Ressusciter le prophète !

15032009

Par Mohamed LOUIZI

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Imaginez un instant le prophète Muhammad nouvellement ressuscité et vivant là quelque part, dans ce bas monde désenchanté, appauvri, terrorisé, mal en point …

Qu’aurait-il dit ? Qu’aurait-il fait ? Qu’aurait-il suggéré d’utile pour rendre humain ce qui ne l’est plus ?

Serait-il satisfait de cet état délabré du monde ? Aurait-il admis et admiré « notre » présente condition humaine ? Serait-il reconnu, plus particulièrement, dans « nos » diverses versions de ce que l’on nomme communément « Islam » ? Serait-il plutôt proches des islams des bases populaires ou de ceux des régimes politiques corrompus et impopulaires ?

Et des doctrines dogmatico-juridistes et autres courants théologico-politiques, serait-il plutôt proche des Hanbalites ou des Hanafites ? Des Malikites ou des Chafiites ? Des Salafistes ou des Soufis ? Des Sunnites ou des Chiites ? Des Frères Musulmans ou des Musulmans Laïques ? Du Hamas ou du Fatah ? Du régime oligarchique de Riyad ou de celui des mollahs de Téhéran ? Du grand mufti d’Al-Jazeera ou d’ayatollah d’Al-Manar ?

Imaginez sa réaction lorsqu’il retournerait visiter sa ville natale : la Mecque et sa Mosquée … qui, toutes les deux, sont sous l’autorité politique du régime saoudien wahhabite …

D’ailleurs, serait-il bien accueillit par les cheikhs pétrodollars ; ces alliés inconditionnels du pouvoir ultra richissime ; et ces complices par leur mutisme assourdissant de toutes ces atteintes aux libertés que connait l’Arabie, de toutes ces injustices et ces inégalités sociales qui frappent, en plein fouet, une très large population ? Ou au contraire, serait-il pourchassé, à nouveau, par ces mêmes cheikhs barbus, vers un nouveau non-lieu, ou au mieux, vers une capitale occidentale avec un statut d’exilé ? Un peu à l’image de son précédent statut à Médine, en évitant ainsi de sérieuses menaces de mort, des procès de trouble à « l’ordre public » et d’éventuelles sanctions … d’apostasie !

Imaginez son attitude lorsqu’il franchirait le seuil d’une mosquée, ici comme ailleurs, pour accomplir, comme autrefois, la prière à sa belle manière, lorsqu’il constaterait que cet acte qui était si significatif, car spirituellement purificateur, intellectuellement éclairant, psychiquement apaisant, éthiquement éducateur, socialement égalitaire et humainement fraternisant, est désormais pervertis par un formalisme juridiste terne et par une tentation permanente de politisation forcée, menée sans relâche, par des carriéristes à visage mystique ? Ou lorsqu’il assisterait, dans le silence imposé à coup de hadiths supposés prophétiques (!) à un « sermonologue » de vendredi – sermon/monologue – vide de tout sens humanisant ? Ou lorsqu’il échangerait plus tard, quelques mots avec un imam sectaire et zélé, autour d’une question humaine, où un minimum de bon sens et de clairvoyance devraient, logiquement, l’emporter sur des avis vétustes des mollahs moyenâgeux ?

Imaginez son sentiment dubitatif lorsqu’il découvrirait, surpris me semble-t-il, le Mushaf  dit d’Uthman bin Affâne, ce troisième calife, succédant au pouvoir de Médine, treize ans après la mort du prophète et qui a décidé – avec bonne volonté sans doute ! – de rassembler, selon l’ordre que l’on connait désormais, les chapitres de la révélation dans un même Mushaf/recueil, et de l’imposer comme une seule et unique version du Coran, après avoir brulé les autres versions existantes à cette même époque !

Reconnaîtrait-il d’ailleurs l’ordre suivant lequel ce Mushaf a été établi ? Car, pour le rappel, ce n’était pas le prophète qui avait rassemblé les textes du Coran dans ce Mushaf et de facto, ce n’était pas lui qui l’a mis dans cet ordre ! Que penserait-il à ce sujet ? Comprendrait-il les raisons, politiques et autres, qui ont motivé le troisième calife, à la différence de ses deux prédécesseurs, à rassembler le Coran et à y faire ainsi le manifeste officiel et sacré de l’empire islamique de l’époque, mais aussi de toutes les époques nous dit-on, et ce, jusqu’au jour du jugement dernier ? Cautionnerait-il l’usage que l’on fait aujourd’hui de ce corpus scripturaire ? Serait-il « pour » ou « contre » toutes ces utilisations diverses et variées (littéralistes, jihadistes, politiciennes, juridistes, prosélytes, modernes, herméneutiques, …) dont il est à la fois : l’objet et la victime !?

Imaginez lorsque Muhammad apprendrait l’existence de certains recueils de hadiths, supposés « authentiques », du moins par les institutions des islams officiels et aussi par une immense foule de soumis(es) à « l’ordre » religieux établi, et qui continuent d’alimenter, hélas, la culture religieuse et de l’influencer négativement assez souvent, dans le sens voulu par ces autoproclamés gardiens ultra médiatiques et satellitaires de la parole supposée prophétique !

Que serait sa réaction lorsqu’il lirait, par exemple, dans les supposés « Authenticités de Al-Bukhari » – Sahih Al-Bukhari – que lui, selon un tel compagnon, « commerçait », au sens affectif et sexuel du terme, avec toutes ses femmes – neuf femmes selon le hadith n° 268 de ce même recueil, onze femmes selon un autre hadith – en une seule heure de la journée ou de la nuit. Et qu’on lui aurait donné, figurez-vous, la force sexuelle de trente hommes ?

Admirait-il cette image exhibitionniste et érotique que lui dresse ce hadith, se voulant pourtant authentique ? Se réjouirait-il de cette image, que ne cesse d’entretenir certains imams, sous-entendant un certain désir sexuel enflammé et poussé à l’extrême, et une sorte de soif à la jouissance qui ne serait être satisfaite, s’agissant de Muhammad le prophète, qu’à travers l’enchainement, à la hâte, de neuf ou onze rapports charnels … en une seule heure de la journée ou de la nuit !           

Que dirait-il lorsqu’il lirait dans un deuxième hadith – n° 278 – que lui, le prophète, aurait raconté à ses compagnons qu’une fois Moïse, avant de commencer à se laver, posa son vêtement sur une pierre quand tout à coup, celle-ci prend la fuite en emportant le vêtement avec elle ! Moïse se mit alors à la poursuivre en criant : « Ô pierre ! Mon vêtement ! ». Et ce, jusqu’à ce que les israélites purent le voir tout nu ! Quant à Moïse, il prit son vêtement et commença à frapper la pierre … sans pitié !

Admirait-il ce récit qui fait de Moïse un déséquilibré et qui fait de lui un conteur d’absurdités, dénué de toute raison et versé dans la fantasmagorie effrénée ! Constat qui ne cesse de se confirmer à la lecture de bien d’autres hadiths, faisant état d’un prophète à l’esprit presque enfantin, puisqu’il aurait cru à des histoires chimériques et qu’il aurait raconté et enseigné ces histoires à ses compagnons, comme vérités religieuses nécessaires à la foi : une vache et un loup qui parlaient le langage humain ; Moïse – encore une fois ! – qui crève l’œil de l’ange de la mort ; un serpent nommé « le courageux et le chauve » qui aurait deux excroissances et qui torturerait les riches radins le jour du jugement dernier ; le soleil en se couchant le soir se prosternerait en dessous du Trône de Dieu (!) ; le soleil qui aurait cessé sa course pendant presque une journée au temps de Josué fils de Noun ; Muhammad qui aurait attaché un diable pendant toute une nuit contre une poutre de la mosquée ; Dieu qui mettrait son Pied dans l’enfer pour le remplir et le faire taire … !   

Que serait son attitude lorsqu’il apprendrait que des générations successives des sunnites ont cru profondément au hadith n° 4192 du recueil de Al-Bukhari, car authentique parait-il, qui non seulement affirme que Muhammad ordonnait à certains parmi ses compagnons de se soigner en buvant de « l’urine des chamelles », mais qui torturait sans compassion, et jusqu’à la mort ses prisonniers en leur crevant les yeux, leur coupant les bras et en les abandonnant dans cet état hémorragique, seuls dans le désert, dans l’attente de la mort ou d’une attaque sans merci des carnassiers des sables chauds ?

Se réjouirait-il du profil psychopathique, voire hors qualificatif, que lui fait ce hadith ? Serait-il heureux de savoir que ce hadith existe et qu’il est, en plus, enseigné comme étant une parole de « sagesse » – hikma en arabe – parmi tant d’autres, dans les universités des dites « sciences islamiques » et dans certaines mosquées à moitié éclairées ?

Que serait son  attitude lorsqu’il prendrait connaissance d’autres hadiths qui sont utilisés, désormais – quatorze siècles après sa mort – par des mollahs sunnites et chiites, pour légitimer et statuer la lapidation, la peine de mort, la sanction de  l’apostasie, les censures de tout genre, le voile de la femme, les cimetières et carrés musulmans, la mutilation des organes génitaux des nouveau-nés, les régimes alimentaires, le mariage communautaire et sectarisé, le commerce juteux du halal, mais aussi, l’obéissance aux oligarchies corrompues, l’interdiction de protester contre les injustices des gouverneurs, l’entretien du mythe de la « Terre sainte » en dépit de la sacralité de la vie que l’on sacrifie jour et nuit, … ?

Il me semble que Muhammad, après avoir pris connaissance de toutes ces informations déplorables, de toutes ces extravagances, de tout cet héritage transcrit à tort et à travers, le long des quatorze siècles derniers, dans des recueils qui se veulent tout sauf insoupçonnables, serait révolté, scandalisé, indigné et profondément blessé de constater amèrement, que sa supposée communauté a pu croire et transmettre, de génération en génération, des irrévérences et des insolences insupportables.

Celles d’un prophète qui aurait été barbare et guerrier, avide de sang et de sexe, fou et superstitieux, hégémonique et dominateur, ennemi juré des libertés individuelles, hostile à la liberté de conscience et au droit à la différence, …

Muhammad serait d’autant plus choqué lorsqu’il constaterait, manifestement attristé, que ceux qui entretiennent au premier chef ces clichés, consciemment ou inconsciemment, ne sont peut-être pas ces caricaturistes occidentaux, même de mauvaise foi, mais ils sont bel et bien ceux et celles qui se prétendent être ses fidèles héritiers et qui trahissent en permanence son message et altèrent son image, en trouvant matières premières, alimentant ces clichés sordides, dans les supposés hadiths authentiques de Al-Bukhari, entre autres !

Il serait attristé davantage lorsqu’il constaterait la mort prématurée de cette « raison prophétique » initiée, ou ré-initiée par le Coran, qui fut admirable, et la naissance regrettable d’une déraison inouïe. Une déraison généralisée et pour le moins inquiétante justifiant l’injustifiable, conciliant l’inconciliable et acceptant l’inacceptable, au nom d’une certaine construction dogmatico-politique millénaire, sectaire et hautement sacralisée.

Celle qui se manifeste particulièrement chez une large frange de soumis(es), qu’ils soient analphabètes ou hauts diplômés de prestigieuses universités, lorsque ceux-là, sans se rendre compte peut-être, acceptent la chose et défendent, en même temps, son contraire ! 

Ceux et celles qui admirent dans le Coran que Muhammad était envoyé comme miséricorde pour le monde entier et qui s’accrochent, en même temps, aux hadiths dressant les traits d’un bourreau tribaliste de la conscience qui n’hésitait pas à tuer ses opposants, sans pitié, imposant dans la terreur sa foi, dictant dans la servitude sa loi et ne respectant aucun libre choix !

Ceux et celles qui apprennent par cœur que Muhammad était menaçait de mort par ses adversaires mecquois, du fait qu’il ait renié librement ladite religion de ses ancêtres, et affirment, en même temps, que Muhammad aurait lui-même fait appel ultérieurement à cette maudite pratique inquisitoire en exécutant, à sang froid, ceux qui ont osé renier librement sa propre religion !

Ceux et celles qui lisent, en permanence, dans le Coran que Muhammad était un homme habité par une certaine idée, révolutionnaire à son époque, de la justice et de la gouvernance participative, continuent désormais de croire profondément en l’authenticité présumée de certains hadiths, à la résonance omeyyade et impérialiste, légitimant certaines formes d’injustices incontestables et appelant à l’obéissance aux monarchies tortionnaires et aux régimes corrompus !

Ceux et celles qui considèrent, en se basant sur le Coran bien sûr, que Muhammad était un homme éclairé, intelligent et très rationnel … ceux-là ne trouvent aucune contradiction en continuant à diffuser et à enseigner à leurs enfants des hadiths versés dans la fantasmagorie invraisemblable et dans la superstition contraire même à l’esprit de la foi en l’Unique, et à la faculté majeur caractérisant l’humain qu’est : la raison !

Ceux et celles qui lisent admirablement dans les diverses biographies du prophète, que Muhammad, avant même qu’il ne soit prophète et messager, avait pris le temps nécessaire du questionnement existentiel et philosophique, pour construire ainsi, dans le doute et dans l’angoisse, pas à pas et sans aucune contrainte, le socle de sa foi en l’Unique et le sens pluridimensionnel de toute pratique cultuelle ; ceux-là continuent à discréditer et incriminer toute quête de sens, toute démarche de questionnement et tout cheminement spirituel singulier, hors du commun et débordant des frontières balisées des religiosités héritées du passé.

Pire encore, ceux-là usent même de la violence physique, mettant en pratique un hadith supposé authentique, afin de contraindre les enfants – avec beaucoup de pédagogie ! – et dès l’âge de dix ans, de faire les cinq prières et à l’heure prescrite ou de mettre un tissu sur la tête des fillettes, en se basant sur d’autres hadiths, pour les habituer, nous dit-on, à se soumettre ultérieurement à Dieu … comme si Dieu avait réclamé ce signe vestimentaire distinctif de trop !

Ceux et celles qui répètent jour et nuit l’éloge que fait le Coran à l’égard du prophète vantant son noble caractère, sa bonté du cœur et sa pudeur exemplaire … Ceux-là continuent en même temps à entretenir et à croire en la véracité  de certaines absurdités grossières, violant l’intimité du prophète et exposant, dans les détails, à l’image de certaines téléréalités, ce que l’on a voulu nous faire croire être la vie sexuelle de Muhammad et ses rapports intimes avec ses femmes !

Que de contradictions monumentales habitant ces religiosités de façade et de contrefaçon, face auxquelles le prophète même ne serait en mesure de comprendre la logique, car tout simplement, n’existant pas !

Ressusciter le prophète aujourd’hui ne veut pas dire l’inviter de l’outre tombe pour incarner à nouveau le rôle qui était le sien, mais il s’agit simplement de faire renaître sa « raison prophétique », qui n’aurait pas dû disparaitre avec sa mort et qui était « raison » et « prophétique » à la fois ; humaine dans sa « substance » et humaine aussi dans sa dynamique et orientation ; noble dans son caractère apparent et noble aussi dans son âme profonde ; ouverte sur les gens par volonté de fraternité et ouverte sur Dieu par amour et reconnaissance ; libre dans la formulation de ses choix et respectueuse des libertés des autres quant à la formulation des leurs ; ferme dans les principes et bienveillante dans les négociations…

Il ne s’agit pas non plus de reproduire à l’identique ce qu’était ses habitudes, ses coutumes et ses traditions, comme le font ces courants traditionnistes sous couvert du respect de ladite sunna, mais simplement d’explorer à nouveau les dimensions de son message universel, avec nos yeux d’aujourd’hui, en incluant sans complexe et sans prétention de suffisance : l’élément temporel ; l’évolution historique ; les avancées humaines dans tous les domaines de la vie ; les échanges entre cultures et civilisations ; les nouvelles idées sur l’humain et sur ses environnements, quelles soient religieuses ou non, et quelles soient de chez « nous » ou du voisin d’en face !

L’Humanité a désormais besoin, et surtout en ces temps de crises complexes, d’un nouveau souffle, de nouvelles idées et de nouvelles aspirations pour un monde meilleur. Certes, elle a parcouru un chemin non négligeable depuis la fin des prophéties, depuis que le Ciel a tout dit aux terrestres que « nous » sommes, et depuis qu’Il a décidé de mettre un terme à l’assistanat par la révélation, puisqu’Il avait jugé que « nous » terrestres sommes devenus « adultes » et sommes, intellectuellement, en mesure de « nous » autogérer sans son intervention directe ou par intermédiaires.

Néanmoins, il s’avère aujourd’hui que « notre » maturité n’était pas au complet et que « nous » n’étions pas, par moments de « notre » histoire, à la hauteur de cette mission humaine qui « nous » a été confié et qui « nous » incombe en tant qu’humains !

En effet, les raisons pour lesquelles on justifiait jadis l’apparition des prophètes et des messagers sont toujours d’actualité. Les prophètes et les messagers, en plus du contenu spirituel qu’ils professaient, et à en croire les Ecritures, étaient envoyé pour rétablir et restaurer une humanité épuisée par ses vices : des injustices sociales de tout genre, des inégalités entre riches et pauvres, de l’exploitation des plus vulnérables, de l’iniquité dans le partage des richesses, des pratiques usurières sauvages, de la corruption généralisée, des violences et des guerres … Tous ces vices sont hélas le lot de « notre » existence et sont ancrés davantage dans « notre » quotidien, beaucoup plus ancrés qu’auparavant.

L’humain d’aujourd’hui et de demain est appelé de part sa conscience, comme au temps de l’assistanat par la révélation, de faire preuve de beaucoup de créativité pour s’élaborer en tant qu’humain adulte et responsable et pour avancer, sans trahir ses principes de base : Liberté, Justice, Paix …

Toutes les bonnes réponses, me semble-t-il, sont la bienvenue y compris les réponses religieuses, à condition que celles-ci, comme toutes les autres, soient authentiques, au sens humain du terme, et soient fidèles, non pas à des textes qui se veulent authentiques, mais à des principes et aspirations universellement partagées car humainement authentiques et authentiquement humaines.

Enfin, et s’agissant des héritiers présumés de Muhammad, leur réponse à eux doit être conforme, au moins pour qu’elle soit crédible d’un point de vue coranique et de bon sens, non pas à des hadiths ou à  des formes dépassées, empruntées paresseusement au passé, mais à cette « raison prophétique » délaissée de bon gré, et qui manque manifestement à tous ceux et celles qui clament le nom du prophète avec emphase, et qui défendent, avec une violence exubérante, un héritage rocambolesque que l’on a osé, pour de fâcheux intérêts, lui rattacher à tort !




Marche Mondiale pour la Paix et la Non-Violence

13032009

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