplisse la seconde prière de l’après-midi – Al Asr – avant d’avoir atteint le territoire de Qurayza !»(7). On raconte même qu’une polémique éclata, en route, entre 2 groupes de compagnons à l’heure de la seconde prière(8)

Le premier groupe interpréta l’ordre prophétique en respectant sa finalité visant à mobiliser les troupes avant le coucher du soleil ; ceux-là firent la seconde prière à l’heure. Le deuxième groupe, plutôt littéraliste, prit l’ordre prophétique au premier degré et s’y conforma à la lettre ; ceux-là n’accomplirent pas la seconde prière jusqu’à leur arrivée aux alentours de Qurayrza, quelques heures après le coucher du soleil ! On raconte que le prophète loua les deux attitudes.

Sans rentrer nécessairement dans le vif de cette polémique, il est clair que le prophète avait demandé à son armée de se dépêcher et non pas au Soleil de cesser sa course pour lui permettre d’achever son action militaire à la lumière du jour ! Il a agit sur les paramètres maîtrisables et non pas sur les autres qui ne dépendent ni de sa volonté ni de ses prérogatives, telle que la course du soleil. Pourquoi le prophète n’avait-il pas agit de la même manière qu’avait prétendument employé Josué fils de Noun ?

La réponse à cette question se trouve en partie dans le compte rendu d’un événement dramatique survenu du vivant du prophète. Il s’agit de ce qui se passa le jour du décès de son bébé Ibrahim – bébé né du mariage du prophète avec Mariya, une ex-Copte égyptienne. Ce jour-là, et juste après l’enterrement de Ibrahim, on raconte que le Soleil se fut éclipsé(9). Des Médinois interprétèrent ce phénomène par la tristesse du Soleil engendrée par la mort de Ibrahim, en associant ainsi la disparition du bébé et l’éclipse solaire et en y voyant un message de consolation de la part du Ciel à destination du prophète. Mohammad réfuta immédiatement et avec force cette interprétation superstitieuse et confirma avec la plus grande clarté que: « Le Soleil et la lune sont deux signes parmi les signes de Dieu. Leur lumière ne s’obscurcit pour la mort de personne !»(10).

Dans son livre Muhammad : vie du Prophète, Tariq Ramadan commente cet événement avec les mots suivants: « Muhammad rappelait ainsi à ses compagnons l’ordre des choses et la nécessité de ne pas se tromper dans l’interprétation des signes afin de ne point verser dans la superstition (…) Le signe de la présence de l’Unique à l’instant de la mort d’un homme n’est point dans l’apparition d’un quelconque miracle, mais bien plutôt dans la permanence de l’ordre naturel, dans l’éternité de Sa création traversée çà et là par le passage des êtres créés, qui passent puis s’en vont. »(11)

Cet événement montre à quel point le prophète était habité par l’esprit du Coran qu’il a éclairé quant au sens des phénomènes naturels, sur l’ordre qui régit l’Univers et sur l’indépendance totale entre les velléités humaines d’un côté, et les lois cosmiques de l’autre. Entre ces deux sphères il n’y a aucune relation de cause à effet et les unes ne justifient pas les autres !

Est-il possible que ce même prophète ait raconté à ces mêmes compagnons l’histoire de Josué qui a fait arrêter la course du Soleil sur simple ordre ?

Si cela s’avère impensable, d’où provient alors ce récit au juste ?

Abou Hourayra l’aurait-il réellement entendu de la bouche du prophète? Ou bien, n’y avait-il pas là, de nouveau, un tiers très loquace et apparemment très bien informé de la biographie biblique de Josué comme l’était évidemment Kaâb Al Ahbar 

Après quelques recherches dans le Livre de Josué(12) – le premier livre des Prophètes pour la tradition juive et le sixième livre de l’Ancien Testament chrétien  on s’aperçoit très vite que ce récit y figure bel et bien: « … Alors Josué parla à l’Éternel, le jour où l’Éternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d’Ajalon ! Et le soleil s’arrêta, et la lune suspendit sa course, Jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis. Cela n’est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le Soleil s’arrêta au milieu du ciel, Et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour… »(13) ! 

Ce même récit a longuement alimenté la polémique entre l’Église romaine du XVI siècle et les scientifiques qui réfutaient cette vérité théologique prétendument infaillible : celle de l’arrêt de la course du Soleil pendant presque une journée à l’époque de Josué, puisque cela est évidemment en parfaite contradiction avec toutes leurs observations astronomiques.

L’Église se servit de ce récit comme d’une vérité eschatologique indiscutable pour accréditer à la fois sa propre vérité scientifique (!) plaçant la Terre(14) au centre de l’Univers et pour imposer aussi sa conception aristotélicienne dite de la « continuité de la matière » et réfutant donc l’existence du vide au sein de l’Univers !

Et puisque, comme le répliquaient des scientifiques, la course et le déplacement du Soleil impliquent l’existence évidente du vide sans lequel le Soleil ne pourrait se déplacer continuellement en suivant une orbite bien déterminée, des jésuites présumaient, quant à eux, que les mouvements célestes que l’on perçoit ne sont que de simples illusions d’optique(s) et sensitives !

Dans tout son zèle eschatologique, l’Église de l’époque voulut donc à tout prix sauver le Livre de Josué en préférant voir en ce texte comme un nouveau dogme métaphoriquement indicible ;  une sorte de vérité à défendre, coûte que coûte, vaille que vaille, quitte à faire appel à ses pouvoirs inquisiteurs contre les scientifiques qui remettaient ce dogme ecclésiastique en cause, comme par exemple Giordano Bruno(15)ou Galilée(16) et bien d’autres savants des XVIème et XVIIème siècles ! 

De surcroît, la charge de la preuve pesait du côté de ces toutes nouvelles sciences. Ce n’était donc pas aux jésuites de l’époque de revoir leur copie mais bien aux scientifiques de corriger la leur.

Des théologiens musulmans nous disent aujourd’hui même, à la manière de l’Église du XVI siècle, que si la science contredit une vérité religieuse – un Hadith de Abou Hourayra par exemple – ce n’est pas aux théologiens de trouver la source de l’erreur ou de remplacer leurs conceptions dogmatiques du texte présumé « sacré » par des interprétations métaphoriques, relativement acceptables, mais au contraire : charge à ces scientifiques importuns de trouver l’erreur dans leurs travaux, puis de faire leurs mea-culpa puisque le « sacré » est immuable !

Et c’est justement ce que l’on trouve à la lecture de l’explication du Hadith de Josué dans Fath Al Bari(17). Des théologiens n’ont pas cherché à examiner l’origine de ce récit biblique ou de vérifier sa véracité ni même d’y voir un sens imagé à interpréter.

Ils n’ont pas cherché à savoir si OUI ou Non, il s’agit  de l’un de ces énièmes contes que Kaâb avait racontés à Abou Hourayra et que ce dernier s’est empressé, comme d’habitude, d’attribuer mensongèrement au prophète Mohammed !

Ils n’ont pas cherché non plus à évaluer la vraisemblance scientifique d’un tel phénomène cosmique à la lumière des données astronomiques. La seule chose que l’un de ces pieux théologiens a pu découvrir, certainement après bien des heures de recherche poussée à l’extrême, c’est le jour exact de ce supposé arrêt du Soleil à l’époque de Josué : pour ce théologien musulman illuminé(18), il s’agit du 14 juin CQFD (!) – le jour le plus long de l’année selon ses calculs : Eurêka ! Eurêka !

D’autres récits de Kaâb Al Ahbar, attribués par Abou Hourayra au prophète Mohammed contredisent des fondamentaux du Coran – si l’on s’arrête sur leur portée dogmatique – et instaurent la superstition dans l’imaginaire des croyants. Or toutes ces falsifications constituent, depuis des siècles, l’essence et le socle même du dogme sunnite concernant la création, les signes de la fin des temps, le retour de Jésus, l’antéchrist, le séjour dans la tombe, la Résurrection, le Jugement dernier, le Paradis, l’Enfer,…etc(19).

Ce faisant, des mollahs sunnites, défendent corps et âme, les contes du duo « Kaâb–Abou Hourayra », au nom d’un mythe fondateur qui est celui de la défense de la tradition prophétique sacrée, à n’importe quel prix.

L’ensemble de ces récits mériterait d’être analysé, profondément, pour s’arrêter, le temps qu’il le faut, sur l’illusion et sur l’aveuglement des théologiens dogmatiques qui continuent de conduire aux bûchers et aux guerres religieuses(20) chaque année, et depuis 14 siècles, des centaines de milliers de personnes innocentes, enfants, femmes et hommes, et qui condamnent et excommunient des centaines d’intellectuels et de libres penseurs(21) lorsqu’ils remettent en question un seul Hadith de Abou Hourayra, alors que ce dernier contredit pourtant les données de la science et du bon sens. Ineptie donc, mais toujours vérité théologique prétendument absolue et donc immuable, exactement comme l’affirmait mordicus l’Église au XVI siècles.

D’ailleurs, les psychopathologies dogmatiques des institutions juives, chrétiennes et musulmanes ne sont-elles pas similaires, avec tout de même un décalage temporel que l’on peut évaluer à quelques siècles ?

Ladite communauté musulmane contemporaine n’est-elle pas en train de revivre à sa manière l’horrible Moyen Âge chrétien ?… 

Cependant, il me semble qu’il y a tout de même une moralité que l’on peut tirer de ce Hadit !

Je dirais en effet :

Si Josué a réussi à arrêter la course du Soleil pendant 23 heures et 20 minutes (selon certaines estimations des plus sérieuses(22) !), des Abou Hourayra(s) millénaristes et contemporains ont réussi, quant à eux, à arrêter la marche de l’histoire ; de la vie de toute une civilisation, de l’art, de la culture, de la science,… pendant quelques années lumières … et ça continue toujours !

(A suivre… )

Notes :

1- Des religieux sunnites confirment que dans les livres d’exégèse du Coran et dans les recueils des Hadiths les connaissances israélites et bibliques sont très présentes mais ils ne les montrent pas au lecteur, non pas pour qu’il puisse faire attention mais juste pour rendre à César ce qui est à César. Pour plus de détails sur ce sujet, lire par exemple :

Moustapha Bouhandi, At-Ta’athire Al Massihi fi tafssir Al Coran, Dâr At-Tali’ah, Beyrouth, 2004 (en arabe)  

2- Hadith rapporté par Abou Hourayra considéré authentique par Al Boukhari et Mouslim.

Al Boukhari, op.cit., Vol.2, p.307, n° 3124

D’autres Hadiths témoignant de cette influence à lire dans :

Mahmoud Abou Rayyah, Abou Hourayra cheikh Al Madirah, p.102-112

Moustapha Bouhandi, op.cit., p.62-93

Abd Al Jawad Yassine, op.cit., p.265-268

3- Coran, 31, 29

4- Coran, 21, 33

5- Coran, 36, 40

6- Tariq Ramadan, op.cit., p.206-218

7- Ibid., p.218

8- Ibid., p.219

9- Ibid., p.292

10- Ibid., p.292

11- Ibid., p.292

12- Le livre de Josué est le premier livre des Prophètes pour la tradition juive et le sixième livre de l’Ancien Testament chrétien. Il fait suite au Pentateuque, qui se terminait à la mort de Moïse aux portes du pays du Canaan, et relate la «conquête » du « pays promis » sous la direction de Josué. Ce livre porte son nom parce qu’il en est le personnage principal, pas parce qu’il en est l’auteur. Selon la tradition juive, il fut écrit par Jérémie, lequel puisa dans des documents anciens. Les chapitres 1 à 12 décrivent la conquête de Canaan ; les chapitres 13 à 24 montrent comment les tribus d’Israël se répartirent le pays et rapportent la recommandation finale de Josué. Deux versets importants du livre de Josué sont le commandement du Seigneur de méditer les Écritures (Josué 1:8) et l’appel de Josué au peuple à être fidèle au Seigneur (José 24:15). (Source : Wikipédia)

13- Livre de Josué, chapitre 10, 8-14

14- L’Eglise catholique adoptait et défendait, au Moyen Âge, la théorie d’Aristote qui considère que la matière est continue, et qu’il n’y a donc pas de place pour le vide. Cette question de l’existence du vide troublera les esprits, nous dit Claude Allègre (*), jusqu’au début du XXème siècle. Elle ne sera véritablement traitée qu’aujourd’hui à partir de la physique non linéaire.

(*) – Claude Allègre, Un peu de science pour tout le monde, Fayard, Paris, 2003, p.11   

15- Livré à l’Inquisition le 23 mai 1592. Pendant sept ans il sera interrogé et torturé. Le 17 février 1600, il a été brûlé vif.   

16- Condamné le 22 juin 1633 à la prison à vie, jugement modifiée par la suite en assignation à résidence surveillé dans sa maison personnelle jusqu’à sa mort en 1642 !

17- Fath Al Bari Bi Charhe Sahihe Al Boukhari, de son auteur Ibn Hajar Al Askalaniy, est un livre de commentaire et d’explication du recueil des Hadiths de Al Boukhari.

Sur Internet à l’adresse : http://hadith.al-islam.com/

18- Ce théologien s’appelle Haroun Ibn Youssef Ar-Ramadi (cf. l’explication de ce Hadith dans Fath Al Bari Bi Charhe Sahihe Al Boukhari )

19- D’autres études/articles analysant certains de ces Hadiths viendront compléter et enrichir cette étude. A suivre sur ce blog prochainement.

20- Il s’agit de toutes les guerres survenus quelques années après la mort du prophète Mohammad : guerre du chameau, Siffin, Karbala, l’ensemble des guerres de conquêtes dites islamiques, les conflits permanents entre chiites et sunnites,… Toutes sont alimentées par des Hadiths presque authentiques (!)

21- La liste des torturés en raison de leurs pensées dérangeantes est assez longue, elle mérite une étude indépendante. La machine théologico-politique – Al Azhar, Mollahs sunnites et chiites, Frères Musulmans,… – poursuit ses procès inquisitoires à l’égard de nombreux libre-penseurs.

22- Sur un site Internet (*) évangéliquement engagé, j’ai trouvé l’histoire d’un groupe d’ingénieurs (!) qui voulait remonter le temps et reconstruire le calendrier du soleil depuis le début, en s’aidant d’un ordinateur puissant. Il se trouve que ce calculateur s’est arrêté étrangement pendant un moment. Le groupe d’ingénieurs a pu soulever une anomalie dans ce calendrier : l’absence d’un jour ! C’est comme si la course du soleil s’est arrêtée pendant une journée, il y a quelques milliers d’années ! Les ingénieurs devaient trouver donc une explication à ce phénomène étrange ! Quand soudainement l’un des ingénieurs, très croyant, s’est mis à lire le Livre de Josué pour y trouver une explication théologiquement correcte. Sur ce site Internet, il est écrit :« Et voici pourquoi ce groupe d’ingénieurs de l’espace se pencha sur le passage de Josué chapitre 10, versets 8 à 14, récit qu’ils auraient jusqu’alors qualifié de ridicule, au nom même du bon sens élémentaire: « L’Éternel dit à Josué: Ne les crains point, car je les livre entre tes mains, et aucun d’eux ne tiendra devant toi »

Josué appréhendait-il que l’ennemi, qui le cernait de tous côtés, ne profitât de la nuit pour envelopper et vaincre Israël? Le texte rapporte qu’il implora l’Éternel pour qu’Il immobilisât le soleil. Il fut exaucé: « La lune suspendit sa course… Le soleil s’arrêta au milieu du ciel, et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour »

Terminant sa lecture, le savant croyant s’adressa à ses collègues: N’est-ce pas là l’explication de ce jour manquant au calendrier? Cette nouvelle information fut programmée pour la machine; celle-ci reprit les calculs des conjonctions planétaires de cette époque, donnant son accord, tout en révélant une lacune dans la précision des données reçues. L’exacte durée du temps supplémentaire s’interposant dans le calendrier à l’époque de Josué était de 23 h20, et non de 24 h. Se penchant à nouveau sur la Bible, ces hommes de science y découvrirent une précision inattendue: « Le soleil… ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour ».

Presque! Un petit mot du texte sacré revêtant une grande importance, mais mettant ces érudits dans une nouvelle perplexité: Si l’on ne pouvait expliquer la mystérieuse interférence de 40 minutes dans le temps passé, on ne faisait que reporter le problème aux 1000 ans qui sont devant nous, où ces 40 minutes réapparaîtraient maintes fois multipliées dans les probabilités orbitales. Il fallait donc à tout prix résoudre cette nouvelle énigme. » Des histoires similaires se trouvent dans d’autres sites voulant montrer les vérités des Hadiths en les justifiant par des arguments qui se veulent scientifiques ! comme quoi les similitudes entre croyants sont presque parfaites !

(*) - http://www.axess.com/moto/Soleil.html

      http://www.tharsei.org/la_une.html


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3 réponses à “Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (8)”

  1. 24 10 2008
    habib (02:51:07) :

    Merci pour la suite de l’article.j’aurais aimé savoir s’il y avait des versions en français du livre suivant : »Moustapha Bouhandi, At-Ta’athire Al Massihi fi tafssir Al Coran, Dâr At-Tali’ah, Beyrouth, 2004 (en arabe) » ou des textes qui s’en rapproche dans l’idée car des savants qui approuvent le fait que les hadiths ou l’exégèse du Coran soient influencés par les connaissances bibliques ça c’est rare je suppose car jusqu’à présent je n’en ai jamais entendu parlé. J’ai remarqué des similitudes entre hadiths et certain passage de la Bible lors des funérailles de soeur emmanuelle il y a quelques jours ou l’évêque récitait une prière qui était similaire à un hadith qudsi.(« j’avais faim et tu m’as donné à manger… » provenant de la Bible à comparer avec le hadith de abou houraira « …O fils d’Adam je t’ai demandé de la nourriture et tu ne m’as pas nourri »).Et pourquoi ces mêmes savants s’ils en ont conscience ne remettent pas les hadiths en cause ainsi que l’interprétation du Coran qui à mon avis date un peu et mériterait une mise à jour. Je pense que ces mêmes interprétation étaient influencées par le contexte des époques à laquelle elles ont été faites ainsi que par les connaissances scientifiques en vigueur, hors de nos jours bien des choses on changeait…

  2. 24 10 2008
    mlouizi (10:42:33) :

    Salam Habib,

    Je ne pense pas qu’il y a une version française du livre de Bouhandi. Et c’est là aussi où réside une vraie problématique de ce que l’on pourrait baptiser « la traduction sélective de la littérature religieuse dit musulmane » (écrite à l’origine en arabe)

    En effet, on a traduit de l’arabe des centaines et des milliers de titres, qui à mon sens ne reflètent en rien le vrai pluralisme et la diversité de la pensée religieuse se référant à l’islam.

    Les traductions faites – en grande partie – privilégient plutôt ce qui est « officiel », dominant, commercialisable et donc ne prennent pas en considération ce qui existe/existait réellement et qui mérite, à juste titre, d’être publié et vulgarisé.

    On peut même parler de traduction idéologique orientée, financée et surveillée par des courants idéologiques qui sont sensibles à l’idée même d’un pluralisme intellectuel, religieux, dogmatique… au sein de la mère patrie : « l’islam ». Et c’est là aussi où réside un problème majeure d’une autre nature !

    Cependant le livre de Bouhandi est téléchargeable librement dans sa version arabe en cliquant sur le lien suivant : http://www.jesus-for-all.com/islamic_books/al_ta2seer_al_masee7ee.pdf

    Par ailleurs, et juste pour que je sois bien compris, je ne réfute pas le fait qu’il y a bel et bien des similitudes – au niveaux des textes – entre les religions juive, chrétienne, musulmane et autres. Le Coran reprend à juste titre des textes cités dans l’Ancien et le Nouveau Testament et dit même qu’il confirme certains de ces textes/recommandations anciennes.

    Ce à quoi j’attire l’attention en prenant l’exemple de Abou Hourayra, ce sont les textes fabriqués dans des « chaines de transmission » presque « authentiques » (!) que la machine sunnite en particulier, veut imposer comme textes sacrés faisant partie du corpus de l’islam – des hadiths entre autres – et qui ne sont en vérité, que des affabulations, des légendes, des mythes, des produits de l’imagination farfelue de certains conteurs omeyyades et abassides… Et qui en même temps se réfèrent à l’imaginaire juive ou chrétien de l’époque, et qui – y compris pour les juifs et les chrétiens – ne sont plus d’actualité au jour aujourd’hui :

    Lisez par exemple les hadiths interprétant la Création du Monde en six jours … la Création de Adam et Ève … le Jour du jugement dernier … le retour du Christ,… et comparez-les avec certains passages de la Bible que l’Église actuelle, catholique en particulier, est en train de réviser, de réinterpréter en y voyant un simple caractère métaphorique, ouvrant le chemin à mille et une interprétations possibles, et non une vérité absolue, unique et immuable …

    En effet, pendant fort longtemps, l’Église catholique rejetait la théorie de l’évolution de Charles Darwin mais aujourd’hui, et précisément depuis quelques semaines, le Saint-siège à Rome a fait savoir qu’il n’y aurait pas de contradiction entre la Bible et la théorie de l’évolution ! (c’est quand même, reconnaissons-le, un pas géant que fait l’Église catholique )

    Un cardinal à Londres a même présenté des excuses explicites, dans un article publié dans la presse britannique très récemment, à Charles Darwin et à sa mémoire. Parce que ce cardinal, surement soutenu par sa hiérarchie, a jugé que l’Église a mal compris le sens de la théorie darwinienne !

    Moralité de cette histoire : Au même moment où l’Église papale revoit ses textes et son histoire et essaye de voir dans quelle mesure est-il possible de marier « foi » et « raison », « science » et « religion » … les nôtres, à l’image de « Al-Qaradawi and Co » de l’autre côté de la méditerrané se préparent, sérieusement parait-il, à revivre le moyens âge chrétien dans toute son obscurité et toutes ses violences !

    En effet, regardez/lisez aujourd’hui la nature des idées que propage depuis quelques semaines Al-Qaradawi, en alimentant les divergences entre « chiites » et « sunnites ». Chose qui pourrait alimenter davantage les tensions intracommunautaires et qui pourrait conduire à une guerre civile « sans » précédent ! (un peu comme les guerres des religions en Europe pendant des siècles ou comme les guerres sanglantes qui ont divisé la communauté des croyants quelques années après la mort du Prophète Mohammad) …

    D’ailleurs, les textes de Abou Hourayra et de bien d’autres précurseurs du « sunnisme politique », repris en grande partie par « Al-Qaradawi and Co », n’alimentent-ils pas ce genre de prises de position très risquées ? (Quelques éléments de réponse à cette question sont prévus dans le prochain article de cette série.)

    Enfin et en marge de ce commentaire, je profite pour formuler un voeux très sincère car les temps sont durs et nous avons chacun une responsabilité à assumer : J’espère que « Al-Qaradawi and Co » – ces partisans inconditionnels de Abou Hourayra – regardent la réalité autrement et cessent de jouer, pour des raisons qui me sont inconnues, avec le « feu » communautariste.

    Car il me semble, que face à une « crise » économique, financière, sociale… qui s’accentue jour après jour, ceux-là préfèrent rajouter de l’huile sur le feu. Et à la place de réfléchir, comme l’a fait l’Église de France justement et très récemment sur la moralisation de l’économie et pourquoi pas, sur un nouveau modèle de société humaniste, fraternelle… plaçant l’humain au centre d’intérêt de toute la société et non le profit à outrance.

    Ceux-là préfèrent revivifier les divergences dogmatiques du temps de Abou Hourayra et faire de celles-ci une priorité majeur alors que, et les sunnites, et les chiites, et les autres aussi sont tous menacés dans leur existence même et dans leurs dignités respectives !

    Je me pose la question sincèrement si cela ne représente pas une fuite en avant, de celui qui, en 1999, a voulu accompagner les « musulmans » d’occident sur le droit chemin de la « prospérité à crédit bancaire », en autorisant – au Nom de Dieu – le recours aux prêts usuraires pour l’achat de la résidence dite principale. Et qui aujourd’hui, ne trouve plus rien à dire face à la crise qui touche déjà et qui va toucher, nous disent les analystes, les plus vulnérables surtout avec l’accroissement du chômage et de l’incapacité des uns et des autres à honorer mensuellement le remboursement des intérêts et des dettes …

    D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont placé une confiance aveugle dans cette fameuse fatwa, Al-Qaradawi serait-il prêt de les accompagner aujourd’hui dans le « droit chemin de la misère » car vraisemblablement, à cause des dégâts collatéraux de la crise, ces gens seront amenés à se séparer de leurs biens et à vivre le calvaire (un peu comme aux USA) ? …

    Je m’arrête là, et je présente toutes mes excuses du fait que je me suis éloigné un peu trop de sujet principal, mais pour moi, tout se tient, et lorsque le cœur souhaite s’exprimer, je ne peux lui enlever ce droit fondamental !

    Fraternellement, Mohamed

  3. 18 12 2016
    Ilyas (17:12:38) :

    Bonjour à toi.

    Je suis surpris que tu n’évoques pas dans ton analyse le simple fait que ce ne soit pas le soleil qui se déplace afin de se « lever et se coucher » mais simplement la rotation de la terre sur elle même qui donne donc cette impression, fait qui pouvait (peut-être?) être ignoré à cette époque.
    Après on sait aujourd’hui que le soleil se déplace emportant les planètes orbitales avec lui, d’où l’expansion de l’univers.
    Je me trompe peut être merci de m’éclairer.

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