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Islamisme : ce que l’Autriche apprend à Macron

6122020

MACRON-CFCM

Par Mohamed LOUIZI

En se rapprochant de la date anniversaire du 9 décembre, les militants islamistes «pour un islam de France», à la sauce des Frères musulmans et de l’Institut Montaigne, s’agitent désespérément et tentent de jouer leurs dernières cartes. Depuis quelques semaines, ils multiplient les tribunes pour faire pression sur l’exécutif. Le 25 novembre 2020, Cécile Chamberaud relaie dans Le Monde les états d’âme et la frustration du frériste Mohamed Bajrafil, un autre coéquipier d’Hakim el-Karoui au sein de l’AMIF. Toujours dans Le Monde, l’islamiste Tareq Oubrou signe une tribune, le 1er décembre 2020, pour s’opposer, avec vanité perceptible, à la vraie-fausse proposition du gouvernement de créer un «conseil des imams», adossé au CFCM. Cette tribune est cosignée par des Lire la suite… »




Tareq Oubrou, une colombe qui couve des vautours ?

3122020

tariq oubrou

Par Mohamed LOUIZI

Des médias affirment que l’islamiste Tareq Oubrou n’est plus Frère musulman. Pour valider cette thèse, ils mettent en avant la «menace de mort» qui le vise, émise en 2016 par l’organisation terroriste Etat Islamique (Daesh). En 2016, faut-il le rappeler, Tareq Oubrou était toujours membre de l’UOIF, l’une des branches en France des Frères musulmans, rebaptisée «Musulmans de France». L’annonce de son présumé départ est survenue le 14 mai 2018 : deux ans après la menace de Daesh. Cette chronologie signifie qu’il n’a pas été menacé parce qu’il aurait cessé d’être islamiste. La raison est à chercher ailleurs. J’y reviendrai. Ces deux assertions médiatiques largement relayées, sans vérification, agissent ensemble, tel un double argument d’autorité pour faire silence sur les nombreuses ambiguïtés de Tareq Oubrou et pour inhiber tout réflexe de prudence à son égard. Le présent article déconstruit conjointement ces deux assertions et livre des éléments factuels vérifiables qui prouvent que «le loup perd la fourrure mais pas le vice», comme le répétait ma grand-mère.

Si Tareq Oubrou est menacé par Daesh, il va de soi que la France et le Maroc lui doivent protection, au titre de sa double-nationalité. Cela étant dit, je ne partage pas l’interprétation simpliste et binaire que donnent des journalistes et des chroniqueurs bien-pensants de cette menace. En effet, quand on est au fait de la guerre civile sanglante qui a Lire la suite… »




La France face à l’islam politique : connaître et comprendre pour agir (Interview-Le Point)

28112020

 20- DISSOLUTION-MdF-UOIF

Après la décapitation de Samuel Paty, Le Point* m’a posé des questions au sujet de l’islam politique et des Frères musulmans. C’est en homme libre, et non en « repenti », que j’ai accepté de lui livrer, sans contrepartie, mon décryptage factuel et désintéressé. J’y ai mis toute mon énergie pour offrir à tout lecteur, qu’il soit néophyte ou expert, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, la synthèse de mes travaux à ce sujet depuis l’année 2006. J’y formule sans détour des propositions et des recommandations claires pour faire face à l’hydre islamiste. Je tiens à remercier la rédaction du site Le Point et le journaliste Clément Pétrault qui ont rendu possible cette publication. Aujourd’hui, conscient que ce décryptage est d’intérêt public, au moment où la France est à l’heure d’un choix décisif, je me permets de le mettre intégralement en accès libre, augmenté de nombreuses illustrations, pour qu’il soit lu par tout le monde et sans restriction. La connaissance est la clé de l’action. Bonne lecture !   

Le Point : Vous avez quitté les frères musulmans en 2006. À quoi ressemble votre vie depuis ?

Mohamed Louizi : Depuis que j’ai quitté les Frères musulmans, ma vie s’est enrichie, pas d’un point de vue pécuniaire, entendons-nous ! Mon approche apolitique de l’islam m’ouvre des perspectives intellectuelles et spirituelles inattendues et me permet de faire sur moi-même tout un travail difficile, parfois très douloureux, d’introspection et d’autocritique sans limites. Tout passe, depuis maintenant quatorze ans, par le tamis de la raison, par le sas du doute qui sauve. Ce travail se poursuit toujours sur les strates de sédiments superposés depuis l’époque islamiste de mon existence. Je ne sais pas où tout cela va m’emmener. Je l’ignore. Je n’ai plus de vérités absolues à défendre. Ce que je sais, c’est que ce travail salutaire sur ma petite personne est plus que nécessaire. Il est indispensable et je ne le fais ni pour plaire, ni pour déplaire, ni pour vendre des essais, ni pour me venger, ni pour négocier une place médiatique, ni pour atteindre un statut politique. Je le fais à mes dépens et j’en paie un coût financier très élevé.

Pourquoi avoir choisi de renier votre engagement… au risque de vous retrouver seul ?

Quand j’ai décidé de rompre avec l’idéologie et l’activisme des Frères musulmans, j’ignorais que j’allais me retrouver presque seul, ma petite famille ostracisée. Je pensais naïvement que leur islam était tolérant. Je pensais que les méthodes punitives qu’ils utilisent ailleurs, contre leurs « ex », ne pouvaient entrer en action ici en Lire la suite… »




Frères musulmans, combien d’options ?

22112020

FRESES-MUSULMANS-OPTIONS

Par Mohamed LOUIZI

Aucune structure associative islamiste n’avoue ses liens idéologiques et surtout organiques avec les Frères musulmans. Aucun activiste frérosalafiste n’assume publiquement sa filiation à la mouvance. Le mot d’ordre que les Frères musulmans donnent à tous les nouveaux membres de la mouvance, à toutes les nouvelles recrues cooptées, est de garder secrète leur allégeance à la guidance-suprême internationale. La culture du secret est une constance qui fait partie des rudiments de l’endoctrinement idéologique chez les Frères musulmans. A la page 193 de son essai « Appel à la réconciliation » (Plan-2019), le Frère Tareq Oubrou avoue : « Vous ne trouverez jamais quelqu’un qui vous dira qu’il est Frère musulman alors qu’il l’est. »

A cette première difficulté doctrinaire et comportementale, qui empêcherait de débusquer efficacement les structures frérosalafistes, se rajoute depuis quelques années une deuxième difficulté d’ordre organisationnel. Depuis sa création, la structure des Frères musulmans était pyramidale (et elle l’est toujours d’une certaine manière). Son modèle d’activisme correspondait plutôt à l’araignée qui tisse sa toile et se nourrit des proies qui s’y prennent au piège. Chemin faisant, la mouvance a compris que ce modèle est dangereux d’un point de vue sécuritaire. Car couper la tête de l’araignée, cela revient à condamner à mort tout le projet et toute l’organisation.

Raison pour laquelle, les stratèges internationaux de la confrérie, en particulier le Lire la suite… »




« De grâce, pas d’amalgame ! »

23102020

VOILE-CREIL-1989

Parti pris : Mohamed LOUIZI

Après chaque attentat islamiste, « nous », c’est-à-dire la frange la plus engagée sur le terrain religieux et la plus revendicative parmi les Français de confession musulmane, sommes « victimes » d’amalgames de tout genre. Cela « nous » fait mal, très mal. La menace que nous exagérons à dessein plane au-dessus de nos têtes. Nous craignons pour nos vies. Notre quotidien est un enfer. Nous dormons mal la nuit. Nous digérons mal la nourriture. Nous souffrons le martyre devant nos écrans à chaque fois que l’on parle de l’islam politique et de l’islamisme. Heureusement, la chaîne qatarie Al-Jazeera est là pour nous aider à nous évader, à nous armer contre l’adversité et contre l’islamophobie de l’Etat Français. Heureusement, la chaîne saoudienne Iqraa est là aussi par ses psalmodies pour nous consoler, par ses chants religieux pour nous bercer, par ses exhortations pour nous promettre le paradis éternel. Nous nous sentons dans le viseur de la société et de l’Etat français, on ne sait pour quelle raison. Comprenez bien que vos « attaques » verbales contre les islamistes, quand ceux-là vous attaquent par balles, cela nous fait très mal. De grâce, pas d’amalgame !

S’il est vrai que nous refusons l’étiquette « islamiste », nous sommes conscients que sans nous, sans notre aide depuis les années 70 et 80, les islamistes ne pouvaient exister, du moins, ils ne pouvaient se sédentariser irrévocablement sur le territoire français. Pour la petite histoire, nous nous souvenons du jour où des jeunes étudiants frérosalafistes avaient fui leurs pays d’origine, après avoir déclaré la guerre aux régimes politiques en place. Des régimes jugés « mécréants » par ces jeunes barbus fuyards. Parmi ces étudiants islamistes, il y avait des Syriens qui avaient pris part à de nombreux actes criminels et attentats contre le régime de Hafez el-Assad. Il y avait des Egyptiens Frères musulmans qui avaient fui l’Egypte et sa justice après l’assassinat d’Anouar el-Sadate. Il y avait des Tunisiens takfiristes qui avaient provoqué la riposte du régime laïque de Bourguiba. Il y avait des Marocains qui avaient quitté le royaume après l’assassinat du socialiste Omar Benjelloun par un islamiste. Il y avait des Algériens, des Irakiens, des Libyens, des Jordaniens, des Soudanais. Ils sont venus en France, terre d’asile, sans rien dans la poche, un sac de vieux vêtements à la main. Nous les avons Lire la suite… »




Les municipales à l’heure de l’islam politique à Roubaistan …

10032020

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Par : Mohamed Louizi

Selon le ministère de l’Intérieur, 10 listes présentées pour les prochaines élections municipales, sur tout le territoire national, seraient «communautaires»[1]. Entendons-nous, il s’agit d’un vocable novlangue pour éviter de dire : listes islamistes. Sur un total de 20.765 listes, ce chiffre pourrait paraître insignifiant mais à tort car une seule liste islamiste est déjà une liste de trop. Toutefois, le recensement ministériel n’avance aucun chiffre s’agissant des autres listes, de gauche comme de droite, et parfois ni de gauche ni de droite, qui laissent volontairement la place à des activistes au service commandé de l’islam politique.

Combien de listes sont noyautées par ces ennemis de la démocratie qui la réduisent à un outil électoral pour en finir, à terme, avec son essence et sa philosophie ? Qui sont ces candidats, femmes et hommes, sur les 902.465 candidats recensés, qui font, consciemment ou inconsciemment, la courte échelle à l’islamisme et qui composent avec lui ? Combien de têtes de liste qui n’imaginent leur élection (ou leur réélection) que grâce à un «vote musulman», supposé être bonificateur, alors qu’il est presque inexistant ?

Force est de constater que ces candidats sans scrupule multiplient les gestes dans des mosquées frérosalafistes, comme l’a fait un certain Lire la suite… »




Radicalisation islamiste : mon audition devant la commission d’enquête sénatoriale

6022020

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Le mercredi 29 janvier 2020, j’étais auditionné par la « Commission d’enquête du Sénat sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre ». Voici le compte-rendu de mon audition[1] :

Mme Nathalie Delattre, présidente. - Nous recevons maintenant M. Mohamed Louizi, que je remercie d’avoir accepté notre invitation. Monsieur, vous avez publié plusieurs ouvrages et chroniques dans lesquels vous témoignez notamment de votre passage chez les Frères musulmans.

Ce groupe représenterait aujourd’hui en France plusieurs milliers de personnes et aurait pour objectif la prise du pouvoir. Certains des experts que nous avons auditionnés ont insisté sur le fait que ce projet n’avait aucune chance de se réaliser. D’autres ont pointé le risque qu’ils font peser sur les Français de confession musulmane en s’immisçant dans l’organisation de la religion, en particulier de ce que l’on appelle l’islam de France.

Votre témoignage sur ce que sont les Frères musulmans, sur leur mode de recrutement et sur Lire la suite… »




A contre-courant de l’islamisme, l’islam de Sidi

13102019

Sidi

Par Mohamed Louizi

Sidi fut agriculteur, meunier, hakem (juge), faqih (juriste) et fin connaisseur de la doctrine de l’imam Mâlik Ben Anas, dont l’école jurisprudentielle, dite l’école mâlikite, est la plus ancienne des quatre écoles de droit musulman sunnite, et celle qu’observe officiellement l’islam marocain …

Quand j’avais 7 ans, à l’aube d’une journée de juin 1985, à côté de Sidi, j’ai pris la direction de Had Al Aounate à Doukkala, à bord d’un bus régulier. C’était la première fois que je voyageais sans mes parents. La compagnie de Sidi avait quelque chose de délicieux et de particulier, d’autant plus que la destination était la campagne, ma destination préférée depuis toujours. À partir de cette année-là, et durant dix ans, passant par l’année 1991, celle du décès de Sidi, toutes mes vacances scolaires, sans exception, je les ai passées à la campagne, seul ou en famille, y compris les vacances intermédiaires et les trois jours de la fête du Trône.

En songe j’avais vu mon grand-père, Sidi, bien habillé et comme s’il était assis seul, à même le sol, sur un tapis traditionnel marocain, au fond d’un salon simple, peint en blanc, éclairé, spacieux et propre. Devant lui, il y avait une table basse, de forme circulaire. Je n’avais pas prêté attention à sa couleur et à ses détails. Au-dessus de la table l’on avait déposé un grand Lire la suite… »




Tareq Oubrou, l’escobar de l’islamisme

14072019

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Par Mohamed Louizi

Il faut être deux pour mentir, dirait Homer Simpson, un pour mentir, l’autre pour écouter. Dans «larchipel français»[1], cette vieille démocratie usée, abusée et défigurée, il semblerait qu’il faille être trois. Certains médias se prêtent hélas à ce jeu d’intermédiaire. Acteurs ultra-puissants, censés honorer ce quatrième pouvoir démocratique indépendant au service du seul intérêt général et du droit à l’information, ils amplifient occasionnellement bien des escobarderies islamistes,  à tel point que l’on ne sait pas s’ils assurent, dans la complicité, un rôle actif de «chiens de garde»[2] de quelques intérêts privés, ou s’ils se plaisent dans un rôle passif, par paresse intellectuelle doublée d’une fascination sinistre pour les «marchands du temple» frérosalafiste. On ne sait s’ils s’arrangent avec la vérité par négligence volontaire, et à l’insu de leur plein gré, ou s’ils relayent par imprudence les mensonges de l’islamisme rompu, à dessein, à la désinformation délibérée.

Tel un sermon funèbre précédant l’inhumation de ce qui reste encore de notre République, tel l’ultime acte politique d’une islamisation en marche depuis plus de quarante ans[3], la vigoureuse promotion multiforme accordée à l’essai signé par  l’islamiste Tareq Oubrou (طارق أوبرو), Appel à la réconciliation, foi musulmane et valeurs de la République française (Plan – 2019), en est témoin. Elle  résonne comme un triste chant du cygne dans l’esprit de tout citoyen rongé par ce sentiment d’impuissance face à un État peu enclin à entendre les alertes au sujet de l’islamisme, et qui ne les entend pas du tout de cette oreille. Les «dix-huit ans de terreur»[4] que l’islamisme a imposés à la terre entière depuis le 11 septembre 2001, et les 146.000 victimes recensées, parmi desquelles des Françaises et des Français, n’y changent presque rien.

Médias de droite. Médias de gauche. Peu importe en vérité la ligne éditoriale. Tareq Oubrou, presque comme hier lors de l’ascension médiatique de son Lire la suite… »




Acte VI : Percer les secrets de fabrication de l’autorité des textes *

11052019

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Par : Mohamed Louizi

Vulgate d’Abou Bakr

La tradition canonique attribue le rassemblement du Livre Saint au troisième calife Othmân. Elle justifie cette décision (politique) par la disparition d’un grand nombre de Qurrâ’a (قرَاء) récitateurs lors de la Bataille d’al-Yamâma, survenue en l’an 1 du califat d’Abou Bakr, correspondant à l’année 633. On raconte que c’est Omar qui a suggéré à Abou Bakr – calife entre 632 et 634 – de retranscrire et rassembler le Livre Saint dans une vulgate pour conserver la Révélation. Ce qui sous-entendrait que le Prophète aurait négligé ce détail. Abou Bakr aurait refusé, au départ, de réaliser ce que le Prophète lui-même n’aurait pas fait de son vivant. Mais, après un temps d’hésitation, il accepta de le faire, en missionnant un jeune compagnon, Zayd ibn Thâbit (611-665), pour accomplir cette tâche.

Ce dernier, natif de Yathrib, n’avait jamais rencontré le Prophète durant les treize années de la période mecquoise, alors que durant cette période, quatre-vingt-six sourates sur cent-quatorze furent révélées. En effet, Zayd ibn Thâbit (زيد بن ثابت) n’avait que onze ans lorsque le Prophète avait immigré à Yathrib. A la mort de Mohammed, Zayd avait vingt-et-un ans. La tradition canonique le considère tout de même comme l’un des principaux scribes de l’époque prophétique. Sa jeunesse, son absence durant toute la période mecquoise, suscitent bien des Lire la suite… »







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