Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (fin)

21 11 2008

Par Mohamed LOUIZI

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Conclusion

Cette personnalité créative qu’était Abou Hourayra n’était vraiment pas du genre ordinaire. Il n’envisageait pas de partir sans laisser des empruntes gravées dans les mémoires respectives de plusieurs générations.En donnant ainsi l’exemple que rien n’est impossible pour réaliser sa « Légende personnelle »(1) ou comme disait le vieux roi dans L’Alchimiste  de Paulo Coelho : «Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir » !(2)  Abou Hourayra en est l’exemple à méditer … très attentivement !

Né dans la misère, il mourut dans l’aisance.

Inconnu de presque de tous, il reconquit une  célébrité remarquable.

Analphabète durant toute sa vie, son surnom – scandé dans les mosquées des quatre coins du monde – inonde, quatorze siècles plus tard, les manuels scolaires des pays arabomusulmans, la littérature religieuse et les sites Internet.

Sans qualification aucune lui permettant d’approcher les sphères closes du pouvoir, il devint la colonne vertébrale de ce même pouvoir et de ses héritiers.

A la marge d’un texte qui stimule la raison, il réussit à injecter une forte dose d’une superstition qui aliment la déraison.

Au sein même d’une religion qui prône l’abolition du tribalisme, il instaura le Quraychisme(3)  bédouin comme «le » modèle original et originel à reproduire, de manière permanente, dans tous les domaines de la vie, pour rester prétendument fidèle à une illusion de tradition prophétique…

Peut-on parler des fruits du hasard dans tout ceci ? Je ne le pense pas. Car Abou Hourayra fut un personnage qui a su naviguer dans le sens des courants politiques favorables.

Il a su entre autres : gérer son génie créateur ; trouver au fond de lui-même une aptitude relativement singulière pour rendre sa vie utile ; profiter intelligemment des événements douloureux qui ont marqué son époque pour en tirer bénéfice et en sortir indemne ; s’attribuer toute liberté de pensée et d’expression même mensongère en proposant ses services juste à temps au politique ; et par-dessus tout, il a réussi l’accès à l’immortalité théologique, en pariant sur le cheval (le régime) gagnant.

En effet, ses Hadiths ont été retranscrits sous la couverture même des Omeyyades, pendant les trois années du règne de Omar Ibn Abdelaziz(4) qui avait recommandé – environ un siècle après la mort du prophète – de collecter les Hadiths dans des recueils, y compris ceux de Abou Hourayra, pour que ladite sunna ou tradition du prophète ne soit aucunement en reste.

Un siècle après la mort de Omar Ibn Abdelaziz, ce qui veut dire deux siècles après la mort du prophète, ses Hadiths furent  authentifiés … encensés … embaumés … confits et quasiment « momifiés » par Al Boukhari et par Mouslim dans leurs recueils respectifs.

Depuis, il n’est donc plus question de les remettre en question … Le faire – surtout dans le cadre des monarchies théologiques sunnites ancestrales et assimilées – est synonyme d’une exposition volontaire à l’anathème et à la sanction de l’apostasie !

Critiquer les textes portant sa signature signifie renier l’islam  et donc trahir la religion que ces monarchies prétendent représenter et défendre. Puisque, le monarque, épaulé par le religieux de service,  se veut le porte-parole du divin et son bras armé sur Terre. 

Grâce à cette alliance abracadabrante, Abou Hourayra se voit attribuer au fil des années et des siècles, une immunité sans limites, engendrant automatiquement chez les disciples clonés un protectionnisme violent, empêchant les uns et les autres de se livrer par eux-mêmes à un quelconque travail introspectif. Et gare à ceux qui oseront outrepasser cette ligne rouge, tracée et gardée conjointement, par les pouvoirs politiques corrompus et par leurs mercenaires théologiques. 

La remise en question des Hadiths de Abou Hourayra, et de bien d’autres rapporteurs presque divinisés, implique l’écroulement en avalanche de toute une religion basée sur ces Hadiths. Cela signifie aussi l’écroulement de tout ce que l’on a construit ,depuis le temps des ommeyyades, en se basant sur ces mêmes hadiths. En langage théologico-politique, cela veut dire la chute précipitée des régimes qui s’en réclame. Le risque semble être plus que certain donc il faut à tout prix sauver le soldat Abou Hourayra !

Cependant et malgré la limitation de vitesse dans cette zone religieuse à risque, il existe toujours des personnalités – non chiites – de renommée historique qui ont osé crever l’abcès au risque de se voir marginaliser ou même excommunier.

Certes, leurs travaux sont restés inconnus du grand public, même arabophone, car les régimes politiques en place et leur protectorat théologique en ont décidé ainsi. Et ce, par le contrôle des manuels scolaires … le contrôle des prêches hebdomadaires dans les mosquées … le contrôle des articles publiés dans la presse … le contrôle des sujets de thèses dans les universités …

Mais à présent, les choses ont beaucoup changé, fort heureusement, surtout avec l’explosion et la démocratisation relative du numérique et aussi avec la diminution progressive du contrôle  des censeurs de l’information historique et religieuse … grâce à l’effet Internet.

On découvre alors sans détour que Abou Hourayra n’était ni ce personnage exemplaire … ni cette mémoire prodigieuse à laquelle on a voulu nous faire croire !

Des contemporains, à l’image de nombreux anciens, l’ont contesté, critiqué et désapprouvé en démontrant consciencieusement son « mercenariat » théologique au service du pouvoir corrompu de Damas, ses liens suspects avec des conteurs hébreux et sa biographie controversée qui soulève tant de doutes et de suspicions. 

Citons, parmi ces anciens(5) : Aïcha femme du prophète, Omar Ibn Al Khattab, Ali Ibn Abi Taleb, Abou Hanifah An-Nouamane(6), Soufiane At-Thawri(7), Ibrahim An-Nakh’î(8), Ibn Katibah(9), Al A’amache(10), Mohamed Ibn Al Hassan Achaybani(11), Ibn Al Athir(12), Abou Jafar Al Iskafi(13)… et bien d’autres encore…

Et parmi les contemporains – historiens, docteurs et écrivains de renommée – que l’on peut citer à titre non exhaustif : Mostapha Sadeq Ar-Rafi’î(14), Mohamed Rachid Reda(15), Ahmed Amine(16), Taha Hussein(17), Mahmoud Abou Rayyah(18), Ahmed Sobhi Mansour(19), Moustapha Bouhandi(20), Zakaria Ozoune(21), Abderrazak Îde(22), Abdel Jawad Yassin(23)  

Quant à cette étude analytique, elle a rempli – peut-être ? – son devoir d’informer en faisant référence à tout ce patrimoine ancestral et à toutes ces études contemporaines. Et ce, dans le respect des règles d’investigation, en prenant en compte la pluralité des approches et en optant pleinement pour l’ouverture sur toute la littérature accessible, en relation avec la biographie de ce personnage et sans aucune sorte de considération idéologique, dogmatique ou politique.  

Après tout, libre au lecteur, libre à lui de répondre ou non à l’invitation formulée tout au début de cette étude et que je réitère ici une nouvelle fois :

J’appelle à une insoumission totale et à une « désobéissance »(24) éthique, à tout pouvoir théologico-politique ou théologico-associatif se proclamant de cette religion dénaturée – celle des Hadiths entre autres – qui est née de ce mariage ancestral arrangé entre le théologique et le politique et qui porte les empreintes de l’absolutisme, du totalitarisme et de l’obscurantisme, dont les principaux inspirateurs sont Abou Hourayra, ses semblables et ses héritiers et tous ces théologiens de service que l’on connait à l’heure actuelle.

Il est temps que les consciences libres se réveillent enfin… !

Car des guerres sectaires et religieuses s’embrasent ; des enfants meurent ; des femmes sont contraintes à la soumission ; des civilisations millénaires se défont ; des populations se fragmentent en groupes ethnico-religieux guerroyants ; les inégalités se manifestent davantage ; la paupérisation des plus pauvres s’accentue ; les phobies en tous genres s’emparent de nouveau des cœurs ; les régressions diverses se font sentir ; l’inquisition est de retour ; … en grande partie, à cause de la soumission absolue et mentalement aveugle à cette religion dévoyée.

En attendant, je continuerai de rêver tant qu’il est encore Halal et non prohibé par des Hadiths de le faire !

Rêver en écrivant et écrire en rêvant du jour où le Seigneur ne sera plus pris en otage par les petits seigneurs d’ici bas…

Rêver du jour où la religion ne sera plus ni opium ni vitamine mais une approche rationnelle et authentique de la vie et de la mort …

Rêver du jour où la fraternité humaine sera consolidée, une bonne fois pour toutes, pour que nous, humains, puissions nous occuper collégialement enfin des défis majeurs et partagés : écologiques, civilisationnels, économiques… et qui menacent, si rien n’est fait, notre existence collective d’une fin absolument dramatique, scientifiquement prévisible et non pas mystérieusement invisible comme les signes de la fin des temps cités dans les Hadiths de Abou Hourayra !

Informer, inviter, rêver et faire rêver : voilà les quatre fins que je voulais atteindre par cette étude.

Merci à vous !

Notes :

1- Paulo Coelho, L’Alchimiste, Edition Anne Carrière, Paris, 1994, p.36

2- Ibid., p.81

3- Par Quraychisme, on désigne l’ensemble des mœurs et traditions culturelles bédouines de l’Arabie avant l’avènement du prophète Mohammad et après sa mort. Aujourd’hui, des courants salafistes appellent au retour à l’ensemble de ces mœurs et traditions qui, selon eux, font parti de la religion : la barbe, l’habillement Halal, la polygamie,… Tout comme les revendications des mouvements de l’islam politique et/ou de la représentativité  qui, au nom de l’idéologie dite du  Juste milieu – facette intégrable du salafisme –, tempèrent et modernisent leurs revendications « bédouines » dans la forme, sans pour autant penser le bien fondé de ces mêmes revendications : le voile, les carrés dit musulmans, l’abattage dit rituel, la gestion des lieux de cultes… Dans ces sphères, plus on se conforme à ce modèle bédouin mieux on est perçu et vice et versa. Plus on est détaché de la réalité réelle et attachée à une réalité passée plus on est proche de l’islam dit authentique. Le parfait et l’idéal, dans le cadre de ces courants de pensée, comme le dit Adonis(*), n’est pas un futur à construire mais au contraire, il est un passé à reproduire … à l’identique !       

(*) – Adonis, At-Tabit wa Al-Moutahawil, Dar As-Saqi, Beyrouth, 2006 (en arabe)

4- Huitième roi de la dynastie omeyyade entre 717 et 720. On le considère aussi comme le cinquième calife orthodoxe – bien guidé – vu son souci d’établir la justice sociale et de bien gérer les affaires de son Etat. 

5- Lire l’ensemble de ces prises de position dans les deux livres cités ci-dessus de Mahmoud Abou Rayyah.

6- Abou Hanifah An-Nouamane (699-767) ; jurisconsulte irakien et maître de l’école Hanafite.

7- Soufiane At-Thawri (719-783) ; spécialiste des Hadiths.

8- Ibrahim An-Nakh’î (672-718) ; jurisconsulte et spécialiste des Hadiths.

9- Ibn Katibah juriste et homme de lettre du neuvième siècle, il qualifiait Abou Hourayra de « premier rapporteur soupçonné de l’histoire des Hadiths »

10- Al A’amache (709-750) ; jurisconsulte et spécialiste des Hadiths.

11- Mohamed Ibn Al Hassan Achaybani

12- Ibn Al Athir Al Jazri (1177-1252) historien et spécialiste des Hadits, auteur du livre Al Kamil Fi At-Tarikh (en arabe)

13- Abou Jafar Al Iskafi, moutazilite, il jugeait sévèrement Abou Hourayra en le qualifiant de « pas digne de confiance »

14- Mostapha Sadeq Ar-Rafi’î (1880-1937), littérateur, poète et écrivain égyptien célèbre. Auteur de : Wahyou Al Kalam, I’îjaz Al Coran, Al Balaghah An-Nabawiyah,…

15- Cf. ci-dessus

16- Ahmed Amine (1878-1954) littérateur, poète et écrivain égyptien, auteur de : Fajer Al Islam, Doha Al Islam,…

17- Taha Hussein (1889-1970), surnommé le doyen de la littérature arabe. Auteur de : Al Fitnah Al Korah, Al Ayyam, Fi Achi’r Al Jahiliy,…

18- Cf. ci-dessus

19- Ahmed Sobhi Mansour, égyptien, historien diplômé de l’université Al Azhar et ex-enseignant dans la même université. Réside actuellement aux Etats Unis d’Amériques. Auteur de plusieurs livres et articles remettant en cause les Hadiths, le sunnisme et les Frères Musulmans

(Cf. http://www.ahl-alquran.com)

20- Cf. ci-dessus

21- Zakaria Ozoune auteur de : Jinayate Al Boukhari, Jinayate Achafi’î, Jinayate Sibawayh…Pour sa critique à Abou Hourayra, lire le livre Jinayate Al Boukhari  (que l’on peut  traduire par « Crime de Al Boukhari »).

22- Abderrazak Îde, né en 1950 en Syrie, universitaire, auteur d’une vingtaine de livres. En 2003, il publia son livre Sadanat Hayakil Al Wahm qui analyse et critique la raison juridistes des supposés « savants » de l’islam en prenant l’exemple du discours du syrien Saïd Ramadan Al Bouti. Ensuite il publia un autre livre analysant le discours de Al Qaradawi.  

23- Abdel Jawad Yassin, né en Egypte en 1945. diplômé de la faculté du droit du Caire en 1976, ex-juge. Auteur de plusieurs essais politiques et constitutionnels.

24- J’entends par « désobéissance éthique» une attitude réfléchie, intentionnelle, individuelle et/ou collective, privée et/ou publique, pacifique, respectueuse des exigences de la civilité, ne visant pas à la provocation ou à la confrontation physique avec les pouvoirs en question ; mais au contraire à une prise de conscience collective – y compris celle des religieux et des politiques – des dégâts qu’engendrent depuis plusieurs siècles l’obéissance et la soumission absolue à ces textes – Hadiths – nocifs, rétrogrades et obscurantistes (cf. Annexes) !

Bibliographie

Abou Rayyah, Mahmoud, Abou Hourayra cheikh Al Madirah, Al-Alamy Library, Beyrouth, 1994 (en arabe)

Abou Rayyah, Mahmoud, Adwa’a Ala As-Sunna Al-Mohammadiah, Dar Al-Maârif, le Caire, 1957 (en arabe)

Ad-Dahbi, Chams Ad-Dîne, Siyar A’alâm An-Noubala’a, Dâr Al Ma’arifah, Beyrouth, 2007 (en arabe)

At-Tabari, Ibn Jarire, Tarikh At-Tabari, Dâr Al Hilal, Beyrouth, 2003 (en arabe)

Bouhandi, Mustapha, Aktara Abou Hourayra, autoédité, Casablanca, 2002 (en arabe)

Ibn Katibah, Al Imamah wa As-Siyassah, Dâr Al Kotoub Al Ilmiyah, Beyrouth, 1997 (en arabe)

Îde, Abderrazzak, Sadanatou Hayakili Al Wahmi : Al Bouti Tamoudajane, Dâr At-Tali’a, Beyrouth, 2003 (en arabe)

Khalid, Mohammad Khalid, Des hommes autour du prophète, Dar Al-Kotob Al-Ilmiyah, Beyrouth, 2001 (en français)

Ozoune, Zakaria, Jinayate Al Boukhari, Riad El-Rayyes Books, Beyrouth, 2004 (en arabe)

Yassine, Abd Al Jawad, As-Soltatou Fi’l Islam, Centre Culturel Arabe, Casablanca, 1998. (en arabe)

Prochainement sur ce blog :

Un nouvel article contestant, preuve à l’appui, une manoeuvre scandaleuse des dirigeants de la mosquée de Villeneuve d’Ascq visant à falsifier l’histoire récente de la mosquée et d’effacer, à coup de retouches photographiques, une partie de sa mémoire en recourant à des méthodes digne du parti communiste russe des années 1920.

Cet article sera aussi l’occasion de s’arrêter, brièvement et à notre petite échelle, sur la question de la soumission de l’histoire à l’idéologie.

A suivre !


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9 réponses à “Il était une fois … un inféodé sur le chemin de Damas : histoire de Abou Hourayra (fin)”

  1. 21 11 2008
    Zénobie (18:13:02) :

    Quelle joile photo ….

    Et je vais pouvoir maintenant imprimer tout l’article, parce que je trouve trop difficile de lire sur l’écran de l’ordi!
    Bon we et je me réjouis de lire le prochain article
    Zeineb

  2. 5 12 2008
    meluzynn (05:56:26) :

    Ya oummi, tu me l’imprimes aussi minfadliki ?

    Merci pour ton boulot Mohammed, j’espère vivement que ça sortira en livre :)

  3. 7 04 2009
    Stouti (09:37:23) :

    Bonjour cher Auteur,
    Je suis Mathématiciens de formation et la logique et mon pain contiend.
    Malheureusement, quand on veut discuter sur le CAS ABOUHORAIRA même avec des musilmans et musilmane lettrés on afronte l’impasse et le refus totatle. C’est la volenté de ne pas et ne plus utilser ses neuronnes. C’est domage. Nous vivons depuis fort longtemps dans le monde musilman l’absence de l’utilasation de la raison créative. C’est la cause de tout ce sous-developpement et cet obscurantisme qui enveloppe le monde Musilmans de Tanger à Tjakata.
    Enfin, Utilisant NOS NEURONNES que DIEU nous fourni pour Etre vraiment des HOMMES.

  4. 7 04 2009
    mlouizi (20:11:25) :

    Bonjour « Stouti »,

    Il s’agit, comme vous l’avez bien mentionné, d’un constat amer : une « raison » qui ne fonctionne plus et qui est laissée à l’abandon, peut-être, jusqu’à nouvel ordre !

    Aujourd’hui, pour être bien vu et bien intégré socialement au sein de ladite communauté des croyants « musulmans » – que l’on soit ultra-lettré avec un CV bien garni ou que l’on soit un simple analphabète qui n’a pas eu l’occasion d’apprendre à l’école et à l’université – et pour éviter d’être exposé à l’anathème, il suffit d’attester et par la parole, et par les actes, que la « raison » n’a pas sa place au sein de la religion … que le terrain de la « religion » ne peut être celui de la « raison » en général et de la « raison critique » en particulier ! Puisque le pilier central de la religion, professé par ses gardiens, est le dogme qui a réponse à toute chose … la « raison critique » quant à elle, génère naturellement des doutes et des questions à longueur de vie !

    Ladite communauté « musulmane » se trouve alors en contre-sens du Livre et de la révélation qu’elle prétend suivre et adopter. Car ce Livre – le Coran – ne cesse d’inviter toute personne à faire bon usage, ou usage tout simplement, de sa « raison » et ne cesse, par contre, de dénigrer et de s’opposer catégoriquement à toute tendance appelant au « suivisme », sans recul, des ancêtres et de ceux qui se définissent par intérêt « hommes de religion ». Le nombre de signes/versets coraniques appelant à la « raison » est loin d’être négligeable même si un seul signe/verset aurait suffit largement!

    Le Coran considère que le sujet le plus dangereux pour un musulman, qui est celui de la foi en l’Unique peut, ou plutôt, doit être sujet à la réflexion et au raisonnement permanent, car cette foi se définit comme une construction en continu et non pas comme un acquis une fois pour toute. Il donne aussi de bons exemples à méditer du questionnement profond de Abraham et de Moïse, dans des passages plein de questions reflétant des moments forts de ce que peut/doit être une construction de la foi dans le doute.

    Hélas, ladite communauté « musulmane » s’est bien écartée de cette invitation coranique au raisonnement permanent et sans limites, et elle a pris la mauvaise habitude, quand elle rentre dans une mosquée elle range « sa raison » avec ses « chaussures » !

    Pire encore, le dénigrement de la « raison » bat son plein quand un groupe activiste musulman « français », se définissant « moderne » et à ambition « réformatrice », se moque de la « raison » et professe une approche regrettable limitant, à tort, le rôle de la « raison » en tant que faculté majeur de l’être humain, sur le terrain religieux.

    A titre d’exemple, il se tiendra à Paris (au pays des lumières !), ce week-end, le congrès annuel de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) autour de l’articulation religion/modernité.

    Dans le texte-cadre de cette manifestation qui se veut culturelle après tout, on peut lire :

     » [...] Malgé les progrès et les succès de la technique moderne, la raison ne peut être, à elle seule, capable d’apporter des réponses indiscutables aux problèmes éthiques inédits que nous vivons ou de dicter à l’Homme « comment vivre » [...] « .

    Les choses ainsi dites suscitent de multiples points d’interrogation en relation avec le sujet de ce commentaire :

    - Peut-on parler de « réponses indiscutables » si l’on s’inscrit dans le cadre d’une « modernité » qui est par nature évolutive et très dynamique ?

    - La Science et les Techniques sont-ils les seuls domaines où l’usage de la « raison » est permis ? Que dit-on du domaine de la religion et de l’éthique ?

    - Pourquoi insiste-t-on à limiter l’usage de la « raison » dans la sphère religieuse ?

    - Peut-on se considérer dans la « modernité » tout en déconsidérant le rôle et l’usage de la « raison » dans des sphères bien spécifiques (religion entre autres) ?

    - Et si on ouvrait le champ religieux, islamique en particulier, à la critique structurelle ?

    Enfin, cher « Stouti », je crois avoir une réponse, tout à fait « discutable », à toutes ces questions : Il me semble que la religion telle qu’elle est héritée, reproduite, perçue et pratiquée par l’UOIF, entre autres, ne peut être réconciliée avec la « raison ». Et ce, pour une raison toute simple, cela signifierait sa « mise à mal », voire sa « mise à mort » !

    En effet, une « raison » saine mariée avec une éthique solide ne pourrait se réconcilier avec des contre-sens, des contradictions phénoménales, des aberrations sordides de « Abou Hourayra and Co » … que l’UOIF et bien d’autres mouvances tentent de commercialiser et de vendre, encore et toujours, même en temps de crises !

    Fraternellement, Mohamed.

  5. 17 08 2009
    kaderus (22:50:29) :

    un simple calcul mathématique prouve l’imposture de ABOU HOURAYRA, 5374 hadiths à son actif c’est à dire durant les 4 années pleines supposées vécues avec le Prophete (SLS), il a du lui dire environs 4 par jours !!!
    N.B. : Chez nous en algérie, quand on veut dire à quelqu’un arrêtes de mentir, on dit BARKA MA T’HOUR 3LINA.

  6. 28 08 2009
    un autre mathématicien (21:57:25) :

    Salam cher monsieur,
    comment ça se fait il y a que des mathématiciens qui réagissent à ton article si logique avec lui même? Tu as mis le chat d’iran…pardon le chat de damass dans un périmètre borné où tu as exercé le ramassage des indices nécessaires pour conclure à sa culpabilité par rapport à la cohérence qui aurait du être une de ses qualités, par conséquent sa responsabilité vis-à-vis de l’histoire. Et bien ce travail n’a pas vu le jour dans une langue étrangère, d’où sa valeur et son importance, il mérite d’être rédigé dans un livre à part entière.
    Sachant que c’est un sujet très sensible, sans doute sèmera t-il le doute pour ceux qui raisonnent et qui sont fidèles à l’héritage…et fera le bonheur pour ceux qui raisonnent et qui sont fidèles à la vérité…
    « le père du chat » n’échappera pas à la logique coranique, quand Allah le voudra, son héritage sera soumis à la lumière du coran, et comme dit mohamed shahrour, on vit dans un monde de précision et le coran est une précision infinie qui attend la génération à venir pour dévoiler le faux du vrai au service de la vérité et de l’humanité, ainsi l’héritage de certains s’arrête à sa valeur historique sans plus.
    Allah donnera raison à son livre et, à sa science l’age éternel et à l »héritage des hommes l’âge ephemère.
    quand le monde musulman vivra l’ére du respect des libertés et des pensées, certes nous ferons un pas géant vers la vérité et certes nous verrons la curiosité des autres et voir même leur amour envers cette vérité.
    Q’Allah te bénisse frère mohamed.

  7. 12 09 2009
    Emir (19:42:48) :

    Salam Aleyk cher Mohamed

    Macha_Allah pour ce sujet très alléchant, je me suis régaler à le lire, enfin une critique sur lequel on met en cause les fondations de notre soit disans  » Science des Hadiths  » avec notre mentor Abou Houreyra.

    Il a été très fort à l’époque, pensant à sa propre personne, il n’a fait que rechercher un pouvoir illusoire jusqu’à nous laisser une traçabilité des ses contes et merveilles

    Mais la Vérité viendra toujours écraser le faux, la Oumma à du travail à faire sur sa propre conception religieuse. Refutez les Hadiths est blasphématoire pour la Oumma d’aujourd’hui même si on apporte un verset clair et explicite, on prefère s’attacher à l’ambiguité et au complexe.

    Y-a t’il réellement pour l’homme un choix à faire entre Saint Coran et Hadiths ?

    Hadiths = Parole des hommes et Saint Coran = Parole d’Allah (swt)

    Avons nous compris le message de l’Unique ou préfèrons-nous les oeuvres du Diable (maudit soit il) pour créer le doute dans les coeurs des hommes ?

    3 mots : Reflexion, Raisonnement, Rappel (je l’ai appelle les 3R)

    C’est par la reflexion que vient le raisonnement et quand le raisonnement est clair et précis, l’homme se rappellera toujours d’un raisonnement juste

    Dans tout les cas, nous avons un heritage tragique de nos ancêtres coreligionnaires
    mais la voie d’Allah (swt) se tracera toujours aux coeurs sincères et purs

    Qu’Allah (swt) nous protège et bénisse ses créatures et qu’Il (swt) descende sa Mansuétude et sa Sakina sur nos coeurs. Amine

    Votre frère Emir

  8. 21 09 2009
    Nordine Bouhadjeb (05:37:31) :

    Salam Aleykoum,

    Comment se priver de la Sunna lorsqu’on est soumis à Dieu ? Quelle méthodologie adopter pour la prière, le pèlerinage, combien devons nous donner aux pauvres ?

    Justement le propre des musulmans qui réfutent la Sunna est de ne pas avoir de méthodologie puisque le Coran n’en apporte pas de façon explicite, il donne une grande liberté que certains ont peut être jugé trop forte et on voulu réduire par la Sunna.

    Ceci étant dit permettez-moi de mieux vous expliquer cette vision des choses et par conséquent cette liberté que nous accorde le Coran dans un élan d’Amour et une demande de grande sincérité de la part de notre Dieu l’unique.

    Dieu cite dans le Coran les meilleurs moments pour prier, tels que la nuit
    ainsi que l’aube, lorsqu’une personne s’éloigne des tâches quotidiennes pour se concentrer sur la prière. Un verset met l’accent sur l’importance de la prière de l’aube :

     » … ceux qui implorent pardon juste avant l’aube. » (Sourate al-Imran, 17)

    D’autres versets soulignent combien la prière de la nuit offre le meilleur moment pour la réflexion, lire le Coran et prier :

    « La prière pendant la nuit est plus efficace et plus propice pour la récitation. Tu as, dans la journée, à vaquer à de longues occupations. Et rappelle-toi le nom de ton Seigneur et consacre-toi totalement à Lui. » (Sourate al-Muzzamil, 6-8)

    Bien qu’il n’y ait pas de limites de temps pour prier, il y a des raisons pour que Dieu attire notre attention sur les prières de l’aube et de la nuit. Un croyant qui commence une nouvelle journée avec une prière sincère, et établit donc un lien très proche avec Allah, se rappelle fortement le principal but pour atteindre l’approbation d’Allah ou pour observer ses limites.

    Quelqu’un qui commence sa journée par des prières se comporte avec la
    conscience que Dieu le voit à tout moment.
    La prière de la nuit, citée dans le Coran, est une opportunité pour celui qui s’est engagé dans les tâches ordinaires de la vie durant la journée afin de reconsidérer et de réorienter ses actions et ses attitudes ; réfléchir à la fin de la journée apporte du recul, ce qui permet à une personne de voir avec conscience la sagesse divine dans des événements qui semblent négatifs et paraissent hasardeux sur le moment. Consacrer un certain temps à la prière la nuit, aide les gens à réfléchir sur les mauvaises actions qu’ils ont commises durant la journée, chercher à se repentir et à se faire pardonner, et nettoyer leur tête des possibles émotions négatives qui pourraient assombrir leur esprit.

    Ceci dit, une place particulière n’est pas nécessairement assignée pour la prière. On peut prier aussi bien dans le centre commercial, que dans la rue, dans la voiture, à l’école, ou au travail, c’est-à-dire partout ! Ce qui importe est de se rappeler que, là où une personne se trouve, Allah est plus proche d’elle que de sa propre veine jugulaire.

    Dans le Coran, Dieu déclare que les prophètes L’ont appelé à tout moment et en tout lieu :

    « Moïse fit alors boire le troupeau des deux jeunes filles et se retira à l’ombre en disant : « Seigneur, j’ai grand besoin de toute grâce dont Tu voudras bien me gratifier ! » (Sourate al-Qasas, 24)

    Quand tu lis réellement le Coran avec ton coeur il est indiqué qu’il faut prier le matin, le soir et une partie de la nuit si tu le peux mais aussi à tout moment et en toute occasion … le tout étant que ta prière soit sincère, il faut certes se prosterner, il faut s’incliner c’est à dire se soumettre à Dieu car nous sommes des soumis à Dieu. Loin des automatismes d’inclinaisons et de récitations en arabe (des fois sans connaître le sens des mots que l’on récite) comme le font certains n’est ce pas ? Mais s’incliner suivant le rite sunnite n’est pas interdit s’il est fait avec le coeur, avec sincérité et non pas tel un robot dans les usines automobiles !

    Priez, pratiquez l’aumône, jeunez et croyez en Dieu l’unique … concernant le Hajj la sourate 22 est claire :

    26. Et quand Nous indiquâmes pour Abraham le lieu de la Maison (La Kaaba) [en lui disant] : « Ne M’associe rien; et purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour qui s’y tiennent debout et pour ceux qui s’y inclinent et se prosternent ».
    27. Et fais aux gens une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné,
    28. pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom de Dieu aux jours fixés, sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée, « Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux misérable.
    29. Puis qu’ils mettent fin à leurs interdits (qu’ils nettoient leurs corps), qu’ils remplissent leurs voeux, et qu’ils fassent les circuits autour de l’Antique Maison ».

    Ce n’est pas la Sunna qui nous enseigne quand on fait le pélerinage mais l’histoire du peuple arabe car le pélerinage existait déjà durant la période anté islamique même si les pratiques étaient différentes. Ainsi durant le pélerinage il faut se rendre à La Mecque, sacrifié une bête de Cheptel, en manger et en donner aux pauvres puis tourner autour de la Kaaba en priant c’est à dire en récitant le Coran et en demandant pardon à Dieu ou en lui soumettant des demandes particulières pour soi-même, ses proches ou les autres.

    Maintenant de méthodologie il n’y en a pas, votre coeur n’est il donc pas capable de vous dire ce qui est bon et ce qui est mauvais ? Aidez votre prochain, ne jalousez pas votre prochain, ne commettez point l’adultère, le meurtre, le mensonge, l’escroquerie, soyez justes et bons en chaque instant.

    Maintenant je vous pose une question entre un homme se disant musulman, pratiquant le rite de la prière sunnite au quotidien comme le demande la Sunna et toutes les obligations et un musulman qui écoute ce que le Saint Coran lui demande de faire et uniquement ce qui est prescrit dans le Saint Coran, est bon envers son prochain, juste, pratique l’aumône, la prière en tout lieu et tout temps, le jeun, ne commet pas de péchés adultérins, d’homicide, d’escroquerie … pensez vous que Dieu l’unique dans sa grande miséricorde et son Amour infini n’accordera pas autant de bienfait à l’un qu’à l’autre ?

    Personnellement je ne sais pas, seul Dieu est omniscient, il voit tout et sait tout, le jour du jugement dernier on devra se présenter à lui et il nous questionnera … alors ne nous jugeons pas et laissons ce pouvoir à Dieu l’unique et seul dieu.

    Que Dieu vous bénisse tous et vous ouvre le coeur …

    Amin

  9. 14 07 2010
    Ahmed (22:35:16) :

    Salam Mohamed Louizi,

    J’ai lu ton article sur Abou Horaira et je l’ai trouvé intéressant. Je me pose une question concernant son amitié ou son lien avec Kaab le rabbin : comment expliquer que Abou Horaira cite des hadiths à l’encontre des juifs jusqu’à la haine alors qu’il fréquentait un rabbin nommé Kaab ? Jouait-il un double jeu ? Si Kaab avait eu vent d’un hadith d’Abou horaira contre les juifs, n’aurait-il pas rompu ses liens avec quelqu’un qui haissait les juifs ? Manifestement, il y a beaucoup d’incohérence avec ce personnage qu’est Abou Horaira.

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