Le jihad des minarets

18112021

DILEM-ALLAH-AKBAR

Par : Mohamed LOUIZI

fichier pdf Jihâd des minarets – Mohamed LOUIZI

L’appel à la prière islamique – dit «Adhân» (أذان) en arabe et qui annonce le début du temps de la prière – ne peut être comparé au son des cloches des églises. Physiquement, le son d’une cloche est une succession d’ondes sonores, de vibrations, de fréquences hertziennes. Contrairement à l’amplificateur de son d’une mosquée, avec ou sans minaret, la cloche d’une église n’émet aucun mot, ne récite aucun texte, ne martèle aucune idée. Elle émet différentes notes et sonneries musicales reconnues par la masse des fidèles qui savent différencier l’Angélus du Tocsin, le Glas de la Volée tournante. L’appel à la prière musulmane, l’Adhân quant à lui, est d’abord un texte, une communication délibérément verbale qui exprime, dans la répétition et cinq fois par jour et nuit, la profession de foi d’une «religion» où les frontières entre le spirituel et le temporel, entre le public et le privé, sont quasi inexistantes. L’Adhân, même psalmodié, annonce les constances dogmatiques froides d’une idéologie de conquête. Quand l’islamologue allemand, Mathias Rohe, considère que «oui, nous pouvons  mettre le son des cloches et l’Adhân sur un pied d’égalité»[1], il se trompe en comparant l’incomparable. 

Aucun verset du Coran ne fixe la formule connue de l’Adhân. Aucun ordre formel de Mahomet – je parle ici du Mahomet fantasmé de la tradition bigote – n’en exprime le contenu verbal en vigueur chez les sunnites comme chez les chiites. La légende raconte que lorsque Mahomet et ses compagnons furent exilés et installés à Médine à partir de l’année 622, et eurent construit une mosquée (sans minaret), ils cherchèrent un moyen de communication pour alerter les fidèles de l’heure des offices rituels. Après discussion, ils ont rejeté toutes les suggestions proposant comme moyens d’alerte d’agiter un étendard par-dessus une colline ou d’allumer un feu, sous prétexte que les personnes se trouvant à l’intérieur de leurs demeures ne pouvaient voir ces avertisseurs visuels muets. L’hostilité primaire à l’égard des Juifs et des Chrétiens les a empêchés d’emprunter leurs modes sonores d’appel à la prière. Hors de question d’utiliser le shofar des Lire la suite… »




Le masque de la tyrannie

10082021

Tyrannie-Richard-Malka

Par : Mohamed Louizi 

 « Après l’élection des Aztrides, la mesure la plus décriée du nouveau régime fut le port obligatoire du cache-visage. Il s’agissait de la pierre angulaire de leur programme. Une nécessité pour créer un homme nouveau. Cette mesure enseignerait aux adultes en formation la soumission de l’égo et l’oubli de soi au bénéfice du collectif. Le futur citoyen aztride apprendrait ainsi à se fondre dans une société harmonieuse protégée du narcissisme et de l’individualisme, pires ennemis des humains et des peuples. Il s’agissait aussi de promouvoir l’égalité homme/femme, car les masques étaient asexués. »[1]

Ainsi parla le narrateur du premier roman de Richard Malka, Tyrannie, paru chez Grasset en janvier 2018. Ce récit bouleversant, visionnaire mais réaliste raconte le chemin de croix d’un pédiatre, Oscar Rimah, qui s’est opposé, à ses dépens, au port du masque en public, imposé « aux adolescents, entre quatorze et dix-huit ans »[2] par l’aztrisme : ce nouveau régime totalitaire dont la devise est « Transparence – Vertu – Humilité »[3], élu « démocratiquement » dans un pays proche de l’Europe et qui prône la pureté. Le pédiatre, père de deux enfants, avait, dans un premier temps, dénoncé dans un article cette obligation totalitaire qui provoque des « troubles mentaux sur le développement physique des petits. »[4]

Après l’élection du tyran Isidor Aztri, le pédiatre s’est vu attribuer un prix par une société de pédiatres finlandais et il est devenu un symbole de résistance. Le tyran, lui, y voyait plutôt une occasion de donner une « caution scientifique » à son idéologie liberticide. Ses services ont usé de la carotte et du bâton. Ils ont tenté d’acheter sa Lire la suite… »




« De grâce, pas d’amalgame ! »

23102020

VOILE-CREIL-1989

Parti pris : Mohamed LOUIZI

Après chaque attentat islamiste, « nous », c’est-à-dire la frange la plus engagée sur le terrain religieux et la plus revendicative parmi les Français de confession musulmane, sommes « victimes » d’amalgames de tout genre. Cela « nous » fait mal, très mal. La menace que nous exagérons à dessein plane au-dessus de nos têtes. Nous craignons pour nos vies. Notre quotidien est un enfer. Nous dormons mal la nuit. Nous digérons mal la nourriture. Nous souffrons le martyre devant nos écrans à chaque fois que l’on parle de l’islam politique et de l’islamisme. Heureusement, la chaîne qatarie Al-Jazeera est là pour nous aider à nous évader, à nous armer contre l’adversité et contre l’islamophobie de l’Etat Français. Heureusement, la chaîne saoudienne Iqraa est là aussi par ses psalmodies pour nous consoler, par ses chants religieux pour nous bercer, par ses exhortations pour nous promettre le paradis éternel. Nous nous sentons dans le viseur de la société et de l’Etat français, on ne sait pour quelle raison. Comprenez bien que vos « attaques » verbales contre les islamistes, quand ceux-là vous attaquent par balles, cela nous fait très mal. De grâce, pas d’amalgame !

S’il est vrai que nous refusons l’étiquette « islamiste », nous sommes conscients que sans nous, sans notre aide depuis les années 70 et 80, les islamistes ne pouvaient exister, du moins, ils ne pouvaient se sédentariser irrévocablement sur le territoire français. Pour la petite histoire, nous nous souvenons du jour où des jeunes étudiants frérosalafistes avaient fui leurs pays d’origine, après avoir déclaré la guerre aux régimes politiques en place. Des régimes jugés « mécréants » par ces jeunes barbus fuyards. Parmi ces étudiants islamistes, il y avait des Syriens qui avaient pris part à de nombreux actes criminels et attentats contre le régime de Hafez el-Assad. Il y avait des Egyptiens Frères musulmans qui avaient fui l’Egypte et sa justice après l’assassinat d’Anouar el-Sadate. Il y avait des Tunisiens takfiristes qui avaient provoqué la riposte du régime laïque de Bourguiba. Il y avait des Marocains qui avaient quitté le royaume après l’assassinat du socialiste Omar Benjelloun par un islamiste. Il y avait des Algériens, des Irakiens, des Libyens, des Jordaniens, des Soudanais. Ils sont venus en France, terre d’asile, sans rien dans la poche, un sac de vieux vêtements à la main. Nous les avons Lire la suite… »







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