Robert Fisk: Et nous nous demanderons pourquoi ils nous haïssent ?

8012009

Par Robert Fisk*

(The Independent – 7/01/2009)

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Une fois encore, Israël a ouvert les portes de l’enfer pour les Palestiniens. Quarante morts civils réfugiés dans une école des Nations Unies, et trois encore dans une autre école. Pas mal pour une nuit de travail dans la bande de Gaza pour l’armée qui croit en la « pureté des armes ». Mais pourquoi devrions-nous être surpris ?

Avons-nous oublié les 17500 morts – presque tous des civils, la plupart des enfants et des femmes – de l’invasion du Liban par Israël en 1982 ; les 1700 civils palestiniens morts dans le massacre de Sabra et Chatila ; le massacre à Qana en 1996 dans une base des Nations unies de 106 civils réfugiés libanais , dont plus de la moitié étaient des enfants ; le massacre des réfugiés de Marwahin en 2006, à qui Israël avait ordonné de fuir, et qui ont été tués par un hélicoptère israélien ; les 1000 morts de 2006 durant les bombardements et l’invasion du Liban, dont la quasi-totalité étaient des civils ?

Ce qui est étonnant, c’est que de nombreux dirigeants occidentaux, de nombreux présidents et premiers ministres et, je le crains, de nombreux rédacteurs en chefs et journalistes, ont cru à ce vieux mensonge qui dit que les Israéliens prennent grand soin d’éviter les pertes civiles. « Israël fait tous les efforts possibles pour éviter les pertes civiles », avait déclaré un ambassadeur d’Israël quelques heures seulement avant le massacre de Gaza. Et chaque président et Premier ministre qui a utilisé ce mensonge comme prétexte pour éviter un cessez-le-feu a désormais sur les mains le sang du massacre de la nuit dernière. Si George Bush avait eu le courage de demander un cessez-le-feu immédiat 48 heures plus tôt, ces 40 civils, personnes âgées, femmes et enfants, seraient en vie.

Ce qui s’est passé n’est pas seulement honteux. C’est une infamie. Est-il excessif de le qualifier de crime de guerre ? C’est pourtant ainsi ce que nous nommerions cette atrocité si elle avait été commise par le Hamas. C’est bien un crime de guerre, j’en ai peur. Après avoir rendu compte en tant que journaliste de tant de massacres perpétrés par les armées du Moyen-Orient – par les troupes syriennes, par les troupes irakiennes, par les troupes iraniennes, par des soldats israéliens – je suppose que ma réaction devrait être le cynisme. Mais Israël affirme qu’il mène notre guerre contre le « terrorisme international ». Les Israéliens prétendent qu’ils se battent dans la bande de Gaza pour nous, pour nos idéaux occidentaux, pour notre sécurité, pour nos valeurs. Et nous sommes également complices de cette barbarie qui s’est abattue sur Gaza.

J’ai déjà écrit que les excuses données par l’armée israélienne avaient déjà servi par le passé pour ces atrocités. Puisqu’elles pourraient bien resurgir dans les prochaines heures, en voici quelques-unes : ce sont les Palestiniens qui ont tué leur propre réfugiés ; les Palestiniens ont exhumé des corps de cimetières et les ont disposés dans les ruines ; en fin de compte ce sont les Palestiniens qui sont à blâmer car ils ont soutenu une faction armée ; les combattants Palestiniens utilisent délibérément des réfugiés innocents comme couverture.

Le massacre de Sabra et Chatila a été commis par les alliés d’Israël, l’extrême-droite phalangiste libanaise, sous les yeux des troupes israéliennes qui n’ont pas réagi pendant 48 heures, comme la commission d’enquête israélienne l’a révélé. Quand Israël en a été blâmé, le gouvernement de Menachem Begin a accusé le monde entier de diffamation. Quand l’artillerie israélienne a tiré des obus sur la base des Nations Unies à Qana en 1996, les Israéliens ont affirmé que des hommes en armes du Hezbollah avaient également trouvé refuge dans la base. C’était un mensonge. La responsabilité des 1000 victimes de la guerre de 2006 – qui a débuté lorsque le Hezbollah a capturé deux soldats israéliens à la frontière – a tout simplement été rejetée sur le Hezbollah. Israël a prétendu que les corps des enfants tués dans le deuxième massacre de Qana pouvaient avoir été exhumés d’un cimetière. Encore un mensonge. Le massacre de Marwahin n’a jamais fait l’objet d’excuse. Les gens du village ont reçu l’ordre de fuir, ont obéi aux ordres israéliens et ont ensuite été attaqués par un hélicoptère de combat Israélien. Les réfugiés ont pris leurs enfants et les ont installés autour du camion dans lequel ils voyageaient, pour que les pilotes israéliens puissent voir que c’étaient des civils innocents. Mais l’hélicoptère, volant très près, les a abattu. Seuls deux ont survécu, en simulant la mort. Israël ne s’est même pas excusé.

Douze ans plus tôt, un autre hélicoptère israélien a attaqué une ambulance transportant des civils d’un village voisin – de nouveau, après avoir reçu l’ordre par Israël de quitter les lieux – et a tué trois enfants et deux femmes. Les Israéliens ont affirmé qu’un combattant du Hezbollah se trouvait dans l’ambulance. C’est faux. J’ai couvert l’ensemble de ces atrocités, j’ai enquêté sur chacune d’entre elles et parlé aux survivants. De même qu’un certain nombre de mes collègues. Avec pour résultat, bien sûr, de se voir accusé du pire des crimes : l’antisémitisme.

Et j’écris ce qui suit sans éprouver le moindre doute : nous allons entendre une fois encore tous ces mensonges scandaleux. Nous blâmerons le Hamas – Dieu sait pourtant qu’il y a suffisamment de reproches à lui faire sans y ajouter ce crime. Nous entendrons peut-être aussi le mensonge des cadavres venant d’un cimetière. Nous aurons pratiquement à coup sûr le mensonge du Hamas qui était dans l’école de l’ONU. Et nous aurons très certainement le mensonge de l’accusation d’antisémitisme. Et les phrases creuses de nos dirigeants qui rappelleront au monde que c’est le Hamas qui à l’origine a rompu le cessez-le-feu. Ce n’est pas vrai. C’est Israël qui l’a rompu en premier le 4 novembre, lorsque ses bombardements ont tué six Palestiniens dans la bande de Gaza, puis de nouveau le 17 novembre quand un autre bombardement a tué quatre autres Palestiniens.

Oui, les Israéliens ont droit à la sécurité. Les vingt Israéliens qui sont morts en 10 ans à proximité de la bande de Gaza forment en effet une triste statistique. Mais 600 Palestiniens sont morts en un peu plus d’une semaine, des milliers au fil des ans depuis 1948 – lorsque le massacre israélien de Deir Yassin a contribué à mettre en branle l’exode des Palestiniens de cette partie de la Palestine qui est devenue Israël. Tout cela est d’une toute autre ampleur. Cela ne ressemble pas à un affrontement sanglant comme le Moyen Orient en est coutumier, mais à une atrocité de l’ampleur de celles des guerres des Balkans dans les années 1990.

Mais bien évidemment, lorsqu’un Arabe, en proie à une fureur totale, ressentira contre l’Occident une colère aveugle et incendiaire, nous dirons que cela n’a rien à voir avec nous. Pourquoi donc nous haïssent-ils, allons-nous nous demander ? Ne prétendons pas que nous ne connaissons pas la réponse.

* Robert Fisk : Correspondant de The Independent au Moyen Orient

Source et traduction : Contre info




Si tu portes la main sur moi pour me tuer, je n’en ferai pas de même !

7012009

Par Mohamed LOUIZI

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« Si tu portes la main sur moi pour me tuer, je n’en ferai pas de même … » telle était la réponse, selon le Coran, d’Abel à Caïn après que ce dernier ait menacé de tuer son frère : à méditer !

En effet, la violence n’est jamais une bonne réaction face à la violence, bien au contraire. Une réponse violente, à une violence subite, ouvre le chemin, immédiatement ou après un court délai de préparation, à de nouvelles violences … et ainsi de suite.

Pour affirmer cela, il suffit simplement de relire l’histoire des conflits qui ont rythmé, hélas, la présence humaine sur Terre. Certains historiens nous disent aujourd’hui, que l’histoire de l’humanité n’est rien d’autres que l’histoire de ses guerres : treize ans de guerres pour seulement un an de trêve !

Ce qui veut dire exactement que depuis Abraham, qui prônait jadis la paix, il y a environ 4000 ans, l’humanité s’est entretuée dans des guerres sanglantes pendant 3718 années et  elle s’est occupée, pendant les 282 années qui restaient, à soigner ses blessures, à compter et enterrer ses morts et bien sûr, à se préparer pour baigner à nouveau … dans les larmes et dans le sang : attention, une guerre peut en cacher une autre … un constat amer sans doute !

L’amertume se rajoute à l’amertume lorsque l’on constate que les artisans de bon nombre de ces guerres étaient, et sont, les héritiers présumés d’Abraham ; fils et petits-fils de Isaac et de Ismaël … quel gâchis !

Abraham serait-il fier de sa descendance 4000 ans après ? Je ne le pense pas. Son message a été  vidé de tout sens humain. Sa leçon de paix n’est pas encore retenue, tout comme celle d’Abel. Ses enfants préfèrent jouer encore à la mort, et refusent toujours de célébrer la vie !    

Gaza n’est donc qu’un épisode dans ce jeu abominable, qui a commencé un jour, et qui semble s’installer pour toujours : Je te tue, tu me tues en nous déclarant la guerre … le premier qui périra, sera le martyr … mais quelle horrible chanson !

Hélas, le bout du tunnel n’est pas encore visible. A son obscurité consistante se rajoute de nombreux rideaux de fumées, rendant la visibilité presque impossible, que dégagent la diplomatie mensongère, la désinformation assurée par certains médias aliénés – auxquels nous payons toujours une redevance comme de bons citoyens, les discours de propagande politico-religieuse  et les cris de colère, et parfois de haine, qui retentissent de part et d’autres, et qui masquent les vrais cris … les cris innocents … les cris sincères de tous ses enfants en bas âge, qui n’ont pas choisi de naître là-bas, il y a quelques jours, et qui n’ont pas choisi non plus de mourir là-bas … aujourd’hui ! 

Sortir de ce jeu infernal, en brisant d’abord la spirale de la violence dans les têtes, avant de le faire sur les terrains, de manière consciente, volontaire, unilatérale, désintéressé, et avec ou sans réciprocité, me semble une première condition pour espérer construire la paix. Un travail profond sur soi, concernant cette question, cela me paraît plus qu’indispensable.

Célébrer la sacralité de la vie – en dehors de toute considération religieuse ou ethnique – et redécouvrir la suprématie de celle-ci sur toute autre chose supposée sacrée, permettra à tous ces gens séduits par la monstruosité des conflits guerriers de comprendre que toute vie humaine, quelle qu’elle soit, mérite d’être et d’exister dignement. Et que ses droits doivent être protégés au nom de la vie et au nom de l’humanité qui nous habite.

S’engager socialement, pour promouvoir la paix entre humains par divers moyens et outils, constitue de ce point de vue, une priorité pour celles et ceux qui sont avides de voir renaître notre humanité authentique, après l’avoir fait débarrasser de tous ses penchants violents.

Utopie ? Certainement pas ! Il s’agit simplement des appels à la paix lancés autrefois par Abel,  Abraham, Moïse, Jésus, Mohammad et par bien d’autres hommes et femmes de sagesse, de toutes les philosophies, de toutes les traditions et de toutes les cultures, dans lesquelles j’atteste une foi profonde. Des appels qui sont désormais inaudibles, à cause de tous ces bruits assourdissants, émis et amplifiés, entre autres, par certains médias tendancieux, par des religieux apocalyptiques  et par des mercenaires de guerre, sans foi ni loi !

Croire en cela est certes nécessaire, mais pas suffisant. Le manque de moyens et d’alternatives non-violents reste le premier handicap de cette magnifique voie du salut. Cependant, l’addition de toutes les intelligences animées par cette espérance pacifique sera, sans doute, porteuse d’espoir, d’imagination et de solutions. Mais faut-il encore que toutes ces intelligences s’organisent davantage pour qu’elles soient à la fois audibles, lisibles et visibles ?

En attendant que la question de sauver l’humanité toute entière des guerres, soit enfin posée de manière correcte et sincère au sein des sphères politiques nationales et internationales, des écoles, des lieux de culte et des plateaux de télévision, il faudra continuer à penser l’avenir de notre condition humaine tout en multipliant, à présent, les initiatives qui donnent la vie et bannir, en même temps, toutes celles qui peuvent la détruire.

Une idée qui m’est venue à l’esprit en écrivant cet article me paraît plus que symbolique. Il s’agit de se rendre à l’établissement de don de sang le plus proche, pour donner son sang et donner ainsi la vie : Chaque jour, 8800 dons de sang sont nécessaires en France. Ainsi, la vie sera célébrée au moment même où les misérables petits-fils d’Abraham continuent à jouer à la mort, dans une guerre sauvage et injustifiable … car rien ne justifie l’acte de tuer !

Aussi, et au nom de notre engagement citoyen, il est temps d’interpeller nos élus politiques par tout moyen légal. Par exemple, des centaines de milliers de lettres d’appel à la responsabilité humaine et politique, adressées chaque jour, au président de la République, au premier ministre, aux membres du gouvernement, aux députés et sénateurs, aux élus locaux,… peuvent avoir un impact positif sur la mission diplomatique que la France doit accomplir de manière impartiale.

Sans oublier au passage, de contester par ce même biais, premièrement la guerre que mène la France en Afghanistan. Car toutes les  victimes de guerres se valent. Et nous ne devons pas avoir une contestation à géométrie ou à géographie variable : nous ne pouvons pas être à la fois « contre » la guerre au Moyen-Orient et « pour » la guerre à l’Extrême-Orient !

Et deuxièmement, se désolidariser complètement de l’intention de l’Elysée de rejoindre le commandement militaire intégré de l’alliance atlantique (OTAN) durant l’année 2009. Nos élus doivent comprendre que l’engagement pour la paix signifie le refus catégorique de la guerre, et que le seul moyen pour avoir la paix en France, c’est de refuser de faire la guerre ailleurs. Et s’ils ne veulent pas comprendre désormais ces choses, pourtant simples, donnons-leurs rendez-vous aux prochaines élections !

Enfin, force est de constater que depuis des siècles, les civilisations étaient toutes construites autour de considérations ethniques, religieuses, historiques, linguistiques, économiques,… Et toutes ces constructions ont bel et bien montré leurs limites en conduisant, comme par fatalité, l’humanité à des cataclysmes horribles.

A chaque fois, l’humanité est sortie déchirée et affaiblie à cause de toutes ces considérations génératrices de querelles, que ce soit par la force des choses ou par la faiblesse des âmes. Et en aucun cas, l’humanité ne s’est intéressée sérieusement au nom « humanité » qu’elle porte depuis l’aube de son existence. Elle ne s’est jamais rendu compte qu’elle s’appelle curieusement « humanité » et qu’elle peut construire quelque chose autour de cette essence !

Par conséquent, Il est temps de faire naître, en nous d’abord et autour de nous ensuite, cette belle et nouvelle civilisation humaine qui doit être, comme le souhaitait Malek BENNABI, dans Les conditions de la renaissance : « … ni la civilisation d’un continent orgueilleux ni celle d’un peuple égoïste, mais d’une humanité mettant en commun toutes ses potentialités » … Yes, we can !




Les Musulmans et la Palestine

5012009

Par Tariq Ramadan

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A l’écoute des sentiments exprimés par les musulmans à travers le monde, on perçoit une émotion de colère et de révolte mêlée à une profonde expression d’impuissance. Les massacres actuels ne sont que la confirmation de ce qui est bien connu : la « communauté internationale » s’intéresse très peu au sort des Palestiniens et tout se passe comme si l’Etat d’Israël, avec le soutien des Etats-Unis et de quelques Etats européens, avait imposé un état de terreur intellectuelle. Parmi les présidents et les rois personne n’ose parler, personne n’est prêt à dire la vérité. Tous sont paralysés par la peur.

Alors que le conflit israélo-palestinien est parfois perçu, et vécu, comme crucial quant à la relation entre l’Occident et l’Islam, de nombreux musulmans ne savent plus comment agir et réagir. Qu’est-ce que l’islam a à voir avec ce conflit ? Doit-on en faire une préoccupation religieuse dans le but d’appeler la « umma » entière à se mobiliser ? Questions essentielles en vérité.

Les musulmans à travers le monde font face à trois phénomènes distincts. Premièrement, dans les sociétés majoritairement islamiques ou en Occident, ils voient qu’ils ne peuvent attendre aucune réaction des gouvernements, et particulièrement des Etats arabes. Ils adoptent la position de la complicité silencieuse, de l’hypocrisie et du mépris des vies palestiniennes. Deuxièmement, la couverture des medias occidentaux est alarmante avec une majorité d’entre eux acceptant et reproduisant la version israélienne des faits : les deux belligérants seraient de force égale, avec la victime agressée (Israël) agissant en légitime défense. Quelle distorsion ! Toutefois, le troisième facteur est particulièrement intéressant : alors que 73% des Européens soutenaient Israël en 1967, plus de 67% soutiennent aujourd’hui les Palestiniens. Avec le temps, la compréhension et la sensibilité ont évolué : les populations ne suivent pas aveuglément les jeux et les prises de position hypocrites de leurs élites politiques.

En considérant ces facteurs, les musulmans à travers le monde, et particulièrement en Occident, doivent clarifier leur position. Tout en refusant de transformer la guerre israélo-palestinienne en un conflit religieux, ils ne doivent pas nier sa dimension religieuse et, donc, prendre une position claire. D’un point de vue islamique il doit être clair que leur résistance n’est pas dirigée contre les juifs (l’antisémitisme est anti-islamique) ; cibler des civils innocents doit être condamné des deux côtés et l’objectif doit être pour les juifs, les chrétiens et les musulmans (avec les femmes et les hommes d’autres religions ou sans religion) de vivre ensemble avec des droits égaux et une égale dignité.

Les Palestiniens ne céderont jamais et Israël, nonobstant son incroyable puissance de feu, n’a pas gagné le conflit. Les musulmans à travers le monde doivent être la cheville ouvrière du souvenir et de la résistance. Non pas comme des musulmans contre Israël, ou les Etats arabes hypocrites mais, plus largement, pour la justice avec tous ceux (croyants ou non) qui refusent de subir un lavage de cerveau et d’être réduits à l’état de spectateurs impuissants. Il est temps de créer de larges alliances et des synergies autour d’objectifs politiques clairs.

Si le Moyen-Orient est en train d’apprendre quelque chose aux musulmans, c’est de cesser d’agir isolément et de revenir aux valeurs universelles qu’ils partagent avec leurs concitoyens. Ils doivent réaliser qu’ils sont dans et avec la majorité. Manifestations, articles et autres sont nécessaires mais il faut aller plus loin. Lancer un mouvement global de résistance non violente à la politique violente et extrémiste de l ’Etat d’Israël est devenu impératif. La violence infligée, sous nos yeux, à une population d’un million et demi d’êtres humains fait de notre silence, de nos divisions et même de nos réactions émotionnelles très limitées des attitudes somme toute indignes, malsaines, inhumaines. Une vraie et digne résistance exige un engagement, de la patience est une stratégie, à long terme, d’information, d’alliance et de participation démocratique non violente.

Article paru le 2 janvier 2009 dans le Guardian

Source :

http://www.tariqramadan.com




Permis de tuer !

2012009

Par Nabil El-Haggar *

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Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie !

Prévert

Il est 11h 30 du matin, c’est la sortie de l’école des filles. Le visage peureux, une mère ne trouve pas sa fille de dix ans. Son regard figé comme s’il se préparait à plonger dans le vide, à s’éloigner de la vie pour fuir la réalité qu’il devine, exprime à lui tout seul la souffrance de millions de palestiniens qui dure depuis plus de soixante ans. Réfugiée de génération en génération, comme des milliers de palestiniens, cette femme a vécu dans la peur du lendemain, la peur d’une arrestation, d’une humiliation, d’un bombardement, peur de mourir ou de voir les siens mourir.

Un missile vient de frapper les alentours de l’école. Il sera difficile d’identifier le corps de la fillette sans nom. Écoles, mosquées, universités, maisons, magasins, hôpitaux, postes de polices et ministères sont bombardés : plus de 360 morts et 1600 blessés. Grands et petits, écoliers et policiers, filles et garçons, commerçants, employés et combattants, personnes n’est à l’abri de raids et bombardements aussi ciblés soient-ils.

Une fois de plus, Israël a lâché sa puissance destructrice sur Gaza pour « se défendre contre le harcèlement par le Hamas », disent les officiels israéliens. On pourrait croire qu’il s’agit d’un Etat puissamment armé qui harcèle l’Etat hébreu, lequel ne fait que « se défendre » et ça marche !

Il est vrai que la puissance israélienne ne réside pas seulement dans sa puissance militaire, elle est aussi dans sa capacité, avec la complicité bienveillante d’une partie des médias, à se faire passer pour victime.

Or qui ne sait pas encore que le territoire de Gaza est palestinien et qu’Israël est la puissance occupante qui a pillé ses ressources, fait souffrir sa population des décennies durant et le soumet depuis deux ans, par la puissance militaire, à un blocus total qui a asphyxié l’ensemble des activités et un million et demi de personnes qu’elle a pourtant l’obligation de protéger en vertu du droit international.

Ce n’est donc pas le Hamas qui a commencé les hostilités. La porte parole du gouvernement israélien ne fait qu’entonner que « les Israéliens ont le droit de vivre en sécurité ». Les Palestiniens, eux sont réduits depuis 1967 à vivre sans droit aucun, à côtoyer l’horreur de l’occupation militaire. Quelle comédie de faire croire que le Hamas serait véritablement menaçant pour Israël… Cela en rappelle une autre qui s’est passée en Irak !

Nous savons qu’Israël ne fait rien au hasard. Alors, quels sont les messages de l’opération militaire dite « plomb durci » ?

Le premier est électoral, adressé aux Israéliens qui doivent élire la nouvelle équipe gouvernementale. Plus l’équipe de la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni se montre intransigeante, plus elle sera gagnante.

Le deuxième est à destination de l’équipe Obama: Israël n’acceptera aucun éventuel changement dans la politique américaine à son égard.

Le troisième est adressé à l’Autorité palestinienne, laquelle pourrait récolter le fruit de l’offensive contre le Hamas en échange d’une soumission encore plus grande aux exigences israéliennes.

Enfin, la dernière est à l’attention de l’ensemble des résistants en Palestine et aux Palestiniens citoyens d’Israël. La Ministre Livni lors d’une réunion de la Knesset s’est adressée à un député palestinien : « va à Gaza et ne reviens pas » !

Alors après un tel massacre, que se passera-t-il ?

D’abord, précisons que le Hamas, malgré ses déclarations menaçantes, n’a pas les moyens d’arrêter l’offensive.

Il est clair que la résistance armée telle qu’elle a été menée n’est pas en mesure de vaincre une telle machine de guerre. Il est de la responsabilité de la résistance palestinienne d’en tirer enfin la leçon pour repenser la nature de sa résistance.

Il est de la responsabilité de l’Autorité palestinienne de reconnaître son incapacité à protéger son peuple. Par conséquent, elle devrait arrêter toute négociation avec Israël, se dissoudre et mettre les territoires palestiniens sous protection de la communauté internationale, tout en organisant la résistance populaire contre l’occupation.

Quant aux pays arabes, incapables d’instaurer le moindre rapport de force face à Israël, vont-ils enfin comprendre que chaque jour de souffrance palestinienne est un jour en moins dans la survie de leurs régimes ?

Reste à savoir si l’Occident se rendra compte que chaque jour de souffrance palestinienne, d’impunité d’Israël et d’absence d’une solution politique respectueuse de tous les droits de Palestiniens est un affaiblissement de droits de l’Homme et de sa crédibilité dans la région. Ce qui se traduit par le renforcement de la confessionnalisation du conflit israélo-palestinien et de l’intégrisme islamiste au Moyen-Orient et au cœur de l’Occident.

* Nabil El-Haggar : Universitaire – Université des Sciences et Technologie de Lille

Source : www.palestine-solidarite.org




Halte aux guerres ! Non à toute idôlatrie meurtrière !

29122008

Par Mohamed LOUIZI

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Oui, chers amis(es), toute victime est une victime de trop !

Que toutes ces guerres qui rythment, hélas, notre quotidien cessent !

Que l’humanité célèbre, dans l’amour et dans la paix, son unité et assume sa diversité !

Que l’on cesse de sacrifier l’humain sur les autels des mythes, de la religion, de la politique, de la croissance économique, de la finance, de la géographie, de l’histoire et de la mémoire !

Que toute idolâtrie meurtrière soit bannie, au nom de notre humanité … hélas brisée !

Que soient bannies, en priorité, toute israélolâtrie et toute palestinolâtrie !

Que soit garanti à tout un chacun le droit à la Vie et à la dignité !

Que notre solidarité ne soit ni sélective ni hypocrite et qu’elle puisse s’adresser aussi à tous ces oubliés des médias !

Que notre mobilisation ne soit pas conditionnée par une quelconque appartenance au même clan, ou à la même religion, ou à la même communauté, ou à la même nation !

Que notre combat pour la dignité continue … jusqu’à ce que nul ne mourra à cause des guerres, de la famine, de la rareté de l’eau et de tous ces conflits d’intérêts de tout genre !

Que l’année 2009/1430 soit pour l’humanité toute entière une année de prospérité et de paix !

Amen !







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