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PJD Paris : Fatima, un profil radical protégé sous le voile ?

13 09 2017

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Par : Mohamed Louizi

1- Si vous voulez, passez directement aux paragraphes suivants !

Légalistes. Modérés. Pacifistes. Non-violents. Démocrates. Réformistes … Autant d’adjectifs qualificatifs sont attribués par des journalistes et des médias occidentaux aux Frères Musulmans, à leurs théoriciens, à leurs imams, à leurs militants et structures associatives et politiques, dans différents pays arabes, mais aussi dans d’autres pays américains et européens : la France, hélas, ne fait pas exception.

La puissante lessiveuse médiatique — lourdement noyautée par tant d’agents de communication, de chiens de garde, d’idéologues néo-collabos, d’universitaires amis des islamistes (François Burgat parmi d’autres), de chercheurs faussaires, de théoriciens islamisto-compatibles, issus d’une certaine gauche (tout comme d’une certaine droite) atlantiste et affairiste, en marche, ainsi que des chroniqueurs éditocrates, dont les noms figurent sur les petits papiers de certaines ambassades de monarchies pétrodollars, comme de monarchies tout court —  tente, tant bien que mal, de blanchir des organisations islamistes et de mettre sur leurs militants une couverture de sainteté, les disculpant de tout radicalisme jihadiste, théorique ou pratique, réserviste ou opérationnel.

Alors que certains, y compris des hommes politiques en exercice, et leurs conseillers, issus de certains think-tanks influents, dans la droite ligne du parti démocrate américain à l’époque du tandem pro-frériste Obama-Clinton, font du parti islamiste marocain le PJD (Parti Justice et Développement) — comme du parti islamiste tunisien Ennahda — un partenaire fréquentable et crédible, ils semblent refuser assurément de voir une autre réalité criante, pas si dissimulée que ça.

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On ferme les yeux et les oreilles. On s’interdit de voir le réel et d’entendre les alertes. On cultive le déni. On ne pense plus le vital républicain et sa sanctuarisation. On nomme (très) mal les choses. On serre les mains tachées de sang, au sens propre comme au sens figuré, des vieux leaders islamistes. On signe des contrats avec eux et avec leurs financiers au nom d’une realpolitik scandaleuse, prisonnière de ladite diplomatie du carnet de chèques et de ses cadeaux, privilégiant la santé économique de la balance commerciale, les profits de l’industrie de l’armement et la croissance des grands groupes, au détriment des valeurs humanistes universelles et de leurs exigences morales et civilisationnelles.

On invite des islamistes à Paris, à Marseille ou au Havre. On leur déroule le tapis rouge à Bordeaux, à Lille et à Lyon. On accepte leur invitation à Rabat, à Tunis ou à Doha. Et en même temps, dirait l’autre, on laisse libre-champ à leurs lionceaux et à leurs young leaders du Tamkine, rompus à toutes les déclinaisons connues et inconnues de la taqiya, pour diffuser tranquillement, en arabe comme en français, sur le territoire national et européen, les standards d’une idéologie-mère de toutes les ruptures, faisant l’apologie mortifère de la haine, l’éloge maîtrisé du terrorisme islamiste, sur fond d’antipathie viscérale  à l’égard de l’Occident, parce qu’il est Occident, et à l’égard de la France, parce qu’elle est France. Pendant ce temps-là, les islamistes avancent leurs pions et implantent leurs jalons.

Le cas de la jeune PJDiste Fatima en-Nehary, membre du bureau politique du PJD à Paris, très présente sur les réseaux sociaux et dans les activités politiques de son parti ainsi que dans les activités prosélytes de sa mouvance islamiste, échappant étrangement aux radars — à l’exception toutefois de ceux de la chaîne qatarie Al-Jazeera –, interroge, inquiète mais éclaire celui qui voudrait bien regarder au-delà des voiles. Pour les besoins du présent article, seuls quelques posts qu’elle a publiés après le 8 mars 2014, la date à laquelle elle a été élue membre du bureau PJD Paris, seront analysés : décryptage.

2- Fatima, nostalgique du temps califal ?

En effet, elle semble être plus que nostalgique au temps où l’islam califal conquérant, omeyyade, abbasside et ottoman, dominait totalement ou partiellement le bassin méditerranéen et ailleurs. Un jour, le 8 juillet 2015 — le jour de la publication d’un rapport sénatorial[1], post-attentat de Charlie Hebdo, pointant de sérieuses inquiétudes liées au repli identitaire au sein de l’Education Nationale (notamment à Lille) et menaçant la laïcité à l’école — elle a diffusé d’affilée, sur sa page Facebook, quatre posts nostalgiques en arabe, intitulés : « Lorsque nous étions musulmans … » :

La « sœur » Fatima en-Nehary semble envahie par l’envie revivre ces temps révolus où, écrit-elle, Mouawiyah, le fondateur de l’Empire Omeyyade, menaçait l’empereur byzantin de lui dépêcher une armée jihadiste interminable, pour lui trancher la tête. Ces temps révolus où, écrit-elle, le compagnon Khalid Ibn al-Walîd, surnommé dans la tradition canonique « l’épée d’Allah », menaça Khosrô (Kisrâ), le roi de Perse, en ces termes : « Convertis-toi à l’islam, tu seras sauvé ! Sinon, je te combattrais par une armée d’hommes, chérissant la mort comme vous chérissez la vie ». Ces temps révolus où, écrit-elle, « lorsque les bateaux de l’Empire Ottoman passait pas très loin des ports européens, les églises cessaient de faire sonner leurs cloches par crainte que le son retentissant de celles-ci ne puissent provoquer les musulmans, et que ces derniers ne décident de conquérir cette ville [chrétienne, ndlr] ». Ces temps révolus où, à la croire, la culture arabo-musulmane et la langue arabe dominaient le monde de la chrétienté, Rome comprise !

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3- Fatima et ses escarmouches anti-laïques …

Sur la page Facebook de la « sœur » Fatima en-Nehary, se présentant aussi comme « journaliste », pas étonnant de trouver des posts transpirant la haine des intellectuels (et des politiques), femmes et hommes, se déclarant humanistes laïques. Un jour, le 27 avril 2015, pour défendre son voile islamiste et en faire l’apologie, elle publia un post injurieux à l’égard de la romancière et l’icône du féminisme égyptien, l’octogénaire Nawal el-Saadawi. Pour ce faire, elle emprunta dudit « poète » frère musulman et jihadiste syrien, Anas al-Doghaim[2]-[3] (أنس الدغيم) de son nom, deux vers crapuleux s’attaquant au physique de la féministe en la traitant de « singe ». Je traduis le deuxième vers : « Qui a dit que le voile vous est obligatoire ? *** Mais quand a-t-on prescrit aux SINGES de se voiler ? ». Éthique musulmane, dites-vous ?

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Un autre jour, le 3 novembre 2015, elle mena une croisade contre six personnalités marocaines, intellectuelles et politiques, en mettant la tête de chacune d’elle sur l’un des six sommets de l’Etoile de David, que chérissent, bien sûr, les islamistes. La PJDiste Fatima en-Nehary rappela, en douze points en arabe, les revendications de ces personnalités qu’elle juge inadmissibles, depuis sa forteresse francilienne : liberté de ne pas jeuner le Ramadan, légalisation de l’avortement, l’abolition de la peine de mort, libertés sexuelles, l’égalité homme-femme en matière d’héritage, etc. Comme titre de son post, elle a choisi, je traduis : « Voici [les sommets de] l’hexagone qui dorment en rêvant d’une discorde générale au Maroc » !

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Ces personnalités marocaines désignées à la vindicte cybernétique sont : Driss el-Yazami (président du CNDH, le conseil national des droits de l’Homme), Ilyas al-Omari (secrétaire général du Parti authenticité et modernité), Nouzha Skalli (ex-ministre socialiste connue pour avoir proposé la légalisation de l’avortement au Maroc), Driss Lchgar (premier secrétaire du parti socialiste marocain, l’UFSP), Khadija Rouissi (députée parlementaire, militante des droits humains et pro-abolition de la peine de mort qui a été menacé de mort suite à sa position soutenant Charlie Hebdo) ainsi que l’intellectuel-militant Ahmed Assid !

4- Un appel au meurtre ?

Un mois plus tard, le 2 décembre 2015, la même Fatima en-Nehary a ciblé, à nouveau, l’intellectuel Ahmed Assid par un post, pour le moins criminel, dans le cadre de ce qui ressemblerait à une expédition menaçante coordonnée, conduite par « l’armée numérique » du PJD, organisé en network performant, entre le Maroc, la France et d’autres pays. Elle publia un photomontage crapuleux, pouvant être interprété pénalement comme un appel au meurtre, visant clairement l’intellectuel marocain Ahmed Assid :

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Dans ce photomontage, on y voit clairement, un marteau arrache-clou, prenant une planche en bois comme point d’appui, pour arracher un clou, dont la tête a été remplacée par celle de l’intellectuel Ahmed Assid. Sur l’image, on lit cette phrase on ne peut plus claire, je traduis : « un clou laïque venimeux qu’il faut arracher ». Et comme le photomontage ne la suffisait pas, Fatima en-Nehary rajouta ce texte en arabe, je traduis :

« De nombreux clous et goujons ont pénétré nos terres, sans qu’ils ne soient arrachés. Ils sont laissés y pénétrer davantage. Des clous comme lui [Ahmed Assid, ndlr], comme son amoureuse [Malika Mezzane, ndlr], comme des hommes politiques laïques, comme la prostituée qui a répandu la corruption au Maroc et qui, lorsque le peuple marocain s’est révolté contre elle, elle [l’actrice Loubna Abidar, ndlr] a fui vers la France, pour salir le pays qu’il la vu grandir. Je ne dirais pas le pays qu’il la éduqué car l’éducation est un concept qui renvoie à d’autres significations. Le Maroc se doit d’arracher ces clous de sa terre. Les citoyens marocains qui chérissent leur identité et leur religion musulmane n’en peuvent plus » !

La tête d’Ahmed Assid qui, plus est, demeure menacé de mort par l’Etat Islamique[4], est ainsi désignée impunément, certainement depuis une France toujours en état d’urgence, toujours en état d’urgence, par la PJDiste, à celui qui voudrait bien arracher la tête de cet intellectuel humaniste et laïque. N’est-ce pas criminel ? Que disent les codes Pénaux marocains et français ? Que dit l’arsenal antiterrorisme, au Maroc et en France, dans de telle situation ?

5- Réjouissance ou « apologie d’acte terroriste » ?

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Malgré ses propos, étrangement, Fatima en-Nehary, à l’image d’autres jeunes islamistes — dont les profils similaires fussent décortiqués ici même — ne semble pas inquiétée outre mesure, ni à Rabat, ni à Paris. Pour preuve, s’il en faut encore une, moins d’une semaine après l’assassinat de l’ambassadeur russe Andreï Karlov, par les tirs à bout portant du jeune policier turc Mevlüt Mert Altintas (22 ans), survenue le 19 décembre 2016, au Centre d’Art Moderne à Ankara, la PJDiste voilée, en mission à Paris, s’est réjouie publiquement de cet assassinat. Le 25 décembre 2016, elle a publié sur son compte Facebook le photomontage du jeune terroriste turc, l’index levé vers le ciel, devant les deux drapeaux turc et syrien, précédé de cette phrase : « Allah’ou Akbar [Dieu est grand, ndlr], Allah’ou Akbar, puisse la miséricorde d’Allah te comble, ô toi héros ♥ ! ».

Il faut se souvenir qu’à ce moment, la vague des réjouissances a traversé tout le réseau islamiste international, d’est en ouest, du nord au sud, sur les réseaux sociaux en particulier, soutenant les jihadistes syriens, parmi lesquels se trouvent des factions frérosalafistes ultra armées. L’entrée en guerre de la Russie dans ce conflit n’arrangeait pas leurs projections hégémoniques et a redistribué les cartes. Ce qui n’était pas, naturellement, au goût de l’axe Doha-Ryad-Ankara, de leurs alliés atlantistes et de leurs « armée numérique » (الجيش الإلكتروني) ultra réactive.

Un exemple de ce « festival » enchanté, suite à cet assassinat, le résume les propos d’une journaliste qatarie[5] sur son compte Twitter[6]. Elle s’appelle Elham Bader (إلهام بدر), membre du conseil d’administration de la chaîne qatarie Al Jazeera qui écrivait : « La Russie mérite le pire »[7] et « cette scène se répétera avec d’autres ambassadeurs de pays qui approuvent les crimes russes à Alep »[8]. Une menace. Plus clair que ça, tu meurs. Des islamistes PJDistes, à Rabat comme à Paris, n’étaient pas en reste.

D’ailleurs, c’est en raison des réjouissances similaires exprimées sur les réseaux sociaux, que des jeunes militants de ce parti islamiste, membre de « l’armée numérique » du PJD, furent arrêtés, jugés et condamnés, le 13 juillet dernier, à une peine d’un an de prison ferme par la justice marocaine, pour « apologie d’acte terroriste »[9]. La défense du PJD, qui ne nie pas la tenue de tels propos mais laisse entendre l’existence d’un vice de procédure, dit avoir fait appel de ce jugement. En attendant, le roi Mohamed VI a gracié ces jeunes islamistes[10], parmi d’autres. Ce qui ressemblerait à une volonté royale d’apaiser, par ce geste, les tensions que traverse le Royaume, notamment dans la région du Rif. Une amnistie pour espérer clamer les esprits et racheter une paix civile très compromise, aux portes sud de l’Europe, côté ibérique.

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Lorsque ces sept islamistes marocains étaient encore en détention, ils pouvaient compter sur le soutien de leurs frères et sœurs parisiens. Une certaine Fatima en-Nehary, la même, paraissait le samedi 27 mai 2017 à la tête d’une manifestation d’une petite dizaine de militants devant l’Ambassade du Maroc à Paris. Tout en minimisant la dangerosité de la réjouissance de ces islamistes, après l’assassinat du diplomate russe, elle a osé dire, je traduis : « Si nous étions dans un état démocratique et qu’un ministre avoue l’existence d’un vice de procédure, un tel état aurait présenté ses excuses à ces jeunes, et les aurait même indemnisé [pour préjudice subi, ndlr] »[11] ! D’ailleurs, pourquoi ne tiendrait-elle pas un tel discours alors qu’elle voit qu’en France, entre autres états démocratiques, la jeunesse islamiste des Frères Musulmans, en particulier, semble épargnée de toute poursuite judiciaire quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle écrive sur les réseaux sociaux ? Un fait.

6- Et le PJD glorifia ses héros !

Le jour de sortie de prison de ces jeunes PJDistes, admiratifs du terroriste turc Mevlüt Mert Altintas — dont certains, reprenant la propagande d’Erdogan, laissent supposer qu’il serait proche du mouvement guleniste, alors que des photos relayées par des sites arabes et anglais respectables plaident plutôt en faveur de ses proximités de l’AKP d’Erdogan[12] et révèlent, en plus, ses nombreux visites au Qatar peu de temps avant son passage à l’acte terroriste[13] –, ils furent reçus à la sortie de la maison d’arrêt de la ville marocaine de Salé, tels des héros revenant d’une expédition triomphante.

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Les PJDistes marocains, se présentant pourtant comme pacifistes, offraient du lait et des dattes, tradition marocaine oblige, à ces condamnés pour « apologie d’acte terroriste ». Pis, ils les ont décorés de colliers de fleurs comme on décore des champions. Lorsque la jeunesse PJDistes a tenu son congrès national en août dernier, en présence de la délégation du PJD Paris, ces condamnés, mais graciés par le roi, étaient célébrés encore une fois et sont montés sur l’estrade de « l’honneur » à côté d’un Benkirane, l’ex-premier ministre islamiste et de son successeur El-Othmani, tous les deux affichant un sourire plus que satisfait. Ce qui rappelle un fait similaire qui s’est passé, cette fois-ci à Tunis en 2016. Lorsque le parti islamiste Ennahda avait rendu hommage à ceux qu’il qualifia de « martyrs », lors de son 10ème congrès national — très suivi par une place médiatique parisienne envoutée — parmi lesquels se trouve le jihadiste Mehrez Boudagga, exécuté en 1987, « pour avoir commis des attentats terroristes contre des hôtels à Sousse et à Mounastir »[14]. Dans un cas comme dans l’autre, quels messages envoie-t-on ? La question reste posée.

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7- Une admiration pour le jihadiste Allouche ?

Quant à « l’enseignante » Fatima en-Nehary, elle semble poursuivre, imperturbable, son activisme islamiste à Paris, tant que cet état démocratique, c’est-à-dire la France, accepterait, y compris dans le cadre de l’état d’urgence, que l’on participe à relayer, sur les réseaux sociaux, la propagande jihadiste, à doses maîtrisées, l’appel au meurtre d’un intellectuel marocain, la réjouissance suite à l’assassinat d’un diplomate russe ou, il y a quelques mois, la veille de l’ouverture des négociations d’Astana pour la paix en Syrie, la photo d’un certain Mohammed Allouche (محمد علوش)[15], un frérosalafiste syrien, formé, dans les universités wahhabites en Arabie Saoudite et financé par son régime.

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Lors des négociations d’Astana au Kazakhstan, comme lors des négociations de Genève — jusqu’à son retrait[16] en mai 2016 — il représentait l’opposition et surtout ladite « rébellion syrienne armée » de part sa fonction jihadiste à la tête de « Jaïch al-islam » (جيش الإسلام) : « l’armée de l’islam ». Cette faction militaire qu’il a créée avec au moins un financement saoudien. Par conséquent, la publication de sa photo la veille des débuts des négociations syriennes sur la page Facebook de la PJDiste marocaine Fatima en-Nehary, exprimait-elle une adhésion ? Un soutien à peine voilé ? Une admiration ?

8- Peut-on espérer plus qu’une « cyber-taqiya » ?

Je crains que toutes ces révélations vérifiables n’aient aucun effet. Le soutien des islamistes à la candidature d’Emmanuel Macron est passé par-là. La confiance établie entre Edouard Philippe, le premier ministre, et le maire PJDiste de Tanger semble être des plus solides. Omar El-Mourabet, le chef de fil des islamistes PJDistes français a bel et bien bu le café de la concorde avec la sénatrice LREM, la franco algérienne Bariza Khiari, soutien de Macron, à moins de 48 heures seulement du premier tour. Omar el-Mourabet n’at-il pas écrit « Macron Président », le dimanche du premier tour ?

Tout ce qui risquerait de se passer, serait que ces islamistes, qui désormais se savent surveillés, purgent (ou ferment temporairement) leurs comptes Facebook problématiques. Une « cyber-taqiya », comme la nomme mon ami David Vallat, est déjà en cours. Omar el-Mourabet tout comme Fatima en-Nehary ont fermé, chacun, une page Facebook[17]. Quant à Ahmed Azough, qui occupait le poste de secrétaire local du PJD Paris, il a modifié la présentation de son compte. Ce dernier ne s’appelle plus « Ahmed Azough ». Il a choisi de le nommer, cette fois-ci, en arabe : أحمد إبراهيم (Ahmed Ibrahim) !

9- ADN de la violence

Légalistes ? Modérés ? Pacifistes ? Non-violents ? Démocrates ? Réformistes ? Les preuves contraires s’accumulent. Y compris au fief historique des Frères musulmans, l’Égypte, des groupes jihadistes, comme l’organisation violente HASAM[18], ont vu le jour après la chute de Morsi, pour faire la peau à ceux qui les ont contestés et délogés. Déjà à leur compteur, de nombreux attentats terroristes et assassinats politiques peuvent être énumérés. Aussi, en Tunisie, les tartufes islamistes ne semblent convaincre que des journalistes occidentaux, français en l’occurrence. Quant aux tunisiens, ils ont compris depuis bien longtemps, que les Frères musulmans muent, au gré des opportunités, mais ne changent jamais. La violence chez eux, relève de l’ADN idéologique non-modifiable.

Comment les tunisiens peuvent-ils penser autre chose alors que le leader du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, considère les jihadistes de l’État Islamique comme étant l’expression d’un « islam en colère »[19] ? Celui-là même qui a pleuré la mort d’Oussama Ben Laden[20] ? Celui-là même qui, en reprochant à Al-Qaïda uniquement son « Minhaj » (sa méthode), n’a pas hésité en 2012, à demander, en catimini, « à des visiteurs salafistes de faire preuve de « patience » et de « sagesse », le temps que les islamistes puissent imposer leur pouvoir aux laïcs »[21] !

Sur la place médiatique parisienne, comme au sein de certains prétoires, des universitaires amis des islamistes, expliquent que les Frères musulmans sont fréquentables car démocrates et pacifiques. Ils iront même jusqu’à dire que la radicalisation islamiste, générant des attentats ici où là, n’est que le produit des conditions socioéconomiques et de la persécution dont ils seraient la cible. Ils iront jusqu’à confirmer que les actes terroristes ne sont pas l’expression de la radicalisation d’un certain islam, l’islam politique et califal, mais de l’islamisation de la radicalisation de quelques déséquilibrés psychopathes.  Jamais, ces « experts » intéressés, ne pointent le dessein idéologique tamkiniste supranational qui coordonne toutes les actions de toutes les factions complémentaires. Ils sont amis avec les islamistes. Une telle amitié génère naturellement des devoirs, de part et d’autre.

10- Il est temps de dire bye bey !

Le cas de la PJDiste Fatima en-Nehary tranche avec le profil d’une jeune précaire et déséquilibrée. En étant « journaliste » et « enseignante », résidente en France depuis presque dix-sept ans, comme elle le revendique, avec de hautes responsabilités politiques au sein du PJD, elle ne souffre visiblement d’aucune exclusion sociale ou économique. Qu’est-ce qui reste alors ? L’idéologie et le projet.

Cependant, malgré les preuves qui s’accumulent, une « icônisation » et une « starisation » en règle est toujours en cours, au sein de quelques médias. Même si cela peut être déjà observé ici ou là, des activistes frérosalafistes, sœurs et frères, et d’autres nouveaux « acteurs » au profil sous-marin, sont désormais présentés comme étant fréquentables. Ils sont repositionnés sur de nombreux créneaux, médiatiques et économiques, y compris sur le nouveau créneau de la réforme, tels des piliers. Plus encore, certains sont décorés par l’État. D’autres le seraient bientôt. La puissante lessiveuse médiatique ne prend pas le temps, par dogmatisme ou par cynisme, d’interroger les incohérences, passées et présentes, ou de déceler les fourberies, ou de démasquer les tartufes ou de faire tomber bien des voiles opaques. Elle avance, écrase la vérité des faits et crie aux « fakenews » !

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Dans son sillage, les islamistes plantent leurs jalons. Ces « Jalons sur la route » islamiste que préconisait Sayyid Qotb, en son temps, à ses frères et sœurs et qui balisent désormais le chemin sanguinaire de l’Etat Islamique. Ces mêmes jalons qui ont transformé la vie d’un certain Abdelilah Benkirane, premier secrétaire du PJD, briguant un troisième mandat, qui, en juillet 2015, alors chef du gouvernement de Sa Majesté, avait accordé une interview au magazine marocain Zamane, dans lequel il avoue, je traduis : « Lorsque j’ai lu, durant une seule nuit, l’intégralité du livre « Jalons sur la route » de Sayyid Qutb, je suis devenu une autre personne et j’ai entamé ma deuxième vie ». Benkirane peut quitter la scène politique marocaine tranquillement. Sa relève islamiste à Rabat comme à Paris, qui lui reste toujours fidèle, poursuit le chemin.

5

Notes 

[1] Lire ici : http://www.20minutes.fr/lille/1648567-20150708-lille-problemes-entre-laicite-religion-pointes-rapport-senatorial

[2] https://twitter.com/anasaldogheim?lang=fr

[3] https://www.facebook.com/anasdoghem

[4] Lire en arabe ici : http://www.hespress.com/orbites/258906.html

[5] Lire ici en anglais : https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/qatari-journalist-russian-ambassador-shooting-dead-deserved-syria-crimes-air-strikes-andrei-karlov-a7486321.html

[6] https://twitter.com/ELHAMBADER1/media

[7] https://francais.rt.com/international/30921-depute-ukrainien-qualifie-heros-assassin-ambassadeur-russe-turquie

[8] https://francais.rt.com/international/30921-depute-ukrainien-qualifie-heros-assassin-ambassadeur-russe-turquie

[9] http://www.huffpostmaghreb.com/2017/07/14/apologie-terrorisme-verdict-_n_17483710.html

[10] http://www.huffpostmaghreb.com/2017/07/29/grace-royale-pour-les-detenus-du-hirak-et-du-pjd_n_17628238.html

[11] https://al3omk.com/180374.html

[12] Lire en arabe ici : http://www.alalam.ir/news/1899770

[13] http://en.alalam.ir/news/1902831

[14] http://www.leconomistemaghrebin.com/2016/05/25/photo-mehrez-boudagga-declenche-polemique-arp/

[15] http://www.france24.com/fr/20170124-syrie-astana-mohammad-allouche-chef-delegation-rebelle-negociation-paix-syriens-islamiste

[16] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160530-syrie-demission-mohamed-allouche-negociateur-opposition-geneve

[17] https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10214495410523969&set=a.1146334983496.113389.1381176366&type=3&theater

[18] http://mlouizi.unblog.fr/2016/12/14/jihadisme-freriste-si-vous-avez-aime-le-hamas-vous-allez-adorer-le-hasam/

[19] http://www.huffpostmaghreb.com/2016/10/17/rached-ghannouchi-etat-is_n_12521310.html

[20] https://www.youtube.com/watch?v=Li813shKiDw

[21] http://www.france24.com/fr/20121011-tunisie-rached-ghannouchi-islamisme-salafistes-video-laics-polemique-ennahda


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Une réponse à “PJD Paris : Fatima, un profil radical protégé sous le voile ?”

  1. 14 09 2017
    Alhabachi (12:07:19) :

    Une véritable démonstration ponctuelle visant, si j’ai bien compris, à nous alerter sur un « cas d’utilisation » de la mouvance FM. Fatima est un exemple parmi d’autre, qui témoigne par ses propres traces, à tel point l’islam politique n’est pas véridique quand il prétend les qualificatifs, « légaliste », « modéré » etc.
    Il est ainsi nécessaire d’identifier le mal à la racine, ensuite le décrire tel qu’il est, et analyser sa photosynthèse. La maison mère est l’idéologie, elle doit être décortiquée dans son ensemble, et les islamistes à travers les ages, serviront simplement d’exemples comme cas d’utilisation dans leur espace-temps.
    L’humanisme consiste, entre autre, à tenir en considération que l’être humain est relativement faible, et il peut, facilement être victime de ses propres sentiments, telle est l’expérience d’une certaines jeunesses, intellectuellement prise en otage, par un appel spécifique qui réveille en elle, toutes l’énergie émotionnelle, souvent aveugle et incontrôlable.
    Si une telle littérature éclairée prend le dessus et trouve sa place dans l’univers dit islamique, alors il y a espoir et avenir!
    Merci infiniment pour le courage exceptionnel dont tu fais preuve d’exception!
    Que Dieu te protège!

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