Amar LASFAR répond à Soufiane ZITOUNI : le déni !

11 02 2015
Soufiane ZITOUNI
Par : Mohamed LOUIZI

Quelques interrogations 

            Comment une minorité idéologique, de quelques centaines de personnes, disséminées sur tout l’Hexagone, mais bien installée depuis une trentaine d’année à la tête de nombreuses mosquées et de nombreuses associations et institutions, contrôlant au passage, presque tout, du contenu spirituel de la foi musulmane à son expression  et ses revendications au quotidien, puisse continuer à prendre en otage toute une communauté de foi, de quelques millions de français et de résidents ?

            Comment cette même minorité, qui a certes contribué par un activisme qui force le respect, à construire des mosquées, des établissements et bien d’autres murs et d’espaces de partage communautaire – mais essentiellement avec le concours magistral et décisif des fidèles – persiste à refuser d’assumer ce qu’elle est simplement, de faire son autocritique vitale et de cesser d’assujettir les intérêts globaux et salvateurs de la communauté de foi à ses propres intérêts idéologiques et politiques ?

            Comment cette même minorité arrive à vivre, en conscience, avec une sorte de duplicité malhonnête, de fausseté assumée, de mensonges légitimés et à répétition – qui sont par ailleurs insupportables pour le commun des mortels – et nie scrupuleusement, les yeux dans les yeux, des évidences de sa propre conception religieuse, de sa propre rhétorique idéologique, de ses passés antérieur et récent et de ses desseins, déclarés ou clandestins ?

            Comment cette même minorité activiste arrive à séduire, encore et toujours, par la ruse, par les jeux d’alliances, par les jeux de mots et à s’imposer mordicus, telle une fatalité, sans qu’il n’y ait une réelle opposition consciente ou alternative salutaire, émanant de la large masse des fidèles, qui puisse s’exprimer et déconstruire ce guet-apens idéologique géant, dans lequel toute cette communauté de fidèles est entraînée et prise en otage ?

            N’y a-t-il pas parmi les membres de cette minorité, ou parmi les fidèles de cette majorité silencieuse,  des personnes sages qui se lèveront, un jour, contre cette mise sous tutelle idéologique permanente, contre cette instrumentalisation qui déshonore, et qui risque, dans les temps qui courent, d’hypothéquer et de mettre en danger de disparition, pure et simple, tout ce que des générations de fidèles musulmans ont pu bâtir et construire, par les sacrifices récurrents des parents et des grands-parents, durant les trente dernières années, et même avant. Et ce, à cause d’erreurs, des fautes mêmes, des aveuglements et des intérêts particuliers d’une petite caste d’islamistes bien installée, d’un petit groupe de marchands de la « parole sacrée » dans tous ces sanctuaires musulmans profondément asservis ?

Ripostes

            J’écris ces lignes et je formule ces interrogations, qui me paraissent nécessaires, car vitales, après avoir vu hier soir, au journal régional 19/20 du Nord Pas-de-Calais sur « France 3 »[1], un reportage sur le lycée de l’UOIF – baptisé grossièrement « Lycée Averroès » – donnant la parole à une élève, au directeur-adjoint, Monsieur Eric DUFOUR, et au président de l’UOIF, Monsieur Amar LASFAR, suite aux accusations portées par Monsieur Soufiane ZITOUNI, professeur de philosophie démissionnaire depuis trois semaines, à l’endroit de ce lycée et de ses dirigeants et publiées le vendredi 6 févier dernier dans le journal Libération, sous l’intitulé : « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès »[2].

            J’ai trouvé que l’élève Sarah, élève en terminale L, se présentant ostensiblement sans voile devant la caméra, exprimait une indignation légitime face au contenu de l’article de son ex-professeur de philosophie.  Elle s’est défendue de tout antisémitisme. Elle a exprimé les cadres de ses échanges avec monsieur Zitouni au sujet des attentats de Charlie Hebdo. Elle s’est exprimée à sa manière, avec ses mots, et a relaté le contenu d’un ancien échange pour le moins étrange. Selon ses dires, celui-ci l’aurait traité de « malade mentale » et « qu’elle devait se faire soigner » … Ce sont ses paroles. Si c’est vrai, c’est naturellement condamnable et même grave venant de la bouche d’un professeur. Mais si c’est faut, elle en assumera seule la responsabilité.

            Le témoignage du directeur-adjoint était très digne, très à la hauteur de ses fonctions et s’inscrivant dans une démarche pédagogique respectable. Son article, intitulé : « Pourquoi je suis engagé au lycée Averroès »[3] en témoigne sobrement. Un témoignage intéressant à lire. Néanmoins, son auteur, se tenant sur la défensive, exprime aussi le point de vue de la direction et ne répond pas sur le fond. Je ne crois pas que Zitouni a mis en cause la légitimité du lycée ou le sérieux de nombreux professeurs qui y travaillent. Ce n’est pas ce que j’ai lu en tout cas dans ses deux articles.

            Maintenant libre à chacun de se défendre comme il peut. Zitouni témoigne, dénonce subjectivement une ambiance et exprime, avec beaucoup d’audace, un ressenti, de nombreux comportements insoutenables et surtout il met en perspective un jeu pernicieux et malin de la direction, la vraie direction, celle que j’ai connue auparavant et que le directeur-adjoint ne connaîtra jamais assez de là où il se situe aujourd’hui. Cette direction de l’ombre n’hésitera pas à le remercier, si besoin est, si elle sent qu’elle n’est plus maîtresse du temps, du projet et de l’espace. Je rappelle qu’il y avait une directrice bien avant lui, qui est partie sans faire de bruit et qui était traitée, disait-elle, telle une plante verte dans un décor sagement pensé et mis en place !

Amar LASFAR : le déni !

            Quant au président de l’UOIF, il était juste, et comme d’habitude, l’égal de lui-même, ni plus ni moins. Certes, il est aussi en droit de se défendre. Il est en droit de s’exprimer librement. Il est en droit d’user d’un temps d’antenne pour apporter la contradiction ainsi que sa version des faits. Mais il n’a pas le droit d’être dans le déni permanent et dans le mensonge, ni face cachée, ni face caméra. Mais qu’est-ce que ce monsieur n’a-t-il pas dit ?! Il a dit simplement – sourire aux lèvres – que l’UOIF n’a aucun lien avec les « Frères Musulmans ». Mais de qui se moque-t-on ? Comment peut-il dormir l’esprit tranquille, après avoir confirmé ceci, lui et les cavaliers de sa minorité ?

Amar LASFARAmar LASFAR

            Amar LASFAR a dit, face caméra, les yeux dans les yeux, que l’UOIF n’a aucune espèce de lien avec les « Frères Musulmans ». Non, vous l’avez compris, strictement aucun. Il a dit, les yeux dans les yeux, qu’il se reconnaît pas dans ce courant de pensée et qu’il n’y adhère pas. Monsieur LASFAR ne peut pas dire une telle contre-vérité. C’est un mensonge. Ce n’est pas digne d’un imam. Ce n’est pas digne d’un recteur. Ce n’est pas digne d’un héritier autoproclamé de la prophétie et du message du prophète Mohammed qui était, de son vivant, surnommé le « véridique » et « l’authentique ».

            Monsieur LASFAR passe à côté de la vérité, de sa vérité, et de l’authenticité, son authenticité. Monsieur LASFAR n’est pas en droit de proférer de telles affabulations. Il ne peut pas nier l’évidence. Il doit au contraire avoir le courage et la pudeur d’être vrai, de dire vrai et d’assumer un devoir d’exemplarité car il est « imam », qui guide la prière tous les vendredis, avant et après tout !

            Oui, monsieur LASFAR, en niant tout lien de l’UOIF avec les « Frères Musulmans », en particulier, et avec l’islamisme dénoncé par l’ex-professeur du lycée en général, fait preuve d’une ignominie insupportable. Surtout, de là où il parle. Il le sait : La parole est un témoignage d’une responsabilité. Il l’apprend aux autres, aux fidèles, aux petits, aux jeunes, aux adultes, tous les vendredis : Peut-il simplement en assumer l’exemple ?

            Comment peut-il sous la pression, certes, d’une  conjoncture, nationale et internationale très difficile, et au soir de sa vie, immortaliser devant un enregistreur de son et d’image, et sans sourciller, un déni de la réalité, un mensonge et une contre-vérité ? Comment ose-t-il infirmer l’existence de tout lien de son organisation avec sa maison-mère ?  A-t-il honte de son appartenance idéologique ? craint-il quelque chose en assumant simplement l’évidence ? Tout s’explique, tout se justifie, encore faut-il le dire et l’avouer !

            Monsieur LASFAR est un adepte, à l’image de nombreux islamistes, d’un procédé langagier trompeur et assez révélateur : celui de dire la vérité certes,  mais … pas toute la vérité. Il me l’a dit et expliqué une fois à la marge d’une rencontre des « Frères Musulmans » de Lille, dans la salle de prière des femmes, au premier étage de la mosquée de Lille-sud, pour celles et ceux qui connaissent les lieux. Je porte  seul donc la responsabilité de cette confirmation, et nous avons eu une discussion que je garde en souvenir à ce sujet. Pour lui, comme pour de nombreux « frères » sunnites comme chiites, il n’est pas si grave, religieusement parlant, de masquer  et de dissimuler une partie de la vérité pour sauver ainsi certains intérêts et accréditer certaines apparences.

            Ce procédé langagier porte un nom, celui de Al Tuqiya – en arabe (التقية) - qui veut dire: la dissimulation, ou comment dire la vérité mais pas toute la vérité, et si besoin, mentir pour la bonne cause. Ce procédé, dit-on, est religieusement permis, voire encouragé, en cas de conflit ou de guerre pour tromper l’ennemi. Monsieur Amar LASFAR, en infirmant cela, en usant de manière outrancière de ce procédé langagier, se considère-t-il d’ailleurs en état de guerre, face à des ennemis ?

L’ADN « Frères Musulmans » de l’UOIF : témoignage d’un repenti !

            Maintenant, s’il est vrai, peut-être, que l’UOIF n’a pas de lien organique avec la confrérie des « Frères Musulmans », au sens où l’UOIF n’apparaît peut-être pas, expressément, dans les registres administratifs de la confrérie égyptienne ou sur les autres registres de son Tanzim – sa branche mondiale, il ne peut pas, par ailleurs, ni effacer ni nier les liens objectifs, factuels, historiques, spirituels, idéologiques, jurisprudentiels, affectifs, financiers, … établis depuis toujours avec la confrérie, avec son esprit « saint » (!), avec sa littérature, avec son discours, avec ses symboles, avec ses références, avec ses mouvements implantés, ici ou là bas, et avec ses financiers !

            Il ne peut pas nier que jusqu’à récemment, l’ADN qu’injectait l’UOIF dans le sang neuf des personnes sélectionnées, recrutées et embringuées – et c’est peut-être toujours le cas dans les cercles fermés de la mouvance – est un ADN refermant des informations, des enseignements, des dogmes,  héréditaires issues directement des écrits de l’imam Hassan Al Banna, le fondateur de la confrérie et de sa littérature interprétée par Youssef Al Qaradawi, entre autres.

 

20 principes Hassan Al Banna20 principes Hassan Al Banna

            A titre personnel, lorsqu’en 2001/2002, j’ai été recruté au campus universitaire de Villeneuve d’Ascq (59) pour rejoindre l’UOIF – par un certain Mohamed Taib Saghrouni, actuellement membre de la direction de l’UOIF et délégué régional du Nord – au terme d’un parcours initiatique à l’idéologie et aux autres rites de la mouvance islamiste, la déclaration de mon adhésion, de mon pacte d’allégeance s’est faite, en présence effective de Monsieur Amar LASFAR avec d’autres notables de son noyau dur, la main dans la main, les yeux dans les yeux, en jurant fidélité et loyauté, non pas aux statuts de l’UOIF, ou à sa charte qui n’existait pas à l’époque, ni à son règlement intérieur, mais aux « dix piliers de l’allégeance », dix critères de l’engagement frériste, et aux vingt principes de la compréhension de l’islam[4], tels qu’ils étaient définis et rédigés par la main droite de l’imam Hassan Al Banna, et tels qu’ils étaient commentés par l’éminent cheikh Youssef Al Qaradawi. Monsieur LASFAR ne peut pas nier cela aussi !

            De ma déclaration de ce pacte de loyauté et jusqu’à ma démission salutaire de l’intégralité de la mouvance islamiste en octobre 2006, celle-ci nous recommandait d’utiliser, pour l’encadrement des cellules fermées d’éducation des jeunes et des prochaines recrues de l’UOIF un livre en français, intitulée : « 20 principes pour comprendre l’islam »[5] de son auteur : l’imam Hassan Al Banna. Un livre développé et commenté par Al Qaradawi, traduit par Moncef ZENATI et édité en 2004 à Paris, chez MADIACOM, sous le numéro ISBN : 2-914175-31-0.

            Pour précision, Monsieur Moncef ZENATI est actuellement membre du bureau national exécutif de l’UOIF[6], chargé de « l’enseignement et de la présentation de l’Islam » et aussi l’actuel responsable du site « Havre de Savoir »[7] qui se donne comme mission, comme l’indique sa présentation, d’étancher la soif des jeunes d’apprendre les principes et les enseignements de la religion musulmane – selon la conception des frères bien sûr – à travers la publication régulière de brochures, l’organisation de conférences et de forums, ayant pour thème la religion musulmane.

            En effet, une simple visite de curiosité de ce site internet, précisément,  dans le menu déroulant « Histoire de l’islam », dans la catégorie « Hommes et femmes illustres de l’islam »[8], le lecteur neutre remarquera, sans aucune difficulté, la prédominance d’articles dont les intitulés suffisent pour appréhender l’ampleur de l’attachement viscéral et assumé à l’idéologie frériste. Pour exemples, je cite les intitulés suivants :

« Les frères Musulmans comme les définit l’imam Hassan al-Banna » ;

 « Les fondateurs des Frères Musulmans » ;

« Hassan Al-Banna, un voyage inachevé » ;

« Celui qui me marqua le plus, c’est l’imam Hassan Al-Banna » ; 

« Les savants musulmans rendent hommage à Hassan Al-Banna » ;

« Le génie de Hassan Al-Banna » ;

« Zaynab Al Ghazali, un exemple d’engagement » …

            Monsieur LASFAR ne peut pas nier cela aussi. D’ailleurs, s’il n’y avait aucun lien entre l’UOIF et les « Frères Musulmans », pourquoi son chargé de l’enseignement et de la présentation de l’islam, au sein de la direction nationale de l’UOIF, abonde ledit site de références revoyant aux œuvres et à l’idéologie de l’imam Hassan Al Banna ?

Ce fantôme d’Hassan Al Banna qui veille sur la Ligue Islamique du Nord !

           Par ailleurs, la Ligue Islamique du Nord (UOIF locale), que dirige Monsieur Amar LASFAR, éditait une revue trimestrielle baptisée « L’essence Ciel », destinée aux jeunes lycéens et étudiants, entre autres. Que pouvait-on lire par exemple dans l’éditorial de son numéro 3 du printemps 2004, si ce n’est cette référence explicite, à la pensée frériste, je cite : « … Tout ceci, nous rappelle la parole de l’Imam, Hassan AL Banna, qu’Allah illumine sa tombe : « Ô frères, sachez que votre témoignage (DA’WA) a trois fondements : la connaissance d’Allah, la vertu de l’âme et l’amour des gens … ».

L'essence Ciel

 Dans ce même numéro, en page 26, une biographie du Cheikh Ahmed Yassine (1938-2004), cette figure de la résistance palestinienne, assassinée par l’armée israélienne à Gaza, et qui était le fondateur du mouvement du Hamas, la branche des « Frères Musulmans » en territoire palestinien. Dans le numéro 6 de la même revue, édité en hiver 2005, on trouve tout un dossier bilan sur le voile à l’école, sur le foulard et ses valeurs universelles …          

C’est exactement la diffusion allégorique, obscure, insidieuse, permanente de cette culture, à l’oral comme l’écrit, combinant dans un mélange de genres simplement inquiétant fait de religion et de politique ; de théologie et d’idéologie ; de spiritualité et d’activisme, … que reprochait le professeur Zitouni dans sa deuxième tribune. Cela n’est pas une fantaisie ou un caprice d’un esprit dérangé ou trompé dans la caricature, comme le laisse entendre monsieur LASFAR et ses lieutenants. Ce sont des éléments matériels et tangibles pour ceux qui réclament des preuves. Il s’agit juste du strict contenu d’une revue que la Ligue Islamique du Nord, sous l’égide de monsieur LASFAR, a fiancé, édité et mise à disposition à l’adresse de tout un public, jeune et adulte, y compris aux élèves du « lycée Averroès », créé déjà en 2003 dans les mêmes locaux de la mosquée de Lille sud !

L’UOIF, un pas en France et l’autre dans le Tanzim de l’internationale frériste !           

Par ailleurs, l’UOIF ne se gêne pas à revendiquer, même à demi-mot, sa filiation idéologique assumée au Cheikh Fayçal Mawlawi (1941 – 2011)[9]. Cette figure frériste très engagée idéologiquement et politiquement, qui était aussi le vice-président du Conseil Européen des Recherches et de la Fatwa. Mawlawi  était surtout, entre 1992 et 2009, secrétaire général de la « Jamaa Islamiyah »[10], la branche des « Frères Musulmans » au Liban, et c’était lui qui a contribué à la fondation de l’UOIF et à l’Institut Européen des Sciences Humaines à Château-Chinon.

Fayçal Mawlawi

            L’UOIF est toujours membre de la Fédération des Organisations Islamiques d’Europe (FOIE)[11]. Elle est toujours en relation intime avec le Conseil Européen des Recherches et de la Fatwa (CERF) et avec l’Union Internationale des Savants Musulmans (UISM)[12], présidée par Al Qaradawi, et regroupant toutes les sommités théologiques et jurisprudentielles, reconnues comme telles, par la confrérie et par ses satellites, en Orient comme en Occident. Le livre de Xavier Ternisien « Les Frères musulmans » éclairera le lecteur francophone sur la genèse de l’UOIF, de son évolution, de ses fondateurs ainsi que de ses rapports idéologiques incontestables avec la maison-mère. 

            Aussi, une simple analyse des listes des intervenants musulmans aux rassemblements annuels organisés par l’UOIF au Bourget, depuis maintenant 32 ans, montre la prédominance flagrante et incontestable de la pensée idéologique et théologique des « Frères Musulmans », ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Cette année, par exemple, le rassemblement du 3 au 6 avril 2015 s’offrira en tribune libre à de nombreux orateurs fréristes[13], venant du Qatar, de Suisse, de Soudan, de France et de Navarre, parmi lesquels : Tariq Ramadan, Hani Ramadan, Issam Al Bachir, Azzedine Gaci, Abdellah Ben Mansour, Ahmed Jaballah, Moncif Zenati …

            Sur le site de la mosquée Al Imane, dont le recteur n’est d’autre que Monsieur Amar LASFAR, on peut lire cet article intitulé : « vingt principes pour comprendre l’islam »[14], d’Hassan Al Banna, extrait du livre précité, traduit par Moncif Zenati. Monsieur LASFAR peut-il continuer à nier, après tous ces éléments, qu’il ne se reconnait pas dans le courant idéologique des « Frères Musulmans » ?

Site Al Imane

 

Incohérence de l’incohérence … ou comment LASFAR trahit AVERROES !

Par ailleurs, je ne partage pas totalement la vision et l’analyse de Soufiane Zitouni. Je ne considère pas très pertinents tous ces exemples, tâchés d’un peu de subjectivité, qu’il a cité pour appuyer son propos. Il me semble tout de même qu’il était en colère, très en colère, lorsqu’il a écrit et publié sa deuxième tribune sur Libération du 6 février. Cet état d’esprit est facilement perceptible, l’agitation de monsieur LASFAR et de ses lieutenants, d’un plateau à l’autre, d’un micro à l’autre, dévoile un aperçu de ce qu’a dû endurer ce pauvre Zitouni pendant deux semaines !   

            En ayant moi-même vécu une rupture difficile avec l’UOIF en 2006, et en ayant subi, comme conséquence directe suite à cette démission, des pressions psychologiques, des intimidations insupportables et des manœuvres d’isolement, orchestrés par des « sœurs » et des « frères », sur la base de rumeurs, d’excommunication même et de mise à mort « sociale », je suis en mesure de comprendre ce qu’il a dû endurer, par un entourage hostile à sa thèse et, j’ose dire, « génétiquement » incapable de contenir la divergence dans son cadre d’idées sans faire appel à des méthodes misérables frôlant le « zéro absolu » de l’indécence. Je relativise donc l’ensemble de son propos et je lui trouve mille et une excuses. Car, vraiment, il faut le vivre pour le savoir, il est très insupportable d’être mis à l’index de l’UOIF, je peux en témoigner ! 

            Par ailleurs, le professeur lui-même avoue que son propos a pu choquer. Lui-même dit que son propos ne peut être généralisé sur l’ensemble des cadres éducatifs, ni sur l’ensemble des élèves, et c’est très bien qu’il le précise ainsi. Car, justement, et c’est le sens de mes interrogations du début de ce papier, il s’agit bel et bien d’une petite minorité perfide, d’une petite caste d’intouchables, se servant des services intéressés de quelques plumes organiques, qui tire simultanément sur de nombreuses ficelles et qui prend en otage les intérêts salutaires de toute une communauté de foi, tout âge compris.

            Au fond, le professeur Zitouni ne dit pas autre chose que cela. C’est bel et bien cette minorité islamiste au pouvoir qui se sert de ce mélange explosif, fait de religion, selon une certaine conception frériste, et de politique en phase avec un rêve de domination inavouée, pour assoir, petit-à-petit, son autorité ; pour imposer sa vision du Monde, de l’Humain, de la République, tantôt par les prêches de vendredi, tantôt par tous les autres canaux culturels, électoraux, éducatifs, artistiques, sportifs, et j’en passe ; et pour matraquer et redire toujours les mêmes discours, génération après l’autre, et tenir en otage, éternellement, une communauté de foi par nature diverse, plurielle, indéfinissable, et qui, dans une large mesure, ne demande que de rendre pacifiquement, loin des calculs politiciens, ce qui est à Dieu à Dieu ; et ce qui est à César à César.

            Cette communauté de foi est désormais dépossédée  de ses avoirs, de ses établissements et de ses édifices. Qui l’aidera pour se réapproprier à nouveau ce qu’elle a construit pour ses enfants ?  Qui lui permettra d’être dans ses édifices, comme une vraie propriétaire et non pas comme une simple spectatrice dans une sorte de cirque de la « parole confisquée » par tous ces notables, qui monopolisent tout, et qui lui réclament, à la fin de chaque mois, de payer les charges ? Qui l’aidera, en ces temps troubles, pour qu’elle ouvre ses édifices à la lumière, à la diversité, à la pluralité, à l’amour de son prochain et à la paix, d’abord comme exigence de survie collective et ensuite comme préalable à toute construction globale de vivre-ensemble ? Qui rendra à cette communauté de foi sa pleine souveraineté sur ses propres édifices cultuels et culturels ? Qui lui rendra les clefs, toutes les clefs, celles des salles de prières, comme celles des salles attenantes ou celles des bureaux fermés, là où une « minorité », une tout petite, s’isole pour prendre souvent en catimini de lourdes décisions, qui entraînent de lourdes responsabilités collectives ?

            Les mots de Zitouni veulent dire cela et rien d’autres. Au sein même de l’UOIF, il y a bien des gens sincères, des imams aussi, qui pensent peut-être comme Zitouni, mais qui ne disent rien. Au sein même des cadres enseignants au lycée, il y a des personnes qui expriment, peut-être en silence, les mêmes craintes, les mêmes objections mais qui comptent, peut-être, réussir un exploit impossible à mes yeux, d’un changement de l’intérieur. J’en connais certains. Mais le temps prouve que la « minorité », la même, empêche et empêchera toujours tout changement de direction ou de projet. Seule son idéologie compte. La référence à l’idéologie des « Frères Musulmans » est une ligne de démarcation éternelle que l’on peut dissimuler mais que l’on ne peut casser ou trahir sous aucun prétexte. Celui qui la remettra en cause en payera le prix le plus cher.

            Peut-être un jour viendra où cette masse silencieuse, complice par ailleurs, comprendra que lorsqu’une minorité idéologique est installée, c’est pour toujours. Les dirigeants de cette minorité, que dénoncent publiquement Zitouni et l’auteur de ces lignes aussi, ne quittent généralement un « carré musulman » que pour en occuper un autre. Soit au-dessus, soit en dessous. Et c’est à cela que faisait allusion Zitouni lorsqu’il parlait d’un territoire musulman sous contrat d’association avec l’Etat. Cela est une évidence. J’espère simplement que la communauté de foi ne perde pas ses acquis, ses édifices dans ce jeu de pouvoir et de domination, surtout en ces temps difficiles.

            L’Histoire nous enseigne que la disparition des acquis d’une majorité est souvent causée par les aveuglements d’une toute petite minorité. L’Histoire nous enseigne aussi les regrets qu’expriment, après coup, la majorité soumise lorsqu’elle ne sait plus assumer ses  devoirs de veille et de souveraineté sur elle-même. L’Histoire peut-elle se reproduire sous nos yeux à nouveau ? Zitouni a bel et bien fait son travail d’alerter, aux fidèles français musulmans maintenant d’en tenir compte, ou pas.

 


[1] http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/emissions/jt-1920-nord-pas-de-calais

[2] http://www.liberation.fr/societe/2015/02/05/pourquoi-j-ai-demissionne-du-lycee-averroes_1196424

[3] http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/080215/pourquoi-je-suis-engage-au-lycee-averroes

[4] http://havredesavoir.fr/vingt-principes-pour-comprendre-lislam/

[5] http://www.muslimshop.fr/livres/foi-et-spiritualite/initiation-a-l-islam/20-principes-pour-comprendre-l-islam-hassan-al-banna-mediacom-2-914175-31-0-p-2383.html

[6] http://www.uoif-online.com/equipe-de-direction/

[7] http://havredesavoir.fr/

[8] http://havredesavoir.fr/articles/histoire-de-lislam/hommes-et-femmes-illustres-de-lislam/

[9] http://www.saphirnews.com/Adieu-Cheikh-Faysal-Mawlawi_a12583.html

[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jamaa_Islamiya_%28Liban%29

[11] http://www.fioe.org/ShowCat_en.php?id=5&img=5

[12] http://iumsonline.org/fr/default.asp?MenuID=98

[13] https://www.ramf-uoif.fr/nos-intervenants/

[14] http://www.mosqueelille.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=521:vingt-principes-pour-comprendre-lislam&catid=1:articles&Itemid=29


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