« Bêtes » … soumission !

23092010

 

Par Mohamed LOUIZI

 

 » … J’ai vu le bébé boire le lait de l’esclavage au sein de sa mère, et les enfants apprendre la soumission avec leur alphabet … »

GIBRAN KHALIL GIBRAN

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L’une des définitions connues du mot « islam » est « soumission ». En 1993, alors âgé de 15 ans, je participais à des cercles d’instruction religieuse, au sein d’un mouvement islamique marocain, lorsque mon éducateur m’a apprit que le mot « islam » venait du verbe arabe « aslama » « اسلم« , qui veut dire, entre autres, « se soumettre ».

En voulant appuyait sa définition par un exemple concret, il disait que lorsque l’arabe bédouin d’antan, en parlant de sa « bête », disait  « أسلمت الدابة » – aslamati ad-dabah – cela voulait dire que sa bête se soumet à ses ordres sans hésitation, la tête basse. D’où, le mot « islam » voudrait dire, à en croire les références respectables de mon éducateur, « la soumission totale, absolue, complète et sans hésitation à l’ordre de Dieu » !

Soit … Mais il se trouve aussi qu’on nous apprenait, en même temps, que cette soumission est loin d’être limitée à Dieu. Ses ramifications sont pour le moins très  nombreuses, à tel point qu’il deviendrait tout à fait légitime de se demander ce qui reste réellement de la dignité de … « la bête » ?   

En effet, cette soumission doit être observée, quasiment au même degré, à l’ordre du prophète. Puis, et par extension, il faut témoigner de la même attitude vis-à-vis de ses compagnons, de sa famille, de ses rapporteurs, de ses exégètes, de ses successeurs, des successeurs de ses successeurs, de son calife, sa majesté le  roi, de l’entourage de sa majesté, du cheikh appuyant les décisions de sa majesté, du harem de sa majesté, de l’instituteur dans l’école de sa majesté, de l’imam dans la mosquée de sa majesté, du juge dans le tribunal de sa majesté, du policier dans le commissariat de sa majesté, du percepteur des impôts et taxes du peuple soumis pour le compte de sa majesté … Sans parler d’autres variantes de la soumission que l’on doit témoigner à l’égard des parents, des grands-parents, des personnes âgées … et j’en passe !

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A la différence de « la bête » qui a le bonheur – il faut le reconnaître – de n’avoir qu’une seule autorité : Son bouvier, le « musulman conventionnel », quant à lui, doit passer ses heures en état de soumis parmi les soumis, la tête basse et la bouche cousue, à s’asservir  encore et toujours, au nom de Dieu, et simultanément à toutes ces autorités rassemblées … au risque du châtiment et de la réprobation !

Cet été, quelque part au Maroc, je suis allé accomplir la prière du vendredi à la mosquée du village. L’imam se dressa au-dessus de sa tribune à trois marches. Le silence régna d’un coup annonçant le début d’un discours portant sur le thème des bienfaits de l’obéissance et de la soumission. Après une longue introduction – dont la formulation même n’est, en vérité, que la soumission « linguistique » de l’imam à  une certaine rhétorique formulée par les ancêtres – celui-ci  rappela à l’assemblée des fidèles, et pour la énième fois sans nul doute, le sens du mot « islam » tout en sollicitant le fameux exemple de « la bête » qui se soumettait à son maître, l’arabe bédouin d’antan, sans hésitation et la tête basse ! Les mêmes mots, les mêmes définitions, le même exemple … à croire que pour approcher le sens du mot « islam », il faut nécessairement évoquer une facette du comportement animal !

Les gens, en majorité de pauvres agriculteurs usés, qui écoutaient son discours, savaient au fond d’eux mêmes – puisqu’ils sont au quotidien au contact des animaux – que « la bête », malgré quelques apparences peu drôles, sait revendiquer son droit à manger à sa faim, à boire et à s’accoupler, lorsque eux-mêmes sont incapables de contester leurs conditions de vie misérables. Bien au contraire, ils sont appelés, par l’imam lui-même, d’accepter cet état de fait, tel un destin, et à se soumettre au souverain même lorsque ses politiques s’égarent de l’esprit de la justice sociale et économique. Car, selon un « hadith« , celui qui se soumet à l’ordre de sa majesté, se soumet en vérité à l’ordre du prophète, et celui qui se soumet au prophète, se soumet par extrapolation à l’ordre de Dieu. En shuntant le prophète, cela reviendrait à dire que se soumettre au souverain – l’ombre de Dieu sur la terre ! – c’est être bon « musulman » aux yeux de Dieu.  Ces pauvres gens invoquent le Seigneur pour qu’Il protège le souverain, « le berger » comme il est désigné dans un autre « hadith« , et pour lui accorder … longue et heureuse vie … Amen!       

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La nuit tomba. En contemplant le ciel dégagé, j’ai murmuré d’une manière peu conforme : Dieu a-t-il vraiment besoin de « bêtes » soumises pour se sentir … Dieu ? Pourquoi a-t-il créé l’Homme, doué de facultés intellectuelles incroyables, de capacités créatrices extraordinaires, si c’était pour lui imposer, en fin de compte, un seul choix … ou bien l’Enfer ? Pourquoi l’a-t-il créé, si c’était simplement pour rendre sa vie épouvantable par ce nombre astronomique – à en croire les recueils des hadiths et de la jurisprudence dite islamique – d’obligations, de contraintes, d’interdits et de limites sans limites ? Comment est-ce logique de vanter la liberté, chère au Coran, et de témoigner en même temps, d’une « servitude volontaire », telles des « bêtes » décérébrées  à l’égard de toutes ces autorités mondaines ?

Soudain, le braiment de l’âne de notre voisin a coupé le fil de mes réflexions « impies », aux yeux de certains pieux. Je me suis dis, au moins lui, même attaché au moyen d’une corde solide, sait exprimer ses sentiments et ose revendiquer, à haute voix, ses droits et ses désirs … Et tant pis, après tout, si sa voix est jugée horrible par le Coran lui même !

Septembre 2010







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